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CHAPITRE XXV

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LA CÉRAMIQUE: DYNASTIES DES SOUNG, VUEN, MING ET TS'lNG.

aire un traité sur la céramique chinoise après les savantes études de M. Stanislas Julien, après surtout le récent ouvrage de M. Ernest Grandidier, serait une présomption; ce dernier auteur, non seulement par son livre a jeté un jour nouveau sur la matière, mais encore il a permis à chacun de se rendre compte par lui-même de la valeur des produits céramiques de l'Extrême-Orient, car sa collection, offerte au Musée du Louvre, est probablement sans rivale. Sans entrer dans les détails de fabrication et de classification, il ne sera peutêtre pas sans intérêt de placer ici quelques notes sur les plus belles porcelainesque l'on peut encore rencontrer à Péking. Sans doute, bien avant la dynastie des Soung, les Chinois connaissaient déjà et la terre émaillée et la porcelaine proprement dite, mais personne ici ne parle jamais des objets céramiques ayant précédé cette dynastie. Aussi bien les marchands que les collectionneurs pékinois, tous s'accordent sur la nomenclature exprimée par ces quatre mots: Soung, Yuen, Ming, Ts'ing. Quand on pense que la dynastie des Soung régnait sur la Chine de 960 à 1260, c'est-à-dire il y a près de mille ans, on est déjà bien étonné de trouver encore des pièces de porcelaine de cette époque ; beaucoup, même parmi les Chinois, mettent en doute l'existence actuelle d'un vrai vase des Soung, d'autant plus que la porcelaine de ce temps n'étant pas décorée et presque toujours d'un blanc plus ou moins pur, il n'était pas difficile de l'imiter.

La dynastie suivante, celle des Y7ien, de 1260 à 1368, a laissé quelques pièces authentiques dont nous indiquerons les principales: les blancs, tirant quelquefois sur l'ivoire et dont la £âte est souvent terreuse ; ces pièces sont toujours fort légères, sans sonorité et parfois décorées d'arabesques sous couverte, c'est-à-dire sous la couche de vernis qui les rend brillantes ; les céladons, c'est-à-dire les monochromes à teinte extrêmement légère et vaporeuse, parmi lesquels on peut ranger la porce-

CERAMIQUE CHINOISE.

laine de Loung-ts'iuen,dont le dessous n'est pas émaillé en entier ; les aubergines ou porcelaines violacées avec plus ou moins d'intensité, mais il n'est pas certain que toutes les pièces encore existantes soient bien authentiques ; les clairs de lune, ainsi appelés en Europe, quoique cette dénomination soit presque inconnue en Chine ; ces pièces sont d'un bleu très pâle rappelant l'œuf de canard et tirant un peu sur la turquoise. Presque toutes ces pièces sont marquées d'une tache violette qui permet d'en distinguer infailliblement l'authenticité. On en a imité l'émail, la craquelure, la couleur, mais jamais on n'a pu arriver à l'imitation de la vraie tache violette qui, clans les pièces fausses est rougeàtre et sans brillant ; enfin les Kiun-yao, pièces variant du bleu cendré au violet aubergine en passant par différentes teintes rouges et qui sont toutes marquées d'un numéro de i à 10, ce qui en constitue dix espèces différentes. Les plus belles ont presque toujours la forme d'une coupe aplatie, extérieurement divisée en plusieurs lobes et portée sur trois pieds ; leur hauteur totale ne dépasse pas six centimètres et leur plus grand diamètre mesure un pied. L'extérieur de ces belles coupes, aubergine Kiun-yao, est toujours d'un bleu cendré tirant sur le clair de. lune et légèrement vermicelle. Malgré les prix extrêmement élevés de ces porcelaines, il est bien rare que l'on puisse affirmer avec une certitude

absolue qu'elles datent des Yuen. A l'exception du clair de lune, les pièces de cette

époque ont toutes été supérieurement imitées et sous les Ming et sous K'ien-loung.

La dynastie des Ming (1368-1620) commença les grands décors et employa les

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PEKING

grands émaux à couleurs franches et vigoureuses ; bien que les dessins soient grossiers, sans perspective et sans proportions, les lignes sont toujours à grand effet. Si la pièce est monochrome, comme dans les grands plats L oitng - tsiuen

vernissés des deux côtés, sous la couverte apparaissent de grandes arabesques, de grandes fleurs ou même des dragons largement dessinés. Si la pièce est polychrome, les bleus, les rouges, les verts et les jaunes sont intenses ; on rencontre même, quoique plus rarement, une. belle teinte orange dont le ton franc est du meilleur effet. Parmi les vases Mtng, on en trouve qui mesurent plus d'un mètre de haut et ont la forme de cornet peu évasé avec renflements au milieu ; ceux-ci sont marqués du nom de l'empereur Ouan-li et fabriqués en deux pièces ressoudées ensemble ; d'autres pièces de la même marque, plus fines, plus rares et plus petites, ont quatre faces, et leur forme gracieuse est plus agréable à l'œil. Elles sont à cinq couleurs et beaucoup mieux dessinées que les grandes pièces. Les porcelaines marquées Suen-teu ont souvent la forme de gourdes, et les fonds en sont décorés d'arabesques vertes ou bleu indigo. Les noms des empereurs Tckeng-hoa, Kia-tsing servent aussi de marque à de très beaux vases et à d'énormes potiches à cou-

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