‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 46 sur 239 · ANCIENNES ARMURES · texte numérisé non relu

ANCIENNES ARMURES

PEKING

orgueilleux et visant à inspirer la terreur : « Dieu seul éternel règne dans les cieux, et sur la terre il n'y a qu'un seul maître, Gengiskan, fils de Dieu. Voici son ordre : Faites savoir partout où des oreilles peuvent entendre et des chevaux marcher, que ceux auxquels nos ordres parviendront et ne leur obéiront pas ou s'armeront pour y résister, auront des yeux et ne verront point, voudront saisir et n'auront plus de mains, marcher et n'auront plus de pieds... Ce commandement est adressé par moi Mangoukan à Louis, roi de France, et à tous les seigneurs, prêtres et peuples de son royaume. Quand vous aurez appris nos ordres, vous nous enverrez vos ambassadeurs pour nous dire si c'est la paix ou la guerre que vous voulez. »

Le compagnon de Rubruquis, extrêmement affaibli, ne pouvait songer à se remettre en route ; on lui permit de demeurer chez le bon orfèvre Guillaume, au milieu des chrétiens. Le 8 juillet, après un séjour de cinq mois, ils se séparèrent en versant d'abondantes larmes, et Rubruquis reprit seul le chemin de l'Europe avec son interprète, un guide et un domestique. Pendant le retour, il rencontra Sartak qui se rendait à la cour de Mangoukan. Il alla le saluer et lui dire qu'il n'avait pu obtenir la permission qu il était venu solliciter. « II. n'y a qu'à obéir, » dit Sartak ; et ensuite il lui envoya deux vêtements de soie, l'un pour lui, l'autre pour le roi de France. Rubruquis les donna tous les deux à saint Louis. — Après avoir séjourné un mois chez Batou, il traversa le Caucase, l'Arménie, la Syrie, et arriva le 15 août 1255 a Tripoli près de Saint-Jean d'Acre, d'où il envoya au roi la relation de son voyage : exposant les besoins de cette mission naissante chez les Mongols ; demandant qu'on fît partir des missionnaires pour développer le germe de foi qu'il y avait laissé.

Ainsi se termina l'ambassade de Rubruquis. On ne saurait trop admirer le zèle de ce vaillant homme si dévoué au roi de France et aux intérêts de la sainte Eglise romaine. Il ne convertit pas les Mongols, mais il ouvrit la voie ; et nous verrons dans le chapitre suivant que ses successeurs furent plus heureux.

Disons quelques mots de trois illustres personnages qui secondèrent les premiers princes mongols, soit comme hommes deguerre, soi tcommead mi nistrateurs. Dans le 28e chapitre de l'histoire des Mongols, un article entier est consacré à ce personnage. Il était de la nation des Ouïgours, d'une science plus qu'ordinaire, et très versé dans la connaissance des lettres de son pays. Tac-yan-kan, roi des Naïmans, l'avait pris pour ministre et lui avait confié son sceau d'or. Lorsque Gengiskan détrôna ce prince en 1204, T'a-£a-/oung-ko, emportant le sc< au de l'empire, fut arrêté. Le grand conquérant, connaissant la fidélité de son illustre captif, le prit à son service et lui demanda quel était l'usage de ce sceau ; il répondit : « I outes les fois que mon seigneur voulait lever de l'argent ou des grains, il faisait marquer ses ordres de ce sceau pour leur imprimer un caractère d'authenticité. »

IX I ERPRETE DE RUBRUQ

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