A MON FRÈRE ACHILLE
Frère , tu veux causer ; tu veux que je rassemble Mes souvenirs ; tu veux , me tenant par la main, Comme un vieillard penché sur son bâton qui tremble. Des jours qui ne sont plus remonter le chemin.
TL fut bien rude, hélas ! ce long passé qui semble Pourtant si court, plus tard, au pauvre cœur humain ! Nous n'avons pas fléchi, car nous étions ensemble ; Nous le sommes encor : le serons-nous demain ?
C’est l'avenir, vois-tu, qui frappe à notre porte ; Laissons le passé fuir avec ce qu'il emporte ;
Oublions s'il fut triste ou s'il fut caressant ;
Et, pour braver le sort et ses coups arbitraires,
Rendons grâces au ciel qui nous fit deux fois frères : L'une par la pensée et l'autre par le sang !
A Mme OSCAR DUNN
Cousine, j’aime à voir sourire vos dents blanches ;
J’aime entendre éclater votre rire mutin :
Jamais son plus joyeux, timbre plus argentin,
N’ont encor résonné sur des lèvres plus franches.
On dirait un oiseau lançant, de branche en branches.
Dans F éther du ciel pur son hymne du matin . . .
Ah ! c’est que le bonheur que vous fit le destin
Luit dans vos grands yeux bleus, bleus conime les pervenches.
Le bonheur ! le bonheur ! 6 trésor précieux Que notre sphère envie à la splendeur des cieux !
Rose du paradis que tout homme a rêvée !
Mot de l’immense énigme où le cœur se confond !
Mot qui pour l’âme humaine est un gouffre profond ! Bonheur ! perle sans prix que vous avez trouvée!