‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 52 sur 239 · TEU-MO · texte numérisé non relu

TEU-MO

DYNASTIE DES YUEN

la religion chrétienne, la magnificence de son culte frappèrent les réformateurs, qui en adoptèrent une grande partie ; et c'est ainsi que l'on rencontre dans le culte lamaïque des contre-façons et des copies souvent saisissantes du culte chrétien.

Cke-tsou aimait les savants et les gens de lettres, et en avait fait venir plusieurs de l'Occident ; à leur tête, il plaça Teu-mo et Suheng pour diriger le collège impérial, pendant que Yao-tchou était chargé du ministère des Finances. Ces trois ministres jouissaient de l'estime des Chinois, et l'empereur mongol se servit d'eux pour régler la politique de l'empire. Su-heng rétablit les rites et les cérémonies, ainsi que le culte des ancêtres ; il apprit aux jeunes Mongols la langue chinoise et les usages de la bonne société ; il fit de nombreuses traductions des meilleurs livres chinois en langue mongole, rédigea le code et laissa des mémoires littéraires encore fort estimés. Il mourut en 1 281, et son portrait fut placé dans le temple de Confucius par l'empereur Jen-tsoung.

L'empereur Che-tsou protégea ouvertement la religion des Lamas et fit brûler tous les livres de la secte de Tao, excepté le Tao-teu-king de Lao-tse. Les ouvriers venus des royaumes étrangers et très habiles dans les sciences comme dans les arts affluaient à Péking ; l'histoire rapporte qu'en 1286, des vaisseaux de plus de quatre-vingt-dix royaumes abordèrent au Fou-kien.

L'astronomie fut en honneur sous son règne : quatre savants lettrés chinois travaillèrent à un grand traité sur cette matière ; le plus célèbre est Kouo-choit-king, qui suivait la méthode d'Occident, et fut chargé des observations astronomiques pendant 70 ans. 11 dota le grand observatoire des Yuen, situé, comme nous l'avons dit, à l'angle sudest de Kambalick, d'instruments en bronze, tels que sphère, astrolabe, boussole, niveau, gnomon. Quelques-uns de ces instruments avaient près de 40 pieds ; iis servirent aux observations jusqu'à l'arrivée du P. Verbiest, sous la dynastie suivante. Les deux plus importants se voient encore dans la grande cour d'entrée de l'observatoire actuel.

C'est à Cketsou que l'on doit l'achèvement du grand canal impérial commencé par les Kin ; il le fit continuer et terminer depuis Kambalick jusqu'à Hang tcheou, et même jusque dans le Fou-kien; il le rendit navigable pour les navires au moyen d'écluses que 1 on haussait ou baissait à volonté. Ce canal avait ses rives revêtues de pierres de taille et bordées d'arbres ombrageant une route de halage bien entretenue.

Chi-isou mourut en février 1294 dans son palais de Kambalick, à l'âge de 80 ans, laissant un des plus grands empires qui aient jamais existé ; il s'étendait en effet de la mer Glaciale au détroit de Malacca, et de la mer du Japon jusqu'à la mer Caspienne.

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