‹ Pélerinage d'une âme;Chapitre 6 sur 35 · LONDRES · texte numérisé non relu

LONDRES

C'ETAIT l'époque où John Henry Newman et d'autres anglicans de distinction avaient abandonné leur église pour s'attacher à celle de Rome, et les champions du romanisme en France en avaient conclu que l'Angleterre était mûre pour la papauté. Nous tenions de fréquents meetings et à chacun d'eux croissaient notre enthousiasme et notre zèle pour ce grand objet. Libre alors de mes mouvements, profondément impressionné par la brillante perspective qui s'annonçait dans l'île des Saints pour la foi romaine, je résolus de me donner tout entier à cette œuvre de conversion, de consacrer tous mes moyens et tous mes efforts à une entreprise dont le succès semblait devoir contribuer si magnifiquement à la gloire et au pouvoir du saint siège !

Mes amis donnèrent à cette résolution leur approbation cordiale et chacun tint à m'exprimer son intérêt d'une façon tangible. Rarement missionaire emporta avec lui au théâtre de ses travaux pareil nombre et pareil choix de livres d'orne-

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ments et de vases sacrés. Un souvenir qui me toucha particulièrement fut celui que m'apporta, le soir avant mon départ, mon ami, l'abbé Gounod. Abbé, il ne l'était plus; il venait de renoncer au ministère ecclésiastique pour se dévouer tout entier à cet art musical où il devait atteindre un si haut degré d'excellence. N'étant point encore dans les ordres, il n'avait comme abbé que son surplis et sa barrette ; il me les remit avec une émotion causée par les conditions particulières où nous nous trouvions alors, l'un et l'autre, et que je n'oublierai jamais.

Arrivé à Londres, je me présentai sans délai au cardinal Wiseman et me mis à sa disposition pour tel ou tel service auquel il jugerait convenable de m' employer. Comme je ne pouvais pas encore discourir en Anglais, il fut convenu que je prêcherais, selon l'occasion, ou dans l'église française de Londres ou même dans telle église anglicane où je serais invité à la faire, qu'en tout cas le dimanche matin je célébrerais à Woolwich la messe militaire pour les soldats catholiques de la garnison. Quand je fus assez maître de l'Anglais pour pouvoir m'exprimer correctement dans cette langue, son Eminence me confia la charge de la mission catholique récemment établie à Cantorbéry. C'est là que je prêchai mes premiers sermons anglais. Durant mon séjour dans cette

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ville un incident se produisit, qui est toujours dans ma mémoire. Je demeurais chez la dame qui avait fondé la mission dont j'étais chargé; elle avait pour voisines deux dames d'une éducation supérieure, nièces de Walter Scott. Quoique protestantes, ces dames passaient fréquemment leur soirée chez mon hôtesse et semblaient prendre un vif intérêt à l'objet de ma mission en Angleterre. Un jour elles m'invitèrent à les accompagner dans une visite à la célèbre église métropolitaine de la Grande Bretagne. J'acceptai. Arrivésfà un certain lieu du Sanctuaire, " c'est ici," me dit l'une d'elles, en me montrant une place devant moi, "c'est ici que Thomas à Becket a été mis à mort." Or, pour moi, Thomas à Becket était un illustre martyr, St. Thomas de Cantorbéry, et, obéissant à un sentiment de respect, je tombai à genoux instinctivement à la place indiquée. Quand je me relevai, après quelques instants d'une prière silencieuse, je trouvai mes compagnes étrangement impressionnées par cet acte si simple et si spontané. Il les émut même plus profondément que je ne l'imaginais alors, et j'en ai une preuve dans ce fait que quelques années plus tard, toutes les deux devinreut membres de la communion romaine.

De Cantorbéry je fus envoyé à Kingston, sur la Thamise, où je fus chargé des services dans la

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belle église construite dans cette ville par un juif converti. (C'est l'église où eut lieu, il y a quelque temps, le mariage de la princesse Hélène d'Orléans avec le duc d'Aost.) Kingston est à une courte distance de Claremont, la résidence royale que la reine d'Angleterre mit à la disposition du roi détrôné de France, Louis Philippe. J'eus l'honneur d'y visiter, par invitation spéciale, la noble reine Marie Amélie. J'étais un peu connu d'elle. Alors que j'étais précepteur du jeune comte de Cossé-Brissac, à Paris, un des vicaires de la Madeleine était précepteur du comte de Paris. Précepteurs et élèves se rencontraient quelquefois au Jardin des Tuileries, aux heures de récréation. Encouragé par l'abbé G., j'avais eu recours en plusieurs rencontres à la générosité bien connue de sa Majesté en faveur de personnes dans le besoin et toujours avec succès. C'est pourquoi je ne fus qu'à moitié surpris de recevoir de sa Majesté pour la fête de l'Assomption, alors que j'officiais à Kingston, de magnifiques ornements sacerdotaux. Je fus aussi invité par elle à assister à la première communion à Londres de son royal petitfils, le comte de Paris.

Je quittai Kingston pour aller fonder une mission catholique à Chichester. Il n'y avait point de chapelle pour nous dans cette ville et nos services avaient lieu dans le salon d'un catholique zélé, ami

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du cardinal