‹ Pêle-mêleChapitre 45 sur 54 · MON BOUQUET · texte numérisé non relu

MON BOUQUET

Je possède un bouquet de pauvr es pleurs fanées,

Que je garde, jaloux, comme on garde un trésor ; Car dans ce cher débris je crois trouver encor Le parfum de la main qui me les a données.

Et quand mon souvenir remonte en son essor De mes jours de bonheur les rives fortunées,

Sur ces roses, que seul le temps a profanées,

Un doux rayon d’amour sème des reflets dor.

Pauvres fleurs ! . . . bien souvent, inutiles rosées,

Les larmes de mes yeux vous auront arrosées,

Sans rien vous rendre, hélas ! de votre éclat vermeil.

N’importe , je vous aime, ô reliques bénies !

Restez là sur mon cœur ; et mes lèvres ternies Vous presseront encor dans mon de7'nier sommeil !

A Mlle CHAUVEAU

A quoi donc rêvent-ils, vos beaux yeux andalous, Quand, voilant à demi sa lueur incertaine,

Votre regard s’en va se perdre loin de nous.

Comme s’il contemplait quelque image lointaine ?

Quand vous semblés, chasser toute pensée humaine Et que, sur le clavier au son plaintif et doux.

Sans but, las et distrait, votre doigt se promène,

Jeune fille rêveuse, à quoi donc songez-vous ?

Oh ! sans doute qu’ alors votre âme ouvre ses ailes,

Et s’en va retrouver, dans des sphères nouvelles.

Ceux que le ciel emporte, hclas ! et ne rend pas !

Nous vivons dans un monde où presque tout s’oublie ; Mais il reste toujours quelque chaînon qui lie.

Les anges de là-haut aux anges d’ici -bas !

A Mme JEHIN-PRUME

Aux frais bourdonnements des abeilles dorées,

Aux chants du rossignol se prolongeant sur Peau, Aux confuses rumeurs des limpides soirées ,

Aux duos amoureux de Vonde et du roseau,

A l’orchestre enivrant des brises éplorées Qui bercent des forêts P harmonieux réseau,

N’as-tu pas dérobé ces notes inspirées

Qui vibrent, Rosita, dans ton gosier d’oiseau 1

Mais non, ô douce artiste ! S belle charmeresse !

Des sons les plus divins la troupe enchanteresse Devant tes fiers accents a pâli mille fois ;

Car, vois-tu, quand la foule à ton chant suspendue, Frémit d’enthousiasme et t'acclame, éperdue,

C’est un ange du ciel qui cjicwte par ta voix !

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