L'EMPEREUR OUAN I
DYNASTIE DES MING
insurmontables, et résolut de retourner à Nan-king. A cause de la saison d'hiver, les Pères n'y arrivèrent qu'au printemps suivant. Ce premier échec ne découragea pas le P. Ricci ; il envoya le P. Cattaneo à Macao, et reçut bientôt par son entremise de beaux et riches objets destinés à l'empereur : des pendules, des montres, une grande horloge, un clavicorde et autres curiosités. Les Japonais ayant été vaincus et la paix rétablie, le P. Ricci partit de nouveau le 6 mai 1600, avec le P. Pantoja, sur la jonque d'un officier de sa connaissance. Dans le Chan-icitvg, le vice-rci de cette province, dont le fils avait connu les Pères à Nan-king, les reçut avec bienveillance, mais arrivés à Linsr-ting-keou. Jl/al'ang, prépose aux douanes, leur suscita les plus grandes difficultés ; il ne put cependant se dispenser d'avertir l'empereur de leur venue. Cet officier voulait accaparer à son profit les présents apportés par les Pères, ou au moins se charger de les offrir lui-même à l'empereur. Il entra à main armée sur la jonque du P. Ricci, bouleversa tout, prit ce qui lui convenait, vomit d'hon ibles blasphèmes contre le crucifix et les images, puis fit mettre en prison les missionnaires. Ce méchant homme les accusait de vouloir faire mourir l'empereur par leurs maléfices, et la position devint si dangereuse, que leurs amis eux-mêmes conseillaient le retour. Les Pères demeurèrent fermes et envoyèrent à Péking un des Frères chinois, Sébastien Fernandez, porteur de lettres pour leurs amis ; mais personne ne voulut le recevoir. Depuis six mois en prison, abandonnés de tous, n'attendant plus rien que de Dieu, ils furent agréablement surpris d'apprendre l'arrivée d'un ordre impérial qui les appelait à Péking. L'empereur Ouan-li, se souvenant du Mémoire que Ma-t'ang\u\ avait adressé, ordonnait d'expédier de suite ces étrangers et leurs présents. Il fallut s'exécuter ; on donna au P. Ricci huit chevaux et trente porteurs renouvelés chaque jour, et pendant tout le voyage il fut fort bien traité. Le 4e jour de janvier 1601 , il entrait à Péking avec son escorte, et était reçu par un eunuque qui lui prêta son
Péking.