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i 154 AV. J.-C

BRONZES ANTIQUES : DYNASTIES DES CIIANG, DES TCHEOU, DES HAN ET DES T ANC.

ouvrages spéciaux ont été faits en Europe sur les bronzes de Chine ; mais, en matière de bronze antique, les deux traités qui ont le plus de valeur aux yeux des Chinois, sont le : « Kao-li ou-tou et le Poiio-k'ou-tou ».

C'est surtout dans la province du Cheu-si et dans la ville de Si-ngan-fou, que l'on peut encore découvrir les anciens bronzes ; car la cour a toujours résidé dans cette partie de la Chine dès les premiers temps. On y rencontre, en creusant la terre, des vases, des armes, des monnaies anciennes qui, pour la plupart, sont vendus sur les lieux mêmes à des connaisseurs. Ceux-ci les apportent dans la capitale et réalisent de beaux bénéfices. Les grands mandarins et les gens riches de Péking estiment beaucoup les anciens vases, et les payent fort cher. Indiquons-en quelques-uns tirés des ouvrages cités plus haut, et qui semblent propres à faire connaître l'art chinois sous les anciennes dynasties.

DYNASTIE DES CHANG. (i 766-1 154 av. J.-C.)

Urne à anses sans couvercle, décorée de têtes de bœufs, arabesques à éclairs, filets extérieurs ajourés. Ce vase servait à porter l'eau pour les sacrifices. On peut encore en acheter aujourd'hui du même genre, mais ils ne sont pas de la dynastie des Chatig (Voir p. 384).

Grand vase cornet à renflement, décoré de grandes arabesques et d'éclairs. Les arêtes se continuant de bas en haut sur quatre faces sont ajourées. Ce vase de très belle forme a été imité en porcelaine, en jade et en cloisonné ; les divers motifs qui le décorent sont fort appréciés des Chinois (Voir p. 386).

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Le nom de ce vase est Chang-fou-i-kmc ; le mot kiuc signifie une sorte de calice ; il a trois pieds et deux espèces de pitons le surmontent ; sa seule poignée est décorée

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d'une tête de chimère. Beaucoup de vases sont unis, mais quelques-uns ornés de dessins comme celui-ci. On s'en servait pour le vin et les autres liquides à offrir aux divinités.

BRONZES ANTIQUES

DYNASTIE DES TCHEOU. (1122-255 av. J.-C.)

Cheou-lou ; ce nom signifie brûle-parfums en forme de monstre ; d'après l'histoire il appartenait à un collectionneur nommé Ly che, qui l'avait découvert dans le sud de la Chine près de la ville de Ckeou-tcKoun ; il était surtout destiné à brûler l'encens, dont la fumée sortait par la bouche du monstre.

Tcho-niou-tsou-i, vase à pieds de bœuf; cette petite coupe servait à verser de l'eau sur les mains pour les purifier avant les sacrifices ; les trois pieds représentent des pieds de bœuf et la poignée une tête de veau. (Voir ci-dessous.)

Cheou-lée-ouai-li ckeou-sic-hou ; ce nom signifie : vase à vin à dessins d'éclairs et à tête de Z/pour être porté. Le Z/est un animal fabuleux dont on voit en effet la

tête au bas des anses. Ce vase est très élégant et rare. On en rencontre qui sont niellés d'argent et d'or.

Tcheou-fou tsoim; fou signifie oiseau, et tsoun vase à vin. D'après l'histoire, on se sert de ce vase dans les réceptions impériales ; il représente un oiseau d'eau, pour avertir les buveurs de se surveiller et de ne point se laisser aller à un excès en présence de l'empereur.

Siè-eul ' tchoîing ; ce nom signifie cloche à oreilles ; une particularité de cette cloche est qu'elle n'est point percée par le haut, comme presque toutes les cloches chinoises.

Elle servait pour la musique des pagodes, et se frappait avec un petit maillet en bois.

Tcheott-san-liho ou vase aux trois monstres ; espèce de théière fort bien sculptée, dont on se servait pour l'usage ordinaire ; elle n'était pas réservée aux pagodes.

Ce vase est assez difficile à trouver même en imitation. (Voir p. 38S.)

PEKING

Tckeou-si-tsoun, si veut dire bœuf. Ce bronze date, dit-on, de l'empereur Hoki qui régnait du temps des trois royaumes. (

Le bœuf est regardé comme un des animaux les plus utiles et les plus vénérés.

On se servait de ce vase dans les pagodes.

Tcheou-hou-kia ou vase du Tigre ; une tête de tigre est figurée en effet dans la poignée. Il existait, dit-on, sous les premiers empereurs et sous Choun-ouang en particulier.

