GRANDE BANDEROLE FUNERAIRE
DYNASTIE DES TS'ING
Canton en eut seul le privilège ; cent douze de ses principaux officiers furent simplement décapités.
A cette époque, le Portugal revendiquait pour lui seul le droit de patronage sur toutes les missions des Indes et de la Chine. Tout évêque devait être présenté par lui ; tout missionnaire devait avoir son autorisation, et ne partir que sur ses vaisseaux. Le Portugal, en échange, avait promis beaucoup et ne put rien tenir ; aussi la cour de Rome ne lui maintint pas ses privilèges.
Sur la demande de la duchesse d'Aiguillon, le pape Innocent X nomma trois évéques français pour les missions de la Haute-Asie : François l'ai lu, de Lamothe- Lambert et Ignace Coiolenti. Ce dernier avait Péking sous sa juridiction ; il n'appar-
porteurs d'insignes.
porteurs d'insignes.
tenait à aucun Ordre religieux. Pour soutenir ces missions. Dieu suscita une nouvelle Société française, sous la direction de trois saints prêtres : Vincent de Meurs, Armand Poitevin et Michel Gazil ; un évêque leur donna une maison, rue du Bac, à Paris ; la Société des Missions-Étrangères, d'où devaient sortir tant d'apôtres et de martyrs, était fondée (1663). En octobre 16S4, Mgr Pallu rendit son âme à Dieu après une vie pleine de labeurs. Il avait désigné sur son lit de mort M. Maigrot comme vicaire apostolique des provinces confiées à ses soins, et administrateur de toute la Chine. Ce nouvel évêque était du diocèse de Paris.
Dans un but scientifique et religieux, Louis XIV fit envoyer alors à Péking six Jésuites : le P. Tackard, qui retourna plus tard en Europe, les PP. Gerbillou, Le Comte, de Visdelou, Bouvet et de Fontaney. Ils partirent le 3 mars 1685 et arrivèrent le S février 1688, grâce à la permission obtenue pour eux par le P. Verbiesc, qu'ils n'eurent pas la consolation de voir. L'impératrice-mère était morte et, le deuil ter-
PEKING
miné, l'empereur, qui aimait les savants, reçut les nouveaux Pères. Le supérieur des Jésuites, le P. Pereyrà, ne garda à Péking que les PP. Gerbillon et Bouvet; il envoya les trois autres dans les provinces. Ces deux Pères, retenus à la cour, s'appliquèrent non sans succès à l'étude des langues chinoise et tartare.
Vers 1686, le Kan des Mongols occidentaux, chef de la nation connue sous le nom d'Eleutes, et qui régnait sur une partie des États de l'ancien prêtre Jean, voulut imiter Gengiskan et ressusciter le grand empire mongol. Il attaqua les Kalkas établis dans l'ancien pays clés Karaites, près de Karakoroum, et se prépara à envahir tout le pays jusqu'au lleuve Kairouîan. (V. la carte, p. 83.) K'ang-si comprit le danger
que ce nouvel empire feraiteeurir à la Chine, si on le laissait se former. Il temporisa jusqu'après la mort de Ousan-koui, puis il fit marcher ses troupes à la défense des Kalkas.
En 1688, le Kan blanc, roi des Oros, c'est-à-dire le Czar de Russie, envoya une ambassade pour fixer les limites des deux empires, près du fleuve Amour/v'<?;/fsi, de son côté, fit partir des commissaires pour la villedeSélinginskoi, où on devait se réunir. Voici quelques détails:
Les Russes avaient peu à peu pénétré en Mongolie, et leurs colons envahissaient la Sibérie tout entière. Ils avaient su se faire des amis des Mongols, et avancèrent sans encombre jusqu'à ce qu'ils arrivassent aux possessions mantehoues ; alors seulement il y eut conflit. La forteresse élevée par les Russ-s, près de la Mantchourie, (ut rasée par les Chinois ; reconstruite par les Russes, elle fut encore démolie une seconde fois ; c'était la guerre. L'empereur de la Chine pas plus que le Czar ne désirait se battre, et sur la proposition de ce dernier, Kang-si envoya une ambassade en Sibérie pour traiter de la paix (168S). Le prince Sosan, oncle de l'empereur, en était le chef; on adjoignit aux plénipotentiaires les PP. Pereyra et Gerbillon comme interprètes pour la langue latine, en les nommant mandarins de second ordre.
Ce fut à Nipchou que les ministres des deux nations s'assemblèrent, suivis chacun d'un corps d'armée pour terminer, en cas de besoin, par la force ce que les négocia-