SU-HENG
PEKING
petit-fils de Che-tsou, Témour, succéda à son grand'père sous le nom de Tcheng-tsoung, ne régna que deux ans et fut remplacé par un de ses neveux,
qui prit le nom de Ou-tsoung. C'était un prince humain et pacifique, qui gagna l'amitié du peuple par sa libéralité, et celle des lettrés en faisant construire un temple à Confucius dans la ville de Péking. Malheureusement il laissa trop de puissance aux lamas, qui indisposèrent contre lui la population chinoise et hâtèrent la chute de la dynastie des J 7uen. Outsoung était, du reste, comme ses prédécesseurs,tolérant pour toutes lesreligions. A cette époque (1288), le pape Nicolas IV, connaissant les dispositions lavorables des princes mongols à l'égard du christianisme, résolut d'envoyer une ambassade au grand Kan ; il s'adressa aux Franciscains dent le Général, Bonagratia, s'empressa de répondre aux désirs du Souverain- Pontife. Jean de Montcorvin fut choisi pour être le chef de cette nouvelle mission : il était né en 1247, près ! de Salerne, dans un petit village appelé 1 Monte Corvino. Le Pape lui donna des / lettres datées de Rietti, le 3 des Ides de juillet 1289, pour les rois de l'Inde, pour les chefs des nestoriens, pour Denys, évêque de Tauris, pour le prince mongol qui régnait en Perse et pour le grand Kan. Il arriva en 1293 a Kambalick. Revêtu du titre de légat et de nonce du Saint- Siège, il fut bien accueilli par l'empereur, qui suivait comme ses prédécesseurs cette fausse maxime : « Qu'il n'y a qu'une seule religion, dont les sages des divers pays ont fait varier la forme suivant les temps et les lieux. » On a écrit souvent que le catholicisme n'a été prêché à Péking qu'au XVI Ie siècle; or, nous allons trouver deux cents ans plus tôt, dans la capitale, un archevêque, des églises et une chrétienté florissante. Voici in extenso le récit que nous a laissé Jean de Montcorvin lui-même, dans deux lettres écrites de Péking :
1 le Kambalick, dans le royaume de Katai, le 8 du mois de janvier 1305.