‹ Péking, histoire et descriptionChapitre 85 sur 239 · IF.N' COSTUME DES SACRIFICATEURS · texte numérisé non relu

IF.N' COSTUME DES SACRIFICATEURS

DYNASTIE DES TSTNG.

pas, disait le Pape, blâmer les missionnaires qui ont cru devoir suivre jusqu'ici une autre pratique ; il ne doit pas paraître étonnant que, dans une matière discutée durant tant d'années, où le Saint-Siège a donné auparavant différentes réponses, selon les différents exposés qu'on lui avait taits, tous les esprits ne se soient pas trouvés réunis dans le môme sentiment. C'est pourquoi nous chargeons le Patriarche d'Antioche (Mgr de Tournon) et tous les autres qui auront le soin d'exécuter nos décisions, de mettre à couvert l'honneur et la réputation des ouvriers évangéliques, et d'empêcher qu'on ne les fasse passer pour des fauteurs de la superstition et de l'idolâtrie, étant hors de doute qu'après que la cause est finie, ils se soumettront avec humilité et obéissance aux décisions du Saint-Siège. »

Charles Maillard de Tournon était né à Turin en 1667. Le 5 décembre 1701, il fut préconisé patriarche d'Antioche et sacré le 21 par le Pape lui-même, puis nommé légat a lafcre pour les Indes et la Chine, le 2 juillet 1702 ; il quitta Rome le 4, avec une suite de douze personnes. Les fatigues, les difficultés et les dangers ne manquèrent pas durant le voyage ; enfin, le 2 avril i 705, il abordait à Macao, et le 6 il se rendait à Canton. Le légat choisit pour interprète chinois M. Appiani, né à Dogliani, dans le Piémont, le 22 mars 1663. Reçu docteur en théologie, il entrait en 16S7 dans la Congrégation des Lazaristes, fondée par saint Vincent de Paul. La Propagande lenvoya en Chine avec le titre de vice-visiteur apostolique, et le [4 août 1699, il arrivait à Canton, où il s'adonna à l'étude de la langue chinoise et aux missions.

Le patriarche fut heureux de trouver ce missionnaire, bon sinologue et savant théologien. Après mille difficultés, le légat put enfin s'embarquer pour Péking le 8 septembre 1 705 ; il y arriva le 4 décembre et alla se loger à la résidence du Pé-t'ang. L'empereur envoyait chaque jour prendre des nouvelles du patriarche, un peu fatigué du voyage, et lui fournissait des vivres pour lui et sa suite. K'ang-si, bien disposé pour le légat, le reçut avec bienveillance le 31 décembre 1705 et lui dit entre autres bonnes paroles : ■< Oueles missionnaires, dans leur divergence, eussent à s'entendre avec le Pape et ne point troubler la paix dans son empire. » (mém. ancien costume i>es sacrificateurs.

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