LE GÉNÉRAL MA-OUEN-LOUNG
DYNASTIE DES MING
à deux Frères de la Compagnie qui, étant chinois, ne tombaient pas sous 1 edit de proscription ; l'église et la résidence furent fermées.
Nous avons vu plus haut que Tien-ming, roi des Tartares-mantchoux, s'était fait déclarer empereur l'an 1615; en 1619, ses troupes arrivèrent jusqu'aux portes de Péking, mais n'osèrent donner l'assaut. L'année suivante, Ouan-li mourut assez à temps pour ne point voir sombrer sa dynastie ; son fils Tac-chan lui succéda pour quatre mois seulement et fut remplacé par Tien-ki. L'empereur, se voyant en danger de perdre sa couronne, songeait à prendre tous les moyens possibles pour lutter contre l'invasion. Les docteurs chrétiens Paul et Michel, qui étaient à Péking, en profitèrent pour représenter au souverain que les Portugais de Macao étaient d'excellents soldats, que les Pères Jésuites étaient des savants de premier ordre ; que les unset les autres pourraientcontribuerpuissamment au salut de l'empire. C'est ainsi qu'un nouvel édit impérial rappela les missionnaires à Péking; 408 soldats partirent de Macao sous la conduite des capitaines Pierre Cordier et Rodriguez del Capo ; mais rencontrant trop de difficultés, ils s'en retournèrent après quelques semaines de marche. Au contraire, les PP. Longobardi et Diaz arrivèrent à Péking et furent bien reçus. Ils n'approuvaient pas le moyen employé, « étant ignorants, disaientils, des choses de la guerre, des armes et de l'art militaire ; 1> mais le docteur Léon leva leurs scrupules en disant : « Mes Pères, ne vous fâchez pas, s'il vous plaît, si l'on vous propose pour des guerriers: vous vous servirez de ce titre comme le couturier de son aiguille, qui ne lui sert qu'à passer son fil, et quand
l'étoffe est cousue et l'habit achevé, il la quitte, n'en ayant plus besoin... » (sémédo, p. 350.) Le fait est que les Pères, après avoir été présentés au ministre de la Guerre, rentrèrent dans leur résidence, réparée par le Dr Ignace (sans que jamais depuis on leur ait ouvert la bouche, ny d'armes, ny de guerres, nyde Tartares. » (P. 351) Cependant les Mantchoux avaient enfin rencontré un général capable de leur résister ; il se nommait J\Ia-ouenloung. Dans la presqu'île du Léao-toung, en Corée et sur le fleuve Ya-lou, toujours il leur tenait tête, et demeurait incorruptible aux plus belles promesses ; Péking n'eut rien à craindre pour un temps. Tien-ki, l'empereur de la Chine, mourut en 1627 et fut remplacé par Tclioungtchen son frère. Tien-ming, l'empereur tartare, mourut aussi la même année, laissant le trône à Ttentsoung son fils.