‹ Pelaio, roman maritimeChapitre 9 sur 14 · L HISTOIRE DUNE PAUVRE FILLE · texte numérisé non relu

L HISTOIRE DUNE PAUVRE FILLE

Tu sais, me dit Angélique avec tristesse, ce jour où, forcée de figurer comme déesse de la Raison, dans la fête qu'avait préparée mon père, }c te vis partir pour Brest, et me quitter sans avoir pu me

faire les adieux. Eh bien, c'est de ce jour que dalc, je ne dirai pas mon malheur, mais l'espèce d'esclavage que je subis aujourd'hui. M. Trancheveau, qui n'était alors que sous-lieutenant dans un détachement en garnison à Saint-Servan, me vit sur le char dans lequel on me traînait malgré moi, au milieu de la cérémonie. J'eus le hasard de lui plaire, et comme il connaissait un peu mon père,, il lui fut facile de me faire la cour. Ses intentions étaient honnêtes et ses manières polies. Je n'éprouvai pas cependant pour lui d'abord ce qu'on peut appeler de l'amour, ou même de l'affection, mais comme je n'avais rien, et qu'il pouvait m'offrir un sort plus heureux que celui que j'avais à la maison, je consentis à ce qu'il me demandât en mariage. Mou pauvre père, qui a toujours eu un peu d'orgueil, sans trop savoir pourquoi, et qui venait d'être nommé capitaine des gardes-côtes, répondit à la demande de mon prétendu, que sa proposition ne pouvait qu'être très flatteuse pour lui et pour moi, mais qu'il n'accorderait ma main qu'à un gendre qui aurait au moins obtenu le grade auquel il était

parvenu lui-même. — Ah! ce sont des épaulettos de capitaine,, dit alors Trancheveau, qu'il faut à votre demoiselle... Eh bien! puisqu'il en est ainsi, que votre fille se donne la peine d'attendre quelques mois^ et nous vous répondons de lui rapporter ce que vous désirez pour cadeau de noces et pour la conclusion du mariage.

Mon père, enchanté de la persistance du souslieutenant, lui promit que, pendant qu'il irait chercher de l'avancement à l'armée, il lui conserverait ma main. Trancheveau demanda et obtint la faveur de passer dans la septième demi-brigade qui allait entrer en campagne. Je le vis s'éloigner, sans beaucoup de peine, mais non pas sans être un peu touchée de l'attachement qu'il me montrait, et des dangers qu'il allait courir pour moi. Au bout de^aelques années, pendant lesquelles il n'a jamais manqué de nous donner de ses nouvelles, il est revenu en France, et aussitôt que son corps a été appelé à Rennes pour y être caserne, il a sollicité un v^jUvil. 9

congé pour venir sommer mon père de remplir ses cngagemens. Mon futur élait devenu, depuis notre séparation, capitaine de grenadiers, et lorsqu'il s'est présenté à moi sous l'uniforme du grade que lui avait pour ainsi dire imposé le père Crochard, il n'y a plus eu moyen de reculer, et alors...

— Et alors, ajoutaije, tu es devenue Mme Trancheveau !

— Hélas! oui. Mais, que veux-tu? reprit Angélique, ma position à la maison était devenue si insupportable! Mon père, avec celte maudite politique qui avait fini par lui tourner tout-à-fait la tête et lui barbouiller toutes les idées, m'avait rendue la fable du pays, après s'être fait ridiculiser et haïr lui-même de tout le monde. Je n'y pouvais plus tenir, et entre me mettre la corde au cou, ou accepter lo premier mari venu, il n'y avait pas, je crois, à balancer : j'ai donc pris le mari qui s'est présenté, comme quelqu'un qui se noie altrappe la première branche qui lui tombe sous la main, et sans l'excès-

sivc jalousie du capitaine et la susceptibilité, quelquefois insoutenable de son caractère, je n^aurais pas trop sujet de me plaindre du parti que j'ai été, en quelque sorte, forcée de prendre.

