SOU-OU. (MÉMOIRES
PEKING
rien remarquable nommé Pan-koii, qui fut l'historiographe des Han ; il revisa et compléta les annales de Sse-ma-tsien et fit aussi plusieurs ouvrages que sa sœur Pan-tchao présenta elle-même à l'empereur.
Pan-tchao naquit à Fou- foug- sien dans la province de Chen-si, du temps de l'empereur Ho-ti. Sa famille avait donné à l'Etat plusieurs hommes remarquables, et son père fit lui-même l'éducation de sa fille. Pendant qu'elle se livrait au travail
manuel, elle écoutait les leçons données à ses frères, et devint bientôt capable d'expliquer elle-même les passages les plus difficiles des livresclassiques.Déjàcélèbre, elle reçut le nom de Tchao, qui signifie splendeur ; on lui donnaencore plusieurs autres noms honorifiques. Mariée à l'âge de quatorze ans, son mari,qui était mandarin, n'eut qu'à se louer de sa conduite; elle fut le modèle des épouses et des mères ; lorsqu'il mourut, Pan-oudcpan le pleura, selon l'usage, puis se retira chez son frère Pan-kou qu'elle aida dans ses travaux et ses recherches. Peu après, ce dernier fut compromis dans une rébellion, et mourut misérablement en prison. Sa sœur acheva ses ouvrages, les publia en lui laissant toute la gloire ; elle acquit ellemême une grande célébrité par son livre sur les « Devoirs de la femme ». Après la publication del'histoiredes Han, l'empereur fut si satisfait qu'ûnomma. Pan-o?ide-pa7i dame d'honneur de l'impé-
et
PAN- rCHAi '. (POUO-MÉI-T'OU.)
ratrice, qui l'appela Ta-sia
(grande dame). Sa modestie était égale à sa capacité, et malgré les faveurs impériales, personne ne lui porta envie ; toujours prête à s'effacer pour faire briller ses compagnes, elle se fit aimer de toute la cour, qui se transforma en une petite académie littéraire, Pan-tchao a sa place marquée parmi les lettrés, et le souvenir de ses vertus privées est resté ineffaçable. Elle mourut à l'âge de 70 ans ; les poètes de l'époque célébrèrent ses louanges ; le P. Amyot lui a consacré une longue notice en donnant l'analyse de ses ouvrages dans le 3' volume des Mémoires sur les Chinois.
DYNASTIE DES HAN
a 2e année de l'empereur Han-ngaè-ti, le Sauveur du monde naquit à Bethléem, de la Bienheureuse Vierge Marie. Tous les peuples de l'univers attendaient sa venue. Ses apôtres furent envoyés pour prêcher au monde la vraie foi, et, selon la tradition, saint Thomas reçut en partage l'Inde et la Chine.
Que cet apôtre soit allé dans les Indes, nul ne saurait en douter, car le fait est mentionné dans tous les martyrologes. Les missionnaires dominicains, traversant ce pays pour aller en Tartarie, écrivaient : « En ce royaume de l'Inde, prêcha la foy Monseigneur saint Thomas, qui convertit à Dieu moult de princes. »
(histoire du grand caan.) Marco- Polo en parle aussi dans sa relation ; enfin, son tombeau a été découvert à Méliapour en i 54S ; une croix et une inscription y étaient gravées.
D'après l'explication d'un brahme instruit, faite en langue malabarique, voici le sens de cette inscription, donné par le P. Lucenas : € Trente ans après la publication de la loi chrétienne dans toutes les parties de l'univers, saint Thomas, apôtre, mourut à Méliapor, le 21e jour de décembre, après avoir fait connaitre Dieu à tous ces peuples, les avoir fait changer de religion et avoir détruit par conséquent le démon.
Dieu est né de la Vierge Marie ; il a vécu trente ans sous son obéissance, quoique Djeu sans fin. Ce Dieu enseigna la loi à douze de ses apôtres, dont l'un d'eux est venu à Méliapor, portant un bâton à la main. Le roi de Méliapor, de Coromandel et de Pandore, comme aussi plusieurs autres princes, embrassèrent sa doctrine, après qu'ils eurent vu un prodige surprenant. Le temps vint enfin qu'un brahmane rougit ses mains dans le sang de saint Thomas, et que, par une cruauté inouïe, il versa le sang de l'innocent, lequel servit à cet apôtre de
L'EMPEREUR XGAE-TI.
PEKING
matière pour former de sa propre main une croix, laquellerestaparfaitement gravée de la façon qu'on la voit encore. »
Mais S. Thomas est-il venu en Chine ? Il est certain que ce grandapôtrea pu facilement y pénétrer. Comme nous l'avons vu précédemment, lesjuifs, plusieurs siècles avant notre ère, étaient arrivés jusqu'en Chine ; la route étaittracée. L'historien Sse - mats' icn parle de vaisseaux étrangersabordant sur les côtes de Chine. Enfin, des caravanes organisées pour le commerce, mettaient depuislongtemps déjà ce pays en relations avec l'Occident. Les apôtres ne pouvaient se désintéresser de ces immenses contrées de l'Orient déjà connues. Du reste, nous avons plusieurspreuves de la mission de saint Thomas en Chine. On lit en effet dans le Bréviaire chaldéen :
« L'erreur de l'idolâtrie a été chassée de l'Inde par le moyen de saint Thomas. —