‹ Pelaio, roman maritimeChapitre 7 sur 14 · II · texte numérisé non relu

II

gês, vêtus, soignés, instruits aux dépens de la maison pendant tout le temps que durait leurnoviciat, la plupart d'entre eux acquitlaicnt scrupuleusement en gratitude et en argent, la dette que la confiance de la mère des aspirans leur avait fait contracter. Quelques uns, cependant, moins favorises que les autres, des dons de la fortune, s'envolaient parfois du toit hospitalier de la bonne veuve sans avoir pu régler au préalable avec elle, le compte que sa générosité leur avait ouvert, sans trop s^inquiéter des ressources de leur famille ou de l'état présent de leurs affaires. Mais des que les hasards de la guerre ou les chances de l'avancement fournissaient aux fugitifs insolvables les moyens de se libérer envers leur bienfaitrice, le premier or conquis ou gagné par eux venait toujours remplir les engagcmens que la pauvreté les avait conduits à prendre avec Thonneur. Aussi fallait-il voirie noble orgueil avec lequel, en parlant de ses anciens pensionnaires, la veuve nous répétait souvent ces mots : J'ai fait bien des crédits en ma vie; mais je puis dire à la face du ciel et des hommes, que jamais un

seul àc ceux que je nomme mes enfans, ne m'a fait perdre ce qui ferait mal à l'œil d'uu borgne ?

Le professeur d'hjdrographie auquel je fus présenté par la mère Plumage avait été dans le temps un de ses pensionnaires favoris. Il nous reçut tous deux avec aisance et sans trop de pédantisme, chose à noter pour un maître de malhémaliques. II promit à son ancienne bourgeoise de s'occuper sérieusement de moi, et l'engagea à me faire éviter la société de quelques-uns des jeunes dissipateurs qui fréquentaient la pension. La réponse de la veuve au géomètre moraliste, fut aussi laconique que ferme. Je sais, dit-elle en s'adrcssant à son ex-client, je sais de qui tu veux parler. Mais sois tranquille, j'y mettrai bon ordre ou que le diable m'cnlévc !...

Le diable, par bonheur pour moi, n'eut garde d'enlever la bonne mère Plumage qui me harcela tellement et avec tant de succès pour me faire avancer dans mes études, qu'en quelques mois je me vis en élat de subir Irôs-passablcmcnt moa

examen de première classe. Les soins affeclueux ne me faisaient pas plus faute, au reste, que les sages avis et les conseils cncourageans. J'étais nourri comme un prince et choyé dans la pension comme une petite maîtresse. La veuve que j'avais mise au fait de mes humbles affaires de famille, poussait môme la sollicitude jusqu'à me prescrire les jours où je devais écrire à ma mère, et ceux où il convenait que j'allasse rendre visite à mon ancien commandant. « La femme de ce bon Chose, me dî« sait-elle en parlant de la lille du père La Marjolaine, est glorieuse, et il faut te garer de te mettre raaf avec elle parce qu'elle mène son mari qui te veut du bien, par le bout du nez en profilant de ce qu'il a la vue un peu courte. Ainsi pour qu'il continue à t'appuycr, tâche de ne pas déplaire à madame. Dernièrement , ajoutait-elle pour me prouver les prétentions de la commandante, et la justesse de l'opinion qu'elle s'était formée sur son compte, la Révolution qui avait olé tous ses vrais noms à ce pauvre capitaine, lui permit de reprendre celui qu'il voudrait rattraper dans le lot qu'il avait laissé