— Ah ! le capitaine est donc jaloux ?

— Gomme un tigre^ mon ami, comme un tigre, ou pour mieux dire, comme un fou perdu, c'est-àdire sans rime ni raison... C'est au point que, s'il se pouvait douter que tu es ici , il serait de force à quitter son bataillon en pleine revue pour venir...

— Te battre peut-être, ou me jeter tout au moins par la croisée?

— Non pas, car garde-toi bien de te 6gurer que ce soit un brutal j au contraire, c'est ce qu'on peut appeler un jaloux à froid, rempli de politesse forcée, surtout quand il enrage intérieurement, et qu'un autre que lui serait ouvertement transporté de fureur. Mais, à ça près de ce vilain défaut, dont jamais il ne se corrigera, malheureusement pour lui et pour moi, c'est bien le plus galant homme que je connaisse, et un bel homme, n'est-ce pas? Tiens,

le vois-tu, là bas... à la tête de sa compagnie^ rae dit Angélique, en me montrant, à travers les vitres de sa croisée, la septième demi-brigade rangée en bataille sur le quartier que l'on découvrait de toute son étendue, du deuxième étage où'nous étions placés. Dirait-on, ajouta Mme Tranchevcau, qu'il a quarante-cinq ans passés!... Vois donc quelle tenue il vous a, avec ses grandes guêtres blanches et son hausse-col de service, brillant comme un diamant au soleil.

La satisfaction conjugale qu'éprouvait Angélique en me faisant admirer la beauté martiale de son époux, fut soudainement troublée pnr un long roulement de tambour, qui s'étendit sur le front de toute la demi-brigade.

« — Tiens, déjà le roulement! dit la femme militaire... Est-ce qu'ils vont défiler ou simplement rompre les rangs!... En causant avec toi, j'ai oublié de suivre les mouvemens de la revue! Mais dans le doute, vois-tu , le plus prudent, mon ami.

c'est de t'en aller , car s'il te rencontrait ici et qu'il me demandât le motif de ta présence chez lui...

— Eh bien, tu répondrais, lui répliquai-je, à l'injustice de ses soupçons par la vérité des faits. Tu lui dirais que c'est ton ami d'enfance que lu as retrouvé à Brest, et qui est venu tout uniment te rendre visite comme à une sœur ou à une cousine....

— Ah! oui, comme il se contenterait de cela ! Tu crois donc, toi, que la jalousie raisonne mathématiquement? On voit assez que tu ne sais pas encore ce que c'est! Mais que Dieu te préserve longtemps de ce vilain mal. Ah ça, écoule, Pélaïo, avant de nous quitter, pensons au moyen de nous revoir. Quand j'entreverrai un moment favorable pour cela, je te préviendrai en l'écrivant, comme je l'ai déjà fait après avoir découvert ton adresse. Mais surtout de la prudence , n'est-ce pas, mon ami ? Adieu , adieu ! porte-toi toujours bien, pense à moi le plus que tu pourras , et ne perds pas un

instant ; je crois déjà entendre mon jaloux qui nous arrive au pas accéléré sur le dos...

Je remportai de cette entrevue avec Angélique une de ces impressions pénibles qui viennent si souvent dans la vie faner la pureté de nos plus innocens souvenirs de jeunesse. A dix ou douze ans, une petite fille n'a ni bon ni mauvais ton : elle est alors ce que la nature l'a faite , et je me rappelais combien à cet âge Angélique était gentille, douce et naïve. A vingt ans une jeune femme n'est plus que ce que la société au milieu de laquelle elle a vécu a fait d'elle ; et le changement qui me paraissait s'être opéré dans les manières de mon amie d'enfance m'avait désagréablement frappé. Timide, docile et affectueuse autrefois, elle me semblait avoir acquis une hardiesse de langage et un air de familiarité qui sentaient pour ainsi dire la garnison. Le genre d'éducation qu'avait reçu la pauvre orpheline ne devait guère me faire espérer de rencontrer en elle cette élégance de formes et de maintien que Ton ne trouve que chez les per-

