‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 73 sur 239 · L'IMPÉRATRICE HÉLÈNE · texte numérisé non relu

L'IMPÉRATRICE HÉLÈNE

PEKING

lune au printemps, je commandai de l'observer exactement ; de sorte qu'après avoir trouvé qu'il ne manquait pas d'un seul point, je crus que le Ciel nous avait offert cet homme pour nous servir dans le temps où je prenais en main le gouvernail d'un si orand empire. Voilà pourquoi je lui ai tout à Fiait commis l'intendance du tribunal des mathématiques : mais parce que le P. Jean Adam vit chastement depuis sa jeunesse, et qu'il ne veut point entreprendre d'affaires incompatibles avec son institut de religion, j'ai cru qu'il était nécessaire de l'obliger par un commandement absolu d'accepter la préfecture de cette charge, et de lui donner le titre de Maître des

secrets célestes, avec la dignité du second ordre des mandarins, en suite de quoi il s'est si fort occupé à cet office depuis quelques années, qu'il y emploie toute son étude et s'y applique avec plus de diligence qu'il n'avait accoutumé de faire. Et parce qu'il a un temple auprès de la porte de la ville qu'on appelle Choun-tche-men, dans lequel il offre des sacrifices à Dieu selon la coutume de sa religion, j'y ai fait quelque peu de libéralité pour le faire bâtir et pour l'orner. Dès lors que je suis entré dans cette église, j'ai vu des images et autres ornements des pays étrangers, des livres de leur loi que j'ai vus sur les tables de leurs chambres; et les ayant interrogés sur ce qu'ils contenaient, ledit Jean-Adam m'a répondu que c'était l'explication de leur divine loi, sur quoi je dirai que quoique je me sois autrefois occupé à l'étude de la doctrine de Vao, C/iouu, Yu, et quoique j'aie lu leurs livres, auxquels j'ai compris quelque chose, comme aussi à ceux de Fo et de Tao, dont je n'ai jamais pu rien retenir dans ma mémoire, si est-ce pourtant que je ne trouve rien d'égal aux livres de cette divine loi. Et quoiqu'à présent je n'aie pas le temps de les lire, à cause de la grande multitude des affaires de notre royaume, qui ne m'ont pas permis d'en donner un plus parfait jugement, je crois toutefois que le P. Jean Adam, qui a demeuré longtemps parmi nous (et qui est en grande estime à cause de sa vertu et de sa science), est capable d'en juger ; et parce que lui-même la prêche et la suit, je crois aussi qu'elle est très bonne, d'autant mieux que ce Père qui adore Dieu, à qui il fait élever un temple où il le sert avec tant de modestie et de respect, garde toujours cette même loi depuis tant d'années sans y changer le moindre point: c'est une marque qu'elle est très pure. Ainsi, comme ce même Père est une personne douée d'une rare vertu, au jugement de tout le monde, et de plus que cette loi commande de servir Dieu et de lui obéir, comme aussi aux rois et aux magistrats, de ne point faire de mal à personne et de tâcher de procurer toujours le bien du public et du particulier, ce qu'il observe exactement et fidèlement, plût à Dieu que tous mes sujets et tous les magistrats de mon royaume eussent cette bonne méthode de servir Dieu, et que tous voulussent se conformer à son exemple pour

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