aller. Comme il s'appelait ci-devant Roy de Saint- Louis, il répondit d'abord qu'il reprendrait le nom de Roy tout court et qu'il en aurait assez comme ça : mais madame qui est roturière et qui tient à la noblesse de son mari, plus qu'à l'ancienne enseigne de la boutique de monsieur son père, voulut le forcer à repêcher sou nom de SainULouis, plutôt que son Roy tout cru, tout uni. Là-dessus le bonhomme répondit que puisque son épouse prétendait malgré vent et marée, avoir un nom de noble pour elle et pour lui , il se ferait appeler Roy de Chose , attendu , ajoutait la veuve en me rapportant cette anecdote conjugale, que Chose est devenu le nom de guerre du capitaine et que Roy était avant la Terreur, un de ses noms de famille. Tu vois donc bien , continuait ma vieille conseillère , qu'elle est glorieuse comme une reine, ou plutôt comme un paon la descendante du carossier, tandis que sou mari, qui était d'une grande noblesse, est aussi bon enfant que le premier venu ; et un jour tu apprendras que ce sont les orgueilleux qu'il faut ménager plus que les bons cnfans dont un pcu.t

toujours se moquer sans risquer avec eux de se faire du tort. »

Les circonstances rendirent bientôt inutiles les prudens avertissemcns que me donnait la veuve pour me maintenir dans les bonnes grâces de l'allière commandante. Le capitaine Chose ayant pris le commandement d'un vaisseau à trois-ponts, partit pour l'Inde en me comblant de nouvelles marques de bonté , cl en son absence, je finis par ne plus voir que de loin en loin sa cérémonieuse et aristocratique moitié.

Un bonheur sur lequel je n'osais plus compter et qui me combla d'une joie d'autant plus vive qu'elle était plus inespérée, vint m'aider à supporter pour quelque temps la monotonie de l'existence que j'étais forcé de mener à Brest. Ma mère, en se servant de la main d'Angélique pour répondre à mes lettres, m'adressa un paquet que lord Barnstaple avait fait remettre à madame Glaisoteau pour moi. Ce paquet contenait un portrait et un billet. Le portrait était celui d'un ange, d'Aspasia, la fille

de mon bienfaiteur : le billet était écrit par le lord lui-môme :

K Enfant, me disait-il dans ce précieux billet, « que je tous en voudrais, si je le pouvais, de « n'être pas venu vous jeter dans mes bras, lors- « que la fortune de la guerre nous avait réunis à « bord du même bâtiment 'Votre lettre, que je n'ai « ouverte qu'en arrivant en Angleterre, m'a ap- « pris seulement alors tout ce que je vous devais. « Maintenant que nous sommes quittes ou que u c'est moi qui suis une seconde fois votre obligé, « me permetlrez-vous de vous dire que vous êtes « fou en me parlant de vos remords pour avoir « combattu en lovai serviteur à bord de votre Hrc- « gâte, la frégate sur laquelle je me trouvais! Quel w mal s'il vous plaît y a-t-il à cela? Croyez-vous « que -si notre brave capitaine, à qui Dieu fasse « paix! avait pu vous couler comme vous nous « avez coulés, je m'en fusse beaucoup voulu de « notre victoire sur vous? Pour moi, je ne vois « dans toute votre conduite que deux choses :

« votre enfantillage qui m'a privé du bonheur de « vous embrasser , et la bonne action que vous u avez faite en obtenant de votre noble et gé- « néreux commandant que le père de mon Aspasia « fût rendue à sa fille. Aussi, pour vous punir « de ce dernier trait de barbarie, c'est nja fille elle- « même qui a voulu vous envoyer son portrait, « dût-il redoubler vos tourmens et vos remords... a Adieu, jusqu'à la paix! Aimez-nous comme « nous vous aimons et comme j'aimerai et je res- « pecterai toujours le brave, le digne commandant « de la terrible Sans- Culottes.

« Barnstaple.»

« P. -S. A propos, si cela peut vous intéresser, « je vous apprendrai que l'écorchure qu'une balle K française m'avait faite pour compte de mon « gouvernement, est tout-à.fait guérie, et que l'on « n'a pas été obligé de me couper, par conséquent, u la main avec laquelle je vous écris ces mots en H très mauvais français, comme d'habitude.»