sonnes bien élevées. Mais la manière dont la Olle du commandaiit Crochard s'était exprimée avec moi sur le compte de son père m'avait donné à penser qu'une jeune femme qui eût eu le simple sentiment de ses devoirs, aurait fort bien pu, sans avoir été formée aux habitudes du grand monde, s'imposer plus de décence et de réserve en pariant de l'auleur de ses jours , quelque peu respectable qu'il dût être à mes yeux. Cette remarque si naturelle m'inspira un tel sentiment de froideur pour Mme Trancheveau, que je résolus de ne faire, de mon côté, aucune tentative pour hâter une seconde entrevue avec elle; et , satisfait d'avoir rempli, à son égard, ce que je regardais comme un devoir d'amitié et de convenance , j'attendis fort patiemment le moment où elle jugerait à propos de m'engagera renouveler ma visite.

Sept à huit jours se passèrent sans que j'entendisse parler d'Angélique, et sans que je cherchasse à savoir ce qu'elle pouvait être devenue. Mais, au bout de ce temps de silence et presque d'oubli.

je reçus d'elle, par une très jeune messagère qu'elle avait clé probablement choisir dans les toutes petites filles de son voisinage, une dépêche qui, à mon grand étonnement ^ enveloppait une clé. La dépêche, outre la clé à laquelle elle servait d'enveloppe, contenait ces mots :

t( Cher ami,

J'ai à l'annoncer une fâcheuse nouvelle : notre « demi-brigade part dans deux jours pour un camp « que l'on va former aux environs de Brest. Mon « mari m'amène avec lui, comme de juste, et à « peine avons-nous eu le temps de nous revoir, « qu'il faut de suite se quilter.... Pour te don- « ner le moyen de venir me dire adieu,, je t'envoie, « dans la présente, une clé qu'une de mes voisines « a par bonheur retrouvée, el qui ouvre la cham- « bre dans laquelle mon mari m'enferme quand il « sort. Viens aujourd'hui à l'heure do l'exercice, « de deux heures à quatre, consoler un peu la « pauvre prisonnière , qui a bien besoin de revoir

« quelqu'un qui l'aime pour oublier un moment « l'esclavage qu'un jaloux ne craint pas de lui « faire supporter... Grand Dieu! si j'avais pu pré- « voir ce que c'est que le mariage avec un tyran « domestique, comme j'aurais avec plaisir préféré u la triste vie que je menais à Saint-Servan auprès « de mon père, à l'honneur d'être l'infortunée

« femme Tracheveau .

« P. S. N'oublie pas, en montant les escaliers, « de regarder derrière toi si quelqu'un te suit , et « tâche, en ouvrant la porte de ma prison, de faire « le moins que tu pourras crier la serrure. »

La teneur de cette missive et la possession de la clé qu'elle venait de faire tomber entre mes mains, me jetèrent dans la plus vive perplexité. Courir, me dis-je, tous les risques attaclics à une aventure galante, sans pouvoir prétendre à recueillir le fruit de ma témérité, ne serait-ce pas commettre la folie la plus impardonnable/ Et pour quel motif.

mcdcmandai-jc, irais-je braver la colère d'un mari jaloux, quand je n'ai et ne puis avoir avec Angélique que desimpies et innocens rapports d'amitié? Oh! décidément, il faudrait, continuai-je en me raisonnant, que j'eusse tout-à-fait perdu la tête pour consentir à devenir, à mes risques et périls, le benêt chevalier de la beauté, dans laquelle je n'ai vu ici qu'une sœur ou une intéressante et chaste compagne d'enfance. Non, bien définitivement non, au lieu de ceindre l'épée et de revêtir la cuirasse pour voler au rendez-vous qu'elle vient de me donner, je vais très pacifiquement prendre la plume et choisir une belle feuille de papier pour lui répondre que des affaires importantes et inattendues sont venues tout-à-coup me priver du plaisir d'aller lui faire mes adieux... Mes adieux ! répétai-je, en finissant de prononcer ce mot, oui, ce sont bien des adieux que j'avais à lui faire, puisqu'elle m'annonce qu'elle doit partir, me quitter, et qui sait? peutêtre pour ne plus nous revoir jamais... Pauvre fille! sacrifiée si jeune à la nécessité de vivre d'une manière quelconque, que dira-t-elle, que pensera-

