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L'EMPEREUR JOUN-LIÈ ET SON FILS CONSTANTIN

PEKING

soumises ; de plus, il était à craindre que les Tartares mongols ne se joignissent à elles ; aussi l'empereur CJioun-tche envoya en 1649 un de ses oncles, le prince Paouang, pour demander au chef de ces Tartares sa fille en mariage. En passant par la ville de Tac-tonng-fou, l'ambassade tartare commit quelques désordres et une révolte éclata. Pa-ouang ne voulant point faire justice, le gouverneur de la ville, nommé Kiang, se mit à la tête des révoltés, et l'oncle de l'empereur ne dut la vie

qu'à la vitesse de son cheval. A la première nouvelle de cette rébellion, une armée partit de Péking et fut défaite ; une seconde éprouva le même sort.

Les Chinois continuèrent leur marche sur la capitale, et A-ma onang craignit, non sans raison, de voir la puissance de son neveu ruinée de fond en comble. Il leva toutes les troupes de Tartarie, divisées comme aujourd'hui en huit bannières, et marcha en personne pour tenter une dernière fois la fortune. L'ambassade envoyée de nouveau aux Tartares mongols fut bien reçue ; l'or, l'argent, les étoffes précieuses qu'^4ma-otiang avait fait offrir au prince, le gagnèrent à la cause des Ts'iug. Il leur accorda tout : et sa fille et le secours de ses soldats. Ainsi fortement appuyé, A-ma-ouang, par de savantes manœuvres, réussit à enfermer dans la place de Taï-tonng-fou le général Kiang et son armée. Des retranchements exécutés en quelques jours interdirent toute communication de la place avec le dehors. Réduit à la dernière extrémité, Kiang voulut s'ouvrir un passage l'épée à la main ; après un combat acharné, il tomba mort, percé d'un javelot, et les débris de ses troupes mirent bas les armes, Taè-toungfou fut pillée ainsi que toutes les villes de la province, puis les Tartares rentrèrent à Péking triomphants et chargés de dépouilles.

l'impératrice-mère (anne). Les dernières résistances ayant ainsi

cessé, la paix de l'empire étant assurée, A-maouang songea au mariage de son neveu. Pour que cette importante affaire réussît, il ne voulut la confiera personne et se rendit lui-même auprès du roi de la Tartarie occidentale, pour la traiter (1650).

DYNASTIE DES TSING

Cette même année, l'empereur Choun-tchc, reconnaissant envers Adam Se hall pour la correction du calendrier, rendit en sa faveur le décret suivant : i, Puisque nos aïeux ont toujours fait tant d'estime de la science astronomique, elle mérite bien que nous en fassions de même à leur exemple, et que nous rélevions encore par-dessus les astres, d'autant qu'ayant été presque mise en oubli sous le règne des autres empereurs, elle a été rétablie à présent dans sa première perfection, et particulièrement du temps de Soung, empereur tartare qui possédait cet empire chinois avant l'année 400, sous le règne duquel elle fut rendue plus exacte par Coxen Kim. Comme elle fut néanmoins remplie de si grandes erreurs sur la fin de la vie de notre prédécesseur qu'on nommait Ming, qu'il était impossible de pouvoir s'en servir, le bonheur a voulu que nous ayons trouvé Jean Adam Schall, qui est venu des extrémités de l'Occident en Chine, et qui sait non seulement l'art de calculer, mais encore possède parfaitement la théorie des planètes et tout ce qui appartient à l'astrologie, lequel a mis cette science en lumière, et a mérité que notre prédécesseur, en ayant eu connaissance, l'ait envoyé chercher pour l'établir maitre de l'académie des mathématiques, et lui ait donné la charge de perfectionner la science astrologique. Il est arrivé néanmoins que, comme plusieurs personnes ne connaissaient pas le profit qu'il en proviendrait à l'empire, on ne voulait pas aussi se résoudre à la faire apprendre aux sujets de cet Etat; c'est pourquoi, voulant remédier à cet abus, mon premier soin (à mon avènement à cette couronne) a été de donner une parfaite connaissance de l'ordre des temps à tout ce royaume. Et parce que je voulais expérimenter le premier si l'art que le P. Adam Schall avait réparé était fidèle, j'ordonnai d'observer soigneusement l'éclipsé du soleil qu'il avait prédite autrefois, et je trouvai qu'elle arriva au même jour, à la même heure et à la même minute qu'il avait assuré, et que toutes les circonstances correspondaient très bien à son calcul. De plus, comme il avait dit qu'en l'année suivante il devait arriver une éclipse de

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