A la lecture de cette lettre que je mouillai de mes larmes, à la vue de ce portrait que je baisai avec transport, je devins comme fou. Je relisais la lettre tout haut, je parlais au portrait tout bas, je revenais du portrait à la lettre sans savoir ce que je faisais ni ce que je disais, et j'ignore combien de temps aurait duré ce manège délirant sans l'arrivée de la mère Plumage, qui, inquiète d'entendre le vacarme que je faisais tout seul, s'avisa de monter dans ma chambre pour connaître la cause de tout ce tapage.

A l'aspect inattendu de la vénérable hôtesse , je dissimulai le mieux possible mon trouble en m'empressant de cacher les objets qui l'avaient excité. Je remarquai que la veuve s'était mise en toilette et s'était parée de ses plus riches atours.

— Et d'où venez-vous ou plutôt où allez-vous ainsi, notre mère? lui demandai-je pour faire diversion.

— Mais je viens, dit-elle, de pousser un bout de

visite aa commandant d'armos do !a marine, me répondit-cllo eu s'assevant.

— Et à quel propos^ repris -je, celle visite d'apparat au commandant d'armes?

— Mais à Ion propos, mon ami, me dit ma bourgeoise. Ecoule-moi bien, poursuivit-elle. Le moment est venu de te faire faire une campagne en qualilé d'aspirant ; et comme le commandant d'armes est une de mes anciennes pratiques d'il y a quinze ans, qui, depuis, a fait sou chemin, en me payant comme de raison ce qu'il me devait légitimement, bien entendu, j'ai élc le trouver sans pins de façon, pour qu'il l'embarquât avec le grade de l'c classe, sur un bon bàlimcul en parlance.

— Mais y pensez-vous, m'écriai-jc, je ne suis, vous le savez bien, qu'aspirant de seconde !

— Oui, sans doute, mais n'est-ce pas de la seconde classe que l'on monte à la première, au rebours de ce qu'on fait on montant les escaliers du premier au second ?

— D'accord, mais après un examen en formes...

— Que la passeras , comme une lettre à la poste, devant une petite commission composée de quelques amis pour la forme, et dans toutes les formes, puisque telle est la loi.

— Mais où prcndrai-je le temps voulu de services que je n'ai pas, pour me présenter à votre prétendu examen pour la forme?]

— Qui l'a dit que tu ne l'avais pas?... Un commis de marine du bureau des classes s'est bien charge, Fuî, sans tant de cérémonies, de te le faire avoir, ce temps de service, en l'embarquant à la minute sur dos bâtimens où les croûtes que tu as mangées aux dépens de l'Etat n'ont pas dû te faire grand mal aux dents, si toute fois tu en avais alors.

' — Mais c'est un faux que vous avez fait commettre à ce malheureux commis de marine^ pour éluder la loi et tromper la bonne foi des examinateur !

— Faux ou non, c'est cependant bien la vérité que je te dis. Et puis, au surplus^ ce commis, s'il a la conscience aussi légère que la plume, c'est lui que ça regarde. Ensuite, quand tu auras été reçu de

première classe, en tout bien, tout honneur, on l'embarquera sur la Ça ira, une frégate commandée par un ancien maître d'équipage, révolutionné capitaine de vaisseau pour le moment, un parvenu, qui n'est pas sorti de chez moi, mais bon homme au fond, à ce qu'on dit dans le petit monde. Au (otal, quand j'ai parlé de toi à mon commandant d'armes, il m'a fait mille éloges du coup de canon que tu avais tiré sur les Anglais, à bord de la Sans- CuloUcs ', et moi je l'ai remercié, en lui disant qu'il était bien honnête, et que tu en tirerais comme ça, tant qu'il voudrait, puisque ça lui plaisait. Mais, à propos, il paraît qu'il était bien beau, ce coup de canon , car , ce n'est pas pour te vanter , mais il a fait assez de bruit dans la ville.

