‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 23 sur 239 · HAN-KAO-TSOU · texte numérisé non relu

HAN-KAO-TSOU

DYNASTIE DES TSTN.

mais on comprend que depuis deux mille ans, le temps et les marées l'aient peu à peu rougée.

La grande porte qui donne accès en Mantchourie est surmontée d'une pagode ; il est de règle de ne la traverser qu'à pied, par respect pour l'inscription impériale que K'ien-lounç y a fait placer.

On s'étonnera peut-être d'apprendre que Marco-Polo n'ait point parlé de la Grande Muraille. Voici une explication de son silence: « La bibliothèque de Venise possède une copie de la route suivie par Marco-Polo, d'après laquelle il aurait pris

tchang-k'ien.

le chemin des caravanes jusqu'à Samarkande et Kachgar ; puis, tournant au sud-est, il aurait traversé le Bengale, le Thibet, le Ckcn-si, le C/tau-si, et serait arrivé par le sud à Kambalick. » (macartney, t. m, p. 220.)

Dans ce cas, il ne serait point venu à Péking par le nord, et, employé pendant toute sa vie dans les provinces du sud, il aurait jugé peu intéressant de parler de la Grande Muraille, que l'unification de la Tartarie et de la Chine en un seul royaume, sous Koubilaïkan, avait rendue inutile.

Tsin-che-hoang termina son règne par un dernier acte de cruauté ; il fit mettre à mort son propre fils, Fou-fou; enfin lui-même mourut. On l'enterra sur la montagne Lichan; un grand nombre de femmes, d'enfants, de serviteurs, d'amis, furent immolés sur son tombeau !

Péking. *

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Eulche-hoang-ti lui succéda ; c'était un prince faible et sanguinaire, subissant l'influence d'un'détestable eunuque nommé Tchao-kao ; à son instigation il fit empoisonner le vaillant général Moung-ficn et son frère Moung-y. Lisse, premier ministre de Ts'in-che-hoang, tomba lui-même en disgrâce ; accusé, jugé et condamné par Tckao, il fut, en sa présence, coupé en morceaux. Devenu tout-puissant, Tchao aouve'rna si mal, que les révoltes éclatèrent de toutes parts. L'empereur se donna fa mort et Tse-iin, petit-fils de Tsin-che-hoang, étant monté sur le trône, tua de sa propre main l'infâme Tchao-kao. Il ne put cependant résister aux rebelles commandes par Tch'ou-pa-ouang, général du petit royaume de Tch'ou ; la capitale des Ts'in fut pillée et brûlée ; le vainqueur fit mourir l'empereur Tse-iin et jeta au vent les cendres de Tsin-che-hoang. Après cinq années de guerres, vaincu à son tour par Léou-pang, roi de Han, il se coupa la gorge (202).

Lêou-tang prit le litre d'empereur, sous le nom de Han-kao-tson. Par sa sagesse il rendit en peu de temps la paix à l'empire, et son règne paternel fit bientôt oublier la férocité du tyran Tsin-che-hoang ; ses successeurs rapportèrent les édits contre les livres et les lettrés ; une bibliothèque impériale fut fondée et l'étude des anciens remise en honneur. Après plusieurs expéditions heureuses, les provinces occidentales se soumirent à l'empire, qui fut pacifié et retrouva sa première splendeur.

Nous lisons dans les annales des Han, que l'empereur Ou-ti, l'an 138 av. J.-C, envoya TcJiang-k ' ien dans un pays nommé Yuc-ti, situé à l'Orient de la Chine ; mais ce général, fait prisonnier par les Huns, resta dix ans en captivité. Etant parvenu à s'échapper, il visita Ta-sia, le Tokarestan, traversa le Thibet et revint en Chine, l'an 126. Il exposa devant l'empereur Ou-ti le résultat de ses voyages, et nomma plus de dix royaumes occidentaux visités par lui. Reparti en 122, à la tête de forces considérables, il soumit l'empire des Huns, la Boucharie, la Bactriane et tout le pays baigné par l'Oxus ; il mourut peu après son retour, couvert de gloire et comblé d'honneurs. La vigne, au témoignage de Strabon, se trouvait en abondance dans l'Afganistan, et c'est Tchang-kHen qui l'introduisit en Chine.

