MORT DE SAINT FRANÇOIS-XAVIER
DYNASTIE DES MING
A la fin du XVe siècle, les Portugais et les Hollandais se lancèrent, en doublant le cap de Bonne-Espérance, à la recherche du fameux Katai de Marco-Polo, et leurs vaisseaux abordèrent sur les rivages de l'Extrême-Orient. Ainsi s'ouvrait par mer une nouvelle voie beaucoup plus facile, au moment où il n'était plus possible de songer à se mettre en route par le nord, à travers les steppes dévastés de la haute Asie. De nombreux ouvriers apostoliques partirent à la suite des navigateurs et des marchands. Un nouvel Ordre religieux, célèbre presque en naissant par l'ardeur de son zèle et l'éclat de sa science, venait d'être fondé par saint Ignace de Loyola. Gagné à Dieu par lui, François-Xavier, né dans la Navarre, le 7 avril 1506, fut un des cinq compagnons qui firent leurs vœux à Montmartre, en 1534, avec le fondateur.
Sur les instances de Jean III, roi de Portugal, le pape Jules II choisit des missionnaires pour les Indes. Il donna à saint François- Xavier le titre de nonce, avec les pouvoirs les plus étendus, et ce grand apôtre s'embarqua le 7 mai 1541.
Après avoir visité le tombeau de saint Thomas à Méliapour, il partit pour le Japon et aborda au port de Cangoxima, le 15 août 1549. Après le Japon, son zèle lui montrait vers l'ouest un autre grand pays, la Chine ; il voulut à tout prix s'y rendre pour y prêcher l'Évangile. Repoussé par les uns, trompé par les autres, ce n'est qu'après d'immenses difficultés que cet homme apostolique parvint à l'île chinoise de San-Siang, près de Canton. Cette île, où les Portugais avaient un comptoir pour leur commerce interdit sur le continent, fut le lieu où expira de fatigue saint François-Xavier. Un Portugais le trouva un jour étendu par terre, dévoré par les ardeurs d'une fièvre maligne ; il le porta dans sa cabane sur le bord de la mer, et lui prodigua les soins les plus dévoués. Mais le mal empira, et le 2 décembre 1552, le saint rendait sa belle âme à Dieu, en face et en vue de cet empire chinois où il avait tant désiré porter les lumières de l'Evangile ! Le Père Caroccio, jésuite, découvrit plus tard le tombeau du saint ; c'était une pierre de cinq coudées de long sur trois de large. On y avait gravé ces mots en latin, en portugais, en chinois et en japonais : «C 'est 'ici que Xavier, homme vraiment apostolique, a été enseveli. »
D'un autre côté, l'ordre de Saint- Dominique travaillait depuis déjà deux siècles à la conversion de l'Asie. Aussi, en même temps que saint François-Xavier, douze Dominicains avaient passé dans les Indes. L'un d'eux, trois ans seulement après la mort du saint, tenta de pénétrer en Chine et y réussit. Ce Dominicain, nommé Gaspard de la Croix, est donc le premier missionnaire entré en Chine par la voie du sud. Les commencements de sa prédication furent heureux, comme il le raconte dans la relation qu'il a laissée de son voyage et de ses missions. Les indigènes, touchés par ses exhortations et ses exemples, détruisirent eux-mêmes leurs pagodes et se firent baptiser ; mais les mandarins, effrayés de l'ascendant que prenait cet étranger,
I I ES Dfc SAN-SIANG ET DE LAMPACAO.
PEKING
le firent arrêter et chasser de l'empire. Il passa dans le royaume d'Ormuz, puis retourna dans sa patrie, où il mourut en soignant les pestiférés de Lisbonne.
Un autre missionnaire, Martin de Rada, Augustinien espagnol, entra également en Chine en 1575, par le Foukien. Il y séjourna trois années entières et fut ensuite saisi par les mandarins, jeté en prison, battu de verges et enfin chassé du territoire chinois.
Les Portugais, étant parvenus à s'établir sur la côte de Chine, construisirent la ville de Macao (en chinois Ngao-mcu). Les religieux de différents Ordres, entre autres les Jésuites, vinrent s'y fixer pour administrer la chrétienté européenne et tenter l'évangélisation de la Chine. Le P. Valignan, visiteur des Indes, nomma d'abord à cet effet le P. Michel Roggier de Naples, arrivé en 1579, et qui avait déjà étudié la langue chinoise. Ce Père ouvrit un catéchuménat à Canton, et le visiteur, ayant appris ce premier succès, lui adjoignit Mathieu Ricci, jésuite italien, né à Macerata, près d'Ancône, en 1552.
Nous ne suivrons pas le célèbre Père dans ses missions du sud ; du reste, depuis son entrée en Chine, il n'avait qu'un but : se présentera la cour, avoir accès dans le palais impérial, et s'établir à Péking même. Il était persuadé, avec raison, que s'il parvenait à se faire accepter dans la capitale et à y établir une résidence, il ne serait pas difficile aux missionnaires de pénétrer partout ailleurs dans l'empire. Pour y arriver, il se livra d'abord avec ardeur à l'étude de la langue, puis il eut soin de se préparer des amis auprès de quelques mandarins en charge à la cour.
Ver=; le commencement de l'année 1599, accompagné du P. Cattaneo et de deux Frères coadjuteurs indigènes, récemment arrivés de Macao, le P. Ricci partit de Nan-king à la suite d'un mandarin ami qui se rendait à Péking, où il arriva après un mois de voyage par eau. Ce mandarin lui fit faire la connaissance d'un officier du palais ; mais celui-ci, voyant qu'il n'y avait pas grand'chose à gagner avec les Pères et que, l'empire étant en guerre avec le Japon, tout étranger devenait suspect, refusa de les présenter. Le P. Ricci, après des efforts persévérants, jugea les difficultés
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