‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 48 sur 239 · MARCO-POLO · texte numérisé non relu

MARCO-POLO

route. Ce même légat, ayant été élu pape sous le nom de

Grégoire X, les rappela pour leur donner ses instructions,

une lettre pour le grand Kan, et leur adjoindre deux Dominicains : Nicole de Vizenze et Guillaume de Triple. Le jeune

Marco était du voyage, qui fut si dangereux et si pénible,

que les deux Frères- Prêcheurs, malades, furent obligés de

s'arrêter en route. Les trois Vénitiens arrivèrent enfin après

trois ans et demi à la cour de Koubilaï, qui se trouvait alors

à Chang-tou, résidence d'été en dehors de la Grande Muraille. Ils lui présentèrent « les privilèges et chartes qu'ils

avaient de par l'Apostolle, desquels il eut grande joie.

Ensuite ils lui donnèrent la sainte huile du sépulcre ; il en

fut très content et en fit grand cas. Quand il vit Marc, qui

était jeune homme, il demanda qui il était. «Seigneur, dit son père Messire Nicolas

» Polo, il est mon fils et votre )) homme. — Qu'il soit le » bienvenu, » dit le seigneur.

(.marco-polo, ch. VI.)

L'intelligent Marco devint bientôt le favori de l'empereur, au service duquel il resta dix-sept ans, chargé de missions diverses et de postesimportants dans les provinces du sudde l'empire. A cette époque, Argoun, roi de Perse, ayant perdu sa femme Bolgara, envoya une ambassade au grand Kan pour lui demander une nouvelle épouse du même lignage ; on lui choisit la jeune princesse Cogata, et, sur la demande des ambassadeurs, les trois Vénitiens la conduisirent avec eux par la route de mer.

Koubilaï leur avait donné de nouvelles lettres pour l'Apostolle et les rois chrétiens. Après dix-huit mois de navigation, ils arrivèrent en Perse et remirentla princesse entre les mains de Ga-

i. Avant-cour Hu Palais. — 2. Si-chan-t'aè. — 3. T'ien-t'aé. — 4. K'ioung-hoa- zan, fils et SUCCeSSeur d Altao. — 5. Tching-cheng-koung. — 6. I^ung-fou-koung. — 7. T^^ • , ■ mnrf Fn

S. Si-hoa-men. — 9. Ling-sing-men. — 10, n. Palais impérial. — 12. Palaisdes gOUll qui était mon. r.U

Princesses. - 13. Nan-haè. — 14- Tchoung-haè. 12Q5 ils revirent leur patrie,

et trois ans plus tard Marco-Polo, prisonnier des Génois, dicta sa relation à Rusticien de Pise. Nommé membre du Grand Conseil de Venise, il mourut dans cette ville en 1324.

PEKING

Cke-tsou, comme le raconte l'histoire persane de Raschid Eddin, « considérant que Karakoroùm était trop éloigné, que la contrée du Katai était très peuplée et la plus estimée de tous les pays et royaumes, y fixa sa résidence et établit son séjour d'hiver dans la ville de Kambalick, nommée, en langue du Katai, Tchoung-tou ou Ta-tou (o-rande capitale). » L'ancienne ville des Kin existait encore, mais fort délabrée, ayant, comme nous l'avons dit, supporté un siège mémorable ; Chetsou ne pouvait s'en contenter, et après avoir consulté les astrologues, il résolut de construire une nouvelle cité au nord de la précédente, de l'autre côté du fleuve. Ce fleuve, dont parle Marco- Polo (Ch. xvi), sépara les deux villes ; c'était le grand canal creusé par les Kin, et que la géographie impériale nomme Ta-t'otmg-ho (grande rivière de

communication). Voici la description de Kambalick, d'après Marco- Polo (Chap. xvi) : « La ville de Kambalick est située sur le bord d'une rivière, dans la province du Katai... elle est très grande, car elle a de tour vingt-quatre milles; chaqueface de son carré mesure six milles, car elle est toute carrée tant de part que d'autre. Elle est toute murée de murs en terre qui sont bien épais au moins de dix pas, mais ne sont pas si gros dessus que dessous, car ils vont toujours en s'étrécissant, si bien essus ils sont larges envi-

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