SOU-OU (Son-/se-/cing). — Parmi les hommes d'État qui vivaient du temps des 1 fan, le plus célèbre est sans contredit Soutse-king, plus connu sou le nom de Souou. L'empereur Siao-onti le nomma ambassadeur chez les Tartares orientaux qui, vers la 100e année avant notre ère, faisaient de fréquentes incursions dans les provinces du nord de l'empire.

Le roi des Tartares lui fit les plus belles promesses s'il voulait trahir son maître et le menaça des plus cruels traitements s'il lui restait fidèle. Son-ou répondit : « Je ne crains pas la mort, mais le déshonneur ; » puis, tirant son sabre, il voulut se tuer dans la crainte de faillir ; sa blessure n'étant pas mortelle, on le condamna à mourir de faim ; il fut descendu au fond d'un puits, couvert de quelques haillons et tenant un bâton de commandement, mis dans sa main par dérision. Les Annales de la Chine racontent qu'il mangea ses vêtements, effilés et mêlés avec la neige qui tombait sur lui. Cette triste nourriture le soutint plus longtemps qu'on ne le croyait : le roi, voyant qu'il ne mourait pas, le regarda comme un homme extraordinaire et le fit tirer de son puits. A de nouvelles propositions, il répondit courageusement : « Jamais je n'aurai d'autre maître que l'empereur de la Chine. » Il fut alors exilé au bord de la mer pour y garder les troupeaux. Cependant l'empereur ne l'avait pas oublié ; il

DYNASTIE DES HAN

le redemanda par une ambassade, et sur le refus insolent des Tartares, il fit marcher contre eux une armée commandée par le général Li-kouang-li, qui mit en déroute les troupes tartares ayant à leur tête le roi TcJiung-yu lui-même. C'est dans cette guerre que le général chinois Li-ling passa à l'ennemi. Quant à Sou-ou, il demeura fidèle jusqu à la fin et fut sauvé par l'empereur Tchaoti, successeur de Siaoou-ti, qui parvint à l'arracher aux Tartares. Après dix-neuf ans d'exil et de souffrances, Sou-ou rentra enChine comme un triomphateur; il fut reçu dans la capitale au milieu des acclamations de tout le peuple, et l'empereur l'éleva à la dignité de prince. Il mourut à l'âge de So ans, vers l'année 60 avant notre ère.

SSE-MA-TS'IEX. — Ce grand historien que les Chinoisnomment encorele «père de l'histoire», naquit dans la ville de Loting-mcn. Son père Sse-ma-t'an fut célèbre luimême par ses recherches historiques, et sous sa direction, Sse-iiia-ts ' len se livra dès son jeune âge à l'étude de la littérature. Lorsqu'il eut vingt ans, il commença ses voyages de recherches au nord et au midi de la Chine ; il visita les monuments et les travaux exécutés jadis par le grand i u, releva les inscriptions, les dates, et réunit tous les matériaux pour la reconstruction de l'histoire depuis Hoang-ti. Le général Li-ling qui, comme nous venons de le dire, avaittrahi l'empereur, était un des amis de Sse-matsien, qui seul eut le courage de le défendre, et qui fut condamné à mort, comme impliqué dans sa trahison. On lui fit grâce à cause de ses mérites, mais il dut subir un supplice infamant, et alla cacher son humiliation dans la solitude, où il écrivit sa grande Histoire. L'empereur, dans la suite, le rappela à la cour, le combla d'honneurs et le nomma Tchoung-chouling, c'est-à-dire Inspecteur général des lettrés. Il mourut dans un âge très avancé.

PAX-TCHAO (Pan ouée-pan). — Peu après Sse-ma-tsien parut un autre histo-

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