Tckeou-tchoui-hoa, lée-ouen-sien, ou vase dont les fleurs se dirigent en bas et dont le tour représente des éclairs (lée-ouen) ; il est porté sur trois têtes d'éléphants

dont les trompes forment les pieds ; il servait à cuire ou bouillir certaines offrandes pour les sacrifices.

La jolie cloche : Tsi-hopouo-tchoung ; dénomination qui vient probablement du nom de l'empereur sous lequel elle a été fondue ; elle est marquée de caractères dans l'intérieur et sert pour la musique des mariages ; elle se frappe avec un maillet de bois ; on en rencontre de complètement dorées, et même en porcelaine imitant le bronze ; ces dernières ont une très grande valeur.

Grand brûle-parfums de pagode, de forme carrée, en bronze décoré d'arabesques en relief et d'arêtes découpées à jour. Il est monté sur quatre pieds recourbés et du même style. On trouve, quoique rarement, ce même brûle-parfums en porcelaine, bleu et blanc, ou en porcelaine d'un blanc laiteux uniforme ; il y en a même en jade vert foncé (pi-iu).

BRONZES ANTIQUES

DYNASTIE DES HAN. (206 av. J.-C. à 220 ap. J.-C.)

Détente pour arbalète de guerre et de chasse. Bronze niellé d'argent et décoré de figures d'animaux. (Voir ci-dessous.)

Tsing-tchoung-lée-ouen-to ; vase pesant à fleurs d'éclairs pour mettre l'eau ; il était exclusivement destiné aux pagodes et fort bien travaillé, sans aucun couvercle et avec deux anses.

You-ping-ouen-lou ; ce nom signifie: vase à eau chaude, ayant une queue. Du

temps des Han, les Mongols se servaient de ce vase pour faire chauffer leur vin dans un récipient qui trempait dans l'eau bouillante : on chauffait par-dessous jusqu'à ébullition ; quatre animaux symboliques : un tigre, une chimère, une tortue et un phénix, décorent le tour du vase ; quatre nains en forment les pieds.

Han-sicheou-pée ; pée veut dire un verre ou gobelet à boire, et si-cheou, tête de bœuf. Une petite chaînette d'anneaux en forme d'os de poisson, servait à suspendre ce vase.

On en voit rarement, et presque toujours la chaînette manque.

PEKING

DYNASTIE DES T'ANG. (618-905 ap. J.-C.)

Pi-siè-teng ; lampe que l'on allumait pour chasser les démons: forme d'animal fabuleux, espèce de griffon.

Cet objet est assez rare et difficile à trouver.

Yang-teng ; mot-à-mot. lampe du mouton; elle a été inventée par un bonze nommé Ta-Tse-sse, dans la ville de Tek ' eng-tou-fou, de la province du Sse-tch 'ouan ; comme la précédente, c'est une pièce difficile à se procurer. (Ci-dessous.)

Y-hoa-ki-tsou-teng ; ce nom signifie : lampe à patte de poule ; un de ses pieds en effet est en forme de patte de poule. Celte lampe a été faite par un nommé Li'ou. dans la ville de K aè-foung-fou clans le Ho-nan.

Animal fabuleux en bronze à tête de serpent et à trois pattes ornées chacune de deux griffes, fabriqué en deux matières différentes et à deux teintes ; se plaçait dans les pagodes taoïstes. --Ce motif se rencontre encore assez fréquemment soit en jade vert, soit en émail cloisonné.

You-ping-foung koui-teng ; ce nom signifie lampe à queue avec phénix et tortue ; le possesseur de ce bel objet était un nommé SUe-che, habitant la ville de King-tchao; on se servait de cette lampe en voyage. Ce bronze est fort bien travaillé, le phénix Foung-hoang est sculpté avec soin et repose sur la carapace de la tortue. — Cette même lampe existe en jade vert appelé//-»; et un vieux cloisonné ; c'est un bronze

BRONZES ANTIQUES

artistique ayant une assez grande valeur et difficile à trouver. Le godet supérieur se remplit d'huile dans laquelle on met tremper quelques filets de moelle de sureau, qui n'ont pas plus d'un millimètre de diamètre ; on en allume à volonté un ou plusieurs.

Ces quelques spécimens nous paraissent suffisants pour donner une idée de la forme et delà décoration des bronzes antiques. Les ouvrages chinois cités au commencement de ce chapitre, en contiennent la collection presque complète ; ils se composent de plus de 50 volumes qu'il est facile de se procurer à Péking.

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