TEMPLE DE I AMAS, PRES DE PÉK.ING (OU-T'A-SSE
PEKING
s'était révolté en Tartarie. Ce Nayan était chrétien et portait la croix sur ses étendards. Marco Polo raconte cette expédition dans tous ses détails. (Ch. ix, x, xi.)
Nayan, surpris par la marche rapide de Che-lsou, fut fait prisonnier et son armée taillée en pièces. L'empereur le fit mettre à mort, traîné dans le désert par un cheval indompté, mais après l'avoir fait envelopper dans un épais tapis pour que le sang royal ne fût pas répandu à terre. Les idolâtres vilipendèrent ensuite les chrétiens, disant : « Voyez comme la croix de votre Dieu a aidé Nayan, qui était chrétien et qui l'adorait. » L'empereur réprimanda ces idolâtres et dit aux chrétiens : « Si la
croix n'a pas aidé Nayan, elle a eu grand'raison, car, bonne chose comme elle est, elle ne devait pas agir autrement ; Nayan était un traître déloyal qui venait contre son seigneur, et la croix de votre Dieu fit très bien en ne i 'aidant pas contre le droit.»
(MARCO-l'OLO, ch. XI.)
Clie-tsou, à l'anniversaire de sa naissance et aux premiers jours de l'année, donnait de grandes fêtes à ses généraux, qui lui apportaient des présents de toutes les puissances de l'empire. Il aimait aussi beaucoup les grandes chasses soit au lévrier, soit au faucon, et y consacrait plusieurs mois.
C'est Chc-tsou qui le premier introduisit le papiermonnaie fait, dit Marco-Polo, d'écorces d'arbres ; chaque billet de banque portait le sceau impérial, et les marchands étaient obligés d'accepter en paiement ce papier, contre « or, argent, pierreries et fourrures ». Du reste, ils l'employaient de même pour leurs achats, car il avait un cours forcé. L'empereur établit dans tout l'empire le service des postes par des courriers rapides relayés souvent. Dans les années de disette, il ouvrait ses greniers et faisait des distributions gratuites aux pauvres gens. Dans la capitale, plus de 20.000 enfants étaient exposés chaque année; il les faisait recueillir, élever avec soin, puis adopter par les familles privées de postérité. Le sud de la Chine était déjà renommé par ses splendides étoffes de soie brochées d'or, que l'on apportait en immense quantité à l'empereur.
Dès le commencement de son règne, Che-tsou établit au Thibet le Grand- Lama ou Fo vivant ; il voulait par là acquérir l'amitié et se faire des alliés précieux des I hibétains, qui venaient de le reconnaître comme suzerain. Il revêtit de ce titre un jeune Thibétain nommé Pa-sse-pa, dont la famille exerçait depuis des générations la charge de grand prêtre auprès des rois du Thibet. Par ce pontife fut continuée la succession des anciens patriarches bouddhistes, et commença celle des Grands- Lamas ; par lui aussi le Lamisme, ou Bouddhisme réformé, devint la religion commune des Mongols : la fondation du siège lamaïque de Pou-ta-la n'a pas d'autre origine. Nous savons qu'à la cour des Tang, avec Olopen se trouvaient de nombreux patriarches bouddhistes ; les nestoriens et les chrétiens de saint Thomas étaient répandus dans les contrées voisines du Thibet : les ornements et les cérémonies de