‹ Pêle-mêleChapitre 46 sur 54 · A MON FRÈRE ACHILLE · texte numérisé non relu

A MON FRÈRE ACHILLE

Frère , tu veux causer ; tu veux que je rassemble Mes souvenirs ; tu veux , me tenant par la main, Comme un vieillard penché sur son bâton qui tremble. Des jours qui ne sont plus remonter le chemin.

TL fut bien rude, hélas ! ce long passé qui semble Pourtant si court, plus tard, au pauvre cœur humain ! Nous n'avons pas fléchi, car nous étions ensemble ; Nous le sommes encor : le serons-nous demain ?

C’est l'avenir, vois-tu, qui frappe à notre porte ; Laissons le passé fuir avec ce qu'il emporte ;

Oublions s'il fut triste ou s'il fut caressant ;

Et, pour braver le sort et ses coups arbitraires,

Rendons grâces au ciel qui nous fit deux fois frères : L'une par la pensée et l'autre par le sang !

A Mme OSCAR DUNN

Cousine, j’aime à voir sourire vos dents blanches ;

J’aime entendre éclater votre rire mutin :

Jamais son plus joyeux, timbre plus argentin,

N’ont encor résonné sur des lèvres plus franches.

On dirait un oiseau lançant, de branche en branches.

Dans F éther du ciel pur son hymne du matin . . .

Ah ! c’est que le bonheur que vous fit le destin

Luit dans vos grands yeux bleus, bleus conime les pervenches.

Le bonheur ! le bonheur ! 6 trésor précieux Que notre sphère envie à la splendeur des cieux !

Rose du paradis que tout homme a rêvée !

Mot de l’immense énigme où le cœur se confond !

Mot qui pour l’âme humaine est un gouffre profond ! Bonheur ! perle sans prix que vous avez trouvée!

Page 1