T'A-T'A-TOUNG-HO
DYNASTIE DES YUEN
A partir de cette époque, Gengiskan commença à se servir lui-même d'un sceau impérial, dont il confia la garde à son nouveau ministre. Il conserva cette char-' sous Oktaikan, et c'est à lui qu'on confia l'instruction des princes mongols. Sa femme fut la nourrice du prince héritier, fils A'Oktai, et montra le plus grand désintéressement, refusant tous les présents qu'on voulait lui faire.
■ — T'a-t'a-toung-ko mourut comblé de faveurs et de titres honorifiques. On peut regarder ce savant comme l'instituteur des Mongols, en ce sensqu'il leurenseignal'usage d'une écriture qu'ils ne connaissaient point avant lui, ainsi que l'application de l'alphabet ouïgour à la langue mongole, vers l'année 1204 ou 1205. (abel de rémusat.)
YÈ-LEOU. — Ce ministre, appelé aussi Tsou ts'ai, rendit les plusgrandsservices à la dynastie mongole. Il était né en 1198. Sa mère Yang-che prit beaucoup de soin de le faire instruire, et il s'acquit bientôt une telle réputation de science que l'empereur des Kin le nomma mathématicien et astronome de la cour. En 12 13, il fut nommé gouverneur de la capitale, appelée Yen-king (Péking). Lorsque Gengiskan se fut rendu maitre de cette ville, il s'attacha J ~c-!con, dont il avait apprécié les qualités.
Il fut fidèle à cette nouvelle dynastie, et Gengiskan le consultait avant toutes ses' expéditions ; son ascendant sur le prince et son humanité empêchèrent bien des meurtres et sauvèrent du carnage des populations entières. Sous Oktaikan, J è-leou conserva toute son influence et réprima, par ses sages avis, la cruauté des conquérants mongols. En 1234, sur son conseil, un dénombrement général de la population fut fait par familles, et les impôts répartis équitablement.
YK-LEOU.
Par ses soins des écoles furent ouvertes dans les provinces, et le système d'examen rétabli. Ce sage ministre, en temps de disette, nourrissait le peuple ; c'est lui qui faisait rentrer les impôts, empêchait les injustices et plaidait la cause des innocents.
L'impératrice Tourakina, régente après la mort à'Oktai, le prit pour conseiller, mais elle donna bientôtle pouvoir suprême et remit les sceaux à un autre ministre, turc de nationalité. Yè-leou, voyant le mauvais état des affaires, et attristé par l'ingratitude de l'impératrice, mourut à 55 ans (1253). Son fils et son petit-fils héritèrent de ses anciennes charges et faveurs, sous les empereurs mongols qui se succédèrent jusqu'à Témour (Ou-tsoung). En 1330, l'empereur, par un décret solennel, donna au fidèle Yè-leou le titre posthume de roi de Kouang-ning.
SOUBOUCTAI. — C'est en 1 2 1 2 que Soulwuctai entra au service de Gengiskan. Il était d'une intrépidité rare, et d'un talent remarquable pour imaginer desstratagèmes et des ruses de guerre. En 1221, il s'empara de 5^ la Géorgie, puis, contournant la mer Caspienne, il soumit tous les peuples de ces contrées jusqu'au Volga, dévastales environs de la merd'Azof et pénétra en Crimée et en Bulgarie.
Rappelé par Gengiskan, il fit la conquête du Tangut et de toutes les villes situées sur le fleuve jaune. En 1229, Oktai lui donna pour épouse une princesse du sang royal. Ce même empereur lui fit ensuite envahir l'empire des Kin. Pendant le siège de K 'aè-foung-fou,\e commandant des assiégés voulut, à coups de canon (p'ao), mettre le feu aux fascines qui comblaient les fossés. C'est au siège de celte ville qu'il est parlé pour la première fois de ces machines de guerre, dont les Mongols apprirent l'usige des Chinois et qu'ils portèrent dans l'Occident, où l'on croit qu'elles ont donné l'idée de l'artillerie, (abri, de rémusat.) — Soubouc/at, après la mort SOktaikan, retourna (1 ins l'ouest pour prêter son aide à Batou, et établit son camp sur le Danube : il y mourut à l'âge de 73 ans. Il reçut le titre posthume de roi du Ho-nan, et l'épithète honorifique Ae. fidèle ri invariable. Son fils lui succéda, et les Mongols lui doivent la conquête du royaume d'Ava et de tout le Tonkin.