Tout ce qu'était venu m'annoncer ainsi Mme de Plumage, m'arriva comme elle l'avait arrangé dans sa sagesse. Une commission extraordinaire me baptisa aspirant de première classe, avec toute les formalités d'usage ; et en sortant avec honneur démon examen, j'allai prendre possession de mon nouveau

grade à bord de la Ça-Ira, qui m'emporta bientôt à travers les mers, accompagne des vœux et couvert de la bénédiction quasi-maternelle de Texcellente veuve de la rue des Sept-Saints.

La mission que devait remplir noire frégate était ce que les rigoristes auraient pu appeler une mission de Vandales i et notre commandant, cette fois, se trouva à la hauteur de l'expédition pour laquelle ou l'avait choisi. Nous devions brûler et saccager sur notre route tous les bâtiraens que nous rencontrerions, à quelque puissance qu'ils appartinssent, fût-ce môme à la France ; carie point important pour nous était de dérober notre trace sur les mers que nous avions ordre de franchir et d'écumer... Nos instructions furent suivies ponctuellement, et il advint par malheur que le nombre des bàtimens français, que nous dûmes sacrifier pour exécuter la lettre de notre mandat, surpassa de beaucoup celui des navires ennemis que le hasard fit tomber sous nos coups et sous nos torches. Mais, bon Dieu ! quelle prodigieuse différence, trois mois de cam-

pngnc me flonnèront lo cruel loisir (rétablir cfjlfiîte commandant de la Sans-CuhUes et le nouveau capitaine, sous les ordres duquel la prolcclion dé Mme Plumage m'avait jeté! Elevé par le hasard à une fortune au-dessous de laquelle il était resté après son élévation j dur dans ses ordres, grossier dans son langage et petit dans tous ses actes ; trop semblable à ses matelots pour ne pas en être délesté, trop inférieur à ses officiers pour s'en faire obéir, brutal, quand il voulait être familier, et grotesqur, quand il cherchait à devenir digne; disant /'occ^an, l'espècidalion, l'ex-pêrance, ministriel, ïndustériel , pour ministériel et industriel; aussi prétentieux qu'ignorant, et toujours aussi despote qu'il était capricieux et injuste, tel était, en quelques mots, le chef suprême et le maître souverain de la frégate sur laquelle le sort nous avait condamnés à bien servir la patrie.

Notre esclavage. Dieu merci, ne fut pas long, et la destinée qui nous l'avait imposé si lourdement, sembla au moins, par pitié, vouloir l'abréger. En

vingt-deux jours, nous nous rendîmes de Brest à là Guadeloupe. Yingt-qualrc heures nous ayant suffi pour remellre nos dépêches au gouverneur, et déposer à la Basse-Terre les nombreux prisonniers que nous avions entassés en route, nous rèappareillàmes au bout de cette courte relâche pour opérer notre retour en France, brûlant, coulant et anéantissant tout sur noire passage, ainsi que nous l'avions déjà fait dans notre première traversée. Sur les altérageS; un vaisseau de ligne nous voit, nous chasse, nous gagne, et comme ce nouveau venu paraissait plus difficile à détruire que les pauvres diables de bâtimens marchands dont nous avions eu jusque-là si bon marché, notre commandant, en le voyant tomber sur nous, perd la tête, se laisse acculer entre l'île de Groais et la terre. Lorient était là. Nous pouvons et nous voulons entrer dans ce port... Mais au moment de faire la passe, le terrible vaisseau de 74 nous la barre ; et pour éviter le combat inégal qu'il nous présente, nous allons nous je* ter misérablement à la côte, en incendiant, quelques instans après, notre propre navire, afin de l'arra-

cher vivant aux mains des Anglais acharnés à le poursuivre jusqu'au milieu des rochers où nous avons été lui chercher un refuge contre eux.

