‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 50 sur 239 · CONSTELLATIONS · texte numérisé non relu

CONSTELLATIONS

iNCIKN ÉTENDARD CHINOIS

Toutes ces constructions étaient recouvertes de tuiles vernissées comme aujourd'hui : « A chaque angle du palais extérieur est

un palais très beau et très riche, dans lequel on

conserve les armesde guerre de l'empereurrtelles

que carquois, arcs, selles, brides... ;à mi-chemin

entre les deux palais d'angle de chacun des murs,

il s'en trouve un semblable, de sorte que, si l'on

considère l'enceinte tout entière, il y a huit

vastes palais... ; la seconde enceinte a aussi huit

palais correspondants à ceux de la première. »

(marci i-n ili >.)

Cette disposition n'a pas changé, et il semble

que le palais actuel a été copié sur celui des ] 'itoi.

Marco Polo nous apprend encore qu'un beau lac

se trouvait au nord-ouest du palais, et une colline

artificielle plantée d'arbres toujoursverts au nord

du même palais. Sur cette colline on avait construit des pavillons de plaisance, et à l'ouest du lac un deuxième palais appelé

Loung-fou-koungi destiné à l'héritier présomptif. Le Je-sia nous dit que les

em pereurs mongols avaient ordonné d'apporter du désert de Mongolie, appelé C/ia-mo, l'herbe tsing-is'ao, afin que leurs enfants et petits-enfants n'oubliassent pas les steppes (tsao-ti) qui avaient vu naître la dynastie. Ce lac, dont il vient d'être parlé, est le même que le T'ae-y-tclie de nos jours, le même que les Kin avaient creusé, et la rivière qui l'alimente s'appelle encore Kin-choui; la montagne verte ne peut être que le K'ioung-hoa-tao, appelé aujourd'hui Pè-£ a-chan. Des auteurs cependant, sur le témoignage de Marco- Polo, pensent que cette montagne verte au nord du palais était le Kin-chan ou Mei cûan,ma\s rien clans les livres chinois n'appuie leur opinion.

Outre le palais d'hiver de Kambalick, Che-isou en avait fait bâtir un autre à Chang-tou. Ce palais d'été se trouvait en ligne droite à environ 800 // au nord de Péking ; trois routes y conduisaient : celle de l'ouest par Nan-keou, celle de l'est par Kou-pé-k'eou et celle du centre par Pè-t'a (V. la carte). Ce beau palais de marbre blanc était entouré d'un parc immense, avec « fontaines, fleuves, rivières et belles prairies, bêtes sauvages de toutes sortes que le seigneur y fait nicttre , parfois le Kan se promène céans, monté sur son cheval, et a derrière lui sur la croupe un léopard ; et quand il voit quelque bête qui lui plaît, il laisse aller le léopard qui la prend. » (MARCO-POLO, ch. XV.) L'empereur avait de plus, près de là, deux léangfiuo (pavillons frais) : l'un à 50 li à l'est de Chang-tou, l'autre à 150 //à l'ouest ; 1 eS pavillons étaient construits en lamelles de bambou tressées et dorées, faciles à

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DYNASTIE DES YUEN

démonter et transporter... « Ce palais de roseau que je vous ai dit, est si bien ordonné et disposé qu'il se fait et défait très promptement ; on le met tout par pièces, et on

le porte sans

peine Ja ou le seigneur commande qu'il soit. Quand il est dressé, plus de deux cents cordes toutes de soie le soutiennent... » Che-tsou passait en Mongolie les mois de juin, juillet et août pour se reposer et se nourrir de laitage. « Sachez, dit

ANCIi *> I VNi IN CHINOIS

Marco- Polo, qu'il y fait tenir un très grand haras de juments toutes blanches, sans nulle tache, au nombre de plus de dix mille, et il boit, ainsi que tous ceux de son lignage, le lait de ces juments, et personne autre n'en peut boire, sauf la tribu Outrât » L'empereur rentrait le 28 août de chaque année au palais de Kambalick, où il séjournait tout l'hiver.

On voit encore les ruines de Chang-tou, que plusieurs voyageurs et missionnaires ont explorées.

CHE-TSOU, fixé à Kambalick, lança ses armées, commandées par le fameux général Pè-ien, à la conquête des provinces méridionales pour anéantir définitivement la dynastie des Soung{ 1280). Les trois Vénitiens aidèrent à la prise des villes fortifiées, en construisant des mangonneaux et autres machines de guerre inconnues aux Tartares. L'empereur fit ensuite la conquête du Thibet et de la Cochinchine, qui reconnurent sa suprématie et envoyèrent un tribut d'éléphants. En 12S1, Che-tsou voulut s'emparer du Japon ; il fut moins heureux :

son immense flotte portant 80.000 hommes, chinois et tartares, fut presque anéantie dans un typhon ; l'armée put se réfugier en grande partie sur l'île de Sing-hou, où les Japonais firent prisonniers les soldats chinois, et massacrèrent impitoyablement tous les Tartares au nombre de trente mille. Cinq ans après, Che-tsou dut soutenir une grande guerre contre son oncle Nayan, qui

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