STATUE DE CONFUCIUS
PEKING
prétations qu'il crut pouvoir donner aux usages chinois déterminèrent à la tolérance ; celle du P. Longobardi, qui, voyant un véritable culte dans les hommages rendus
à K ' oung-fou-tse (Confucius), une superstition dans les cérémonies en l'honneur des ancêtres morts, et l'idée, non du Seigneur du ciel, mais du ciel matériel, dans les mots King, T'ien et Chang-ti, interdit avec sévérité aux nouveaux chrétiens ce qui ne lui semblait pas pouvoir s'allier avec la sainteté du christianisme. Dès 1628, les Jésuites les plus expérimentés et les plus instruits des deux écoles se réunirent pour discuter sur le choix d'un nom propre à rendre l'idée de Dieu ; la discussion dura un mois entier, sans qu'on pût arriver à s'entendre.
Les missionnaires des autresOrdres adoptèrent généralement l'opinion du P. Longobardi, et la question fut portée à Rome.
Deux réponses de la Propagande à deux exposés contradictoires des Dominicains et des Jésuites furent approuvées, l'une par Innocent X en 1645, l'autre par Alexandre VII en 1656, puis confirmées toutes deux selon leur exposé par Clément IX en 1669; rien n'était résolu. Mgr Maigrot, vicaire apostolique du Fou kien, fut chargé par Innocent XI et Innocent XII d'examiner le véritable état de la controverse, et d'en informer le Saint-Siège. Il publia, en 1693, un mandement dans lequel, tout en excusant les missionnaires, il condamnait les rites pratiqués en l'honneur de Confucius et des ancêtres.
L'examen approfondi de la question fut confié à la Congrégation du Saint-Office par Innocent XII et Clément XI. Il dura six années; les deux parties eurent toute liberté pour exposer et défendre leur sentiment. Cette même année 1699, pendant que l'on commençait à Rome les informations, les PP. Grimaldi, Pereyra, Thomas et Gerbillon s'adressaient à l'empereur pour avoir son sentiment sur la question. K'aug-si approuva en tout point les conclusions du rapport que les Jésuites lui adressèrent, et entendit bien donner à son approbation l'autorité d'une décision sans appel.
La Congrégation du Saint-Office porta, en
1704, un décret solennel approuvé par Clément
XI. qui prohibait absolument les cérémonies chinoises, et le Souverain-Pontife
voulut envoyer un légat pour le publier en Chine. Dans les instructions qu'il lui
donna, il excusait tous ceux qui jusque-là ne s'étaient point ralliés : « Il ne faut