Telle fut la fin de la frégate la Ça-Ira que la nature toute spéciale de sa campagne de destruction , fit surnommer la BriUeuse par quelques uns et ï Invisible par quelques autres. Le mystère dont on avait voulu envelopper son expédition aux Antilles, exerça longtemps et toujours vainement la sagacité des curieux; et après bien des efforts faits pour pénétrer le motif que cachait la singularité de sa mission, on demeura à peu près convaincu qu'en nous donnant les ordres que nous avions si impitoyablement exécutés , le ministre de la marine s'était beaucoup moins laissé déterminer par une raison plausible , que par un de ces caprices bizarres qui ne lui étaient que trop ordinaires. Ce qu'il y eut de plus réel dans toute cetle élrangc affaire, ce fut l'indemnité de plus de trois millions de francs que le gouvernement se trouva obligé d'accorder aux armateurs français ou ncutreS; dont nous avions coulé

— elles navires pour effacer sur l'Océan la traccde notre passage. En ajoutant à cette somme déjà assez ronde la perte de notre frégate, et en défalquant de ce total pour compensation la valeur des quelques bâtimens ennemis que nous avions réussi à détruire, on aura le résultat qu'offrit la dernière campagne de la malheureuse Ça-Jra.

Un brave homme de matelot que le naufrage volontaire et l'incendie calculé de notre navire avaient consterné et indigné, jugeant probablement à mon air, que j'éprouvais le même sentiment que lui, en présence de la même catastrophe, me donna à la lueur des flammes qui dévoraient notre frégate , un conseil que lui inspirait son affection pour moi et que j'écoutai par bienveillance pour lui. Monsieur, me. dit-il, vous êtes jeune , et la bordée qui doit vous mener un jour aux épauletles de capitaine de vaisssau, est encore longue à courir... Mais voyezvous, c'est pendant qu'il est rouge qu'il faut battre le fer, et puis, c'est aussi quand on a lâté du poil de IL 6

la bête le dimanche, qu'il faut encore en rctàler le lundi. . . Or, savez-vous bien ce que je ferais à voire place, si j'avais l'honneur d''y être dans le moment actuel ?

— Non^ ma foi, répondis-je. Mais que feriezvous à ma place, que je ne trouve déjà pas si belle ?

— Une chose qui n'est pas bien maligne et qui devra pourtant vous porter bonheur. Je m'en irais de suite à Lorient qui n'est qu'à cinq ou six portées de canon d'ici, et comme votre bagage cuit en ce moment dans la cale de notre frégate, ce ne sera pas la lourdeur de votre sac qui vous empêchera d'aller vite en chemin. Une fois rendu là^ comme il y a toujours dans le port susdit des navires prêts à appareiller, je m'embarquerais tout de suite à bord de l'un d'eux, et ma foi après cela je laisserais voguer la galère 3 car, voyez-vous, je me suis toujours laissé dire qu'il n'y avait rien de meilleur quandon s'était brûlé la main à bord d'un navire, que d'aller se la fourrer dans l'eau du large à bord d'un autre. Mais pour que le remède soit bon, il faut, par

— sa —

exemple , le faire de suite et crânement : le lendemain ce n'est plus que de l'onguent niiton-mitaine.

Ge conseil me parut original et je le suivis par fantaisie. Je cours à LorienfJi Un brick de guerre , commandé par un jeune et vaillant officier^ était en partance. J'obtiens la faveur de sauter, encore tout mouillé de mon naufrage, à bord de ce bâtiment tout frais et tout fringant. Nous sortons en esquivant la poursuite des croiseurs anglais trop acharnés à se disputer les débris fumans de la pauvre Çaïra, pour songer à nous chasser en abandonnant leur proie. Le soir de notre départ, nous rencontrons un grand trois-mâls ennemi, armé en guerre et en marchandises. Un abordage habilement exécuté par nous et courageusement accepté par lui , nous en rend maîtres à la suite d'une demi-heure d'engagement à brûle pourpoint. Notre capitaine me donne le commandement de la prise que j'ai contribué à faire amener; et sous l'escorte du brick victorieux, je parviens, en deux jours déroute, à conduire notre belle capture dans le port de Brest où l'on avait

à peine eu le temps d'apprendre la perte de la frégate que j'avais si soudainement et si heureusement quittée à son lit de mort , pour aller tenter et brusquer la fortune sous le pavillon d'un autre bâtiment de la République.

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