I. DYNASTIE DES YUEN : KOUBILAIKAN (cHE-TSOU) MARCO-POLO. CONSTRUCTION DE KAMBALICK (pÉKING). - II. CONQUÊTE DE LA CHINE. NOMINATION DU GRAND LAMA. MORT DE CHE-TS - III. L'EMPEREUR OU-TSOUNG. JEAN DE MONTCORVIN, Ier AR-
CHEVÊQUE DE PÉKING. ODORIC DE PORDENONE. — IV. L'EMPEREUR CHOUN-TI. NICOLAS DE BOTRAS, 2e ARCHEVÊQUE DE PÉKING. JEAN DE FLORENCE. GUILLAUME DE PRATO, 3e ARCHEVÊQUE DE PÉKING. FIN DE LA DYNASTIE DES YUEN.
iès la mort de Mangoukan, l'assemblée des princes, en 1260, élut Koubilaï son frère. Depuis longtemps déjà il administrait, comme vice-roi, toute la Chine ;ptentrionale, dont les Tartares avaient fait la conluête. Comme nous allons entrer maintenant d'une lanière plus spéciale dans 1 histoire de Péking, il semble nécessaire d'adopter pour les empereurs mongols les noms qui leur ont été donnés par les Chinois : iengiskan s'appelait T aè-tsou ; Oktai, T 'aè-tsoung ; louyouk, Tiftç-tsoung ; Mangou, Sien-tsoting ; enfin, [oubilaï prit le nom de Che-tsou, par lequel nous le lésignerons désormais ; il est le véritable fondateur le premier empereur de la dynastie des Yiten. En l'année 1255, Messire Nicolas Polo et son frère 1\1 atteo.marchands vénitiens, étaient àConstantinople, où régnait l'empereur Baudouin ; ils y achetèrent des bijoux et autres marchandises, et résolurent d'aller faire le commerce chez les Tartares. Ils passèrent d'abord un an chez Barka, qui commandait sur la mer Caspienne, puis se rendirent à Bokhara, où ils demeurèrent pendant trois ans. Ce n'est que vers l'année 1261 qu'ils arrivèrent chez le grand Kan Koubilaï, qui les reçut fort bien et leur demanda beaucoup de détails sur les empereurs, les rois, les princes, sur le Pape, l'Église et Rome. Après avoir demeuré plusieurs années à la cour, Tempe-
-reur pensa en soi-même de les charger d'un message pour l'apostolle (le Pape), et ils repartirent avec un ambassadeur nommé Çogatal. Dans sa lettre, le grand Kan mandait au pape «qu'il voulût bien lui envoyer jusqu'à cent hommes sages de notre
» foi chrétienne, » instruits dans » les sept arts, » sachant bien » discuter et dé- » montrer claire- » ment aux ido- » lâtres... que la » foi du Christ » estlameilleure, » que toutes les » autresloissont » mauvaises et » fausses.» Il les chargea aussi de lui apporter un peu d'huile de la lampe qui brûle sur le sépulcre de Notre- Seigneur à Jérusalem.
(marco-polo, ch.
m.) Ils reçurent une tablette d'or pour sauf-con- \M duit, tablette qui
leur donnait le droit d'être traités comme de grands seigneurs et d'être défrayés de tout pendant la route. Ils laissèrent en chemin Cogatal atteint d'unemaladietrès grave, et après trois ans d'un voyage fort pénible.ilsabordèrent enfin à Acre, en avril 1269. Le
TSi il) ' 1 01 BILAIKAN).
1 ape était mort, et les deux frères demeurèrent deux ans à Venise en attendant l'élection d'un nouveau pontife. Messire Nicolas y avait trouvé son jeune fils, Marc,
de 15 ans, né pendant son absence. Craignant de trop faire attendre le gran kan, ils demandèrent ,111 légat Thébaldo l'autorisation de repartir, et se mirent e
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