t-clle surtout de moi en recevant ma lettre ? Qu'une vaine et ridicule fièretc m'éloigne d'elle?... ; peutêtre même, ce qui serait pis encore, que la crainte que m'inspire une rencontre possible avec son tyran conjugal, a glacé dans mon cœur le sentiment de notre ancienne et mutuelle affection? Oh ! non, non, je ne puis pas, je ne dois pas la laisser partir avec ce vilain soupçon là; et puisque, dans l'embarras où je me trouve placé, l'amour-propre doit l'emporter sur la prudence, il ne sera pas dit qu'une sotte appréhension m'aura fait reculer timidement devant les devoirs d'une amitié que je suis encore fier et heureux de pouvoir avouer.

J'étais, en dernière analyse, dans ces dispositions d'esprit toutes favorables, comme on le voit, au parti du rendez-vous, lorsque Mme Plumage, qui avait un peu deviné ma préoccupation, sans en connaître l'objet, vint interrompre le cours de mes réflexions pour reprendre avec moi, dans un moment qu'elle avait jugé opportun, le cours de morale qu'elle professait depuis quelque temps à

mon usage spécial. — Mon garçon, me dit la veuve, je t'ai toujours dit et redit, sans vouloir te faire payer, Dieu merci, mes conseils, que tout cela finirait mal.

— Et qu'entendez-vous encore, répliquai-je, un peu impatienté, avec ce tout cela qui, selon vous, doit finir si mal?

— J'entends par mon tout cela, puisque tu veux le savoir, me répondit la veuve, je ne sais pas trop quoi... Mais ce que je veux te faire comprendre pour la centième fois peut-être, car avec ses amis on ne compte pas, c'est que, depuis que tu t'es mis à jouer la comédie et à fréquenter les comédiennes, ta conduite a changé de bien en mal, et ton caractère de beau en laid.

Or, pour l'intelligence du texte que brodait ainsi mon hôtesse, au profit de mon perfectionnement moral, il est nécessaire d'apprendre que, depuis le jour où la pauvre femme avait su mes débuts et ma chute au petit théâtre du Lycée, elle avait trouvé moyen de fonder tous les reproches que sa sollici-

tade croyait devoir m'cuiresser, sur Timprudcnce que j'avais eue de jouer la coraédie. La comédie enfin était devenue pour elle la raison suffisante de toutes les iniquités du siècle et des petites variations qu'elle s'était figuré avoir remarquées dans mes habitudes et mes allures.

— Et quand il serait vrai, repris-je, pour répondre aux remontrances de ma sermoneuse, que j'eusse joué, comme toute la ville, la comédie de société, croyez-vous que ce fût là un crime irrémissible, dont on dut me rompre la tête du matin au soir!

— Non, sans doute, ce n'est pas un crime pour des gens qui en font leur état, mais pour toi qui as autre chose à faire, c'est un grand tort. J'ai même été, je te l'avouerai, quand j'ai appris la nouvelle, trouver ton contre-amiral pour le prier de t'empêcher de recommencer tes farces, s'il t'en prenait encore fantaisie, et il m'a bien promis que tu n'y reviendrais plus. Mais quoique ce ne soit pas là un amusement décent pour un officier de marine, il y a encore quelque chose de plus mauvais, selon

moi , que de jouer la comédie devant loul le monde.

— Bah! vous croyez ? la mère Plumage?... Et quelle est donc celte chose plus horrible que le plus épouvantable des forfaits connus jusqu'à ce jour?

— C'est de jouer autre chose que la comédie, avec des comédiennes, la peste des jeunes gens et la perdition de tous les imbéciles qui ont encore une réputation à perdre et leur saint-frusquin à risquer.

— Et qui vous a dit que jamais, j'eusse..?

— Taisez-vous, bouche menteuse, taisez-vous! Croyez-vous donc que l'on ne sache pas les leçons de tragédie que vous prenez avec la Triboudot , cette pécore qui mange son vieux commandant do place à dîner; en attendant qu'elle vous croque au dessert?.. Et la preuve que l'on sait aussi bien que vous, ce que vous croyez cacher à tout le monde, c'est que ce matin môme vous avez reçu de votre grande marchnndc patenlée de simagrqes à quarante sous par place, une lettre de mentories avec la clé

qui ouvre la porte de sou attrape-niais et de son picge à sots-pigeons.

— Oui , repli quai-je avec un peu de dépit et en me contenant , oui, c'est juste et je suis forcé de rendre hommage à votre pénétration et à votre indiscrète curiosité. Mais pour qu'une autre fois vous appreniez à mieux choisir votre temps pour me donner les avis que vous voudrez m'engager à suivre, je vous déclare aujourd'hui, mère Plumage, que je vais de ce pas et à la minute même , au rendez-vous que l'on m'assigne dans ce billet, et essayer la clé qu'il renfermait...

Il est des instans où les plus sages conseils ont un effet précisément opposé à l'intention qui les a dictés , et cela dépend de la manière de les donner et du temps que l'on choisit pour les faire entendre. Mme Plumage en voulant me ramener, m'irrita, et je la quittai pour aller me rendre chez MmeTranchevcau , bien moins poussé par le désir de complaire à celle-ci, que par la folle résolution de faire enrager celle-là.

Pour me conformer de point en point aux instructions que m'avait données Angélique, j'eus soin avant de pénétrer dans le domicile conjugal du capitaine, de m'assurer de sa présence sur le quartier de la marine; et je le vis faisant faire le maniement de l'arme à ses grenadiers. La rue en ce moment était déserte ; certain de n'être remarqué par aucun voisin, j'escaladai à pas légers les deux étages au haut desquels se trouvait la porte que je devais ouvrir avec la précieuse clé dont, pour la première fois, j'allais faire usage.

Tout se passa jusque là au gré de mes désirs. La porte s'ouvrit sous ma main tremblante. Angélique accourant au bruit que j'avais fait pour arriver jusqu'à elle, m'accueillit comme un libérateur.

— Ah te voilà, mon ami ? me dit-elle en m'embrassant. Que je suis contente de te voir ! Mais conçois-lu les ruses que nous sommes réduits à employer pour ne faire rien de mal ? Deux amans en vérité, ne s'y prendraient pas autrement pour tromper un mari ombrageux et jaloux.

— 11 a donc l'habitude de te mcUre sous clé, ton confiant époux , toutes les fois qu'il s'absente ? demandai-je à ma prisonnière.

— Hélas oui , me répondit la victin>e. Et il dit à ses camarades et aux autres dames de la demi-brigade , que c'est moi qui le prie de me renfermer pour ne pas avoir peur quand il mo laisse seule. Enfin imagine-loi qu'il pousse la folie jusqu'à solliciter la place de capitaine trésorier, afin, j'en suis bien sûre, d'avoir à sa perle une sentinelle à la surveillance de laquelle il me signalera quand il sera forcé de sortir seul.

— Oh ! c'est inouï, m'écriai-je ; il n'y a pas d'exemple d'une défiance pareille , et il faut bien certainement que quelque irréprochable que soit d'ailleurs ta conduite, un peu de légèreté naturelle à ton âge, ait donné lieu à d'aussi tyranniques précautions !

— Ah 1 tu te figures donc que la jalousie a besoin d'un prétexte pour tourmenter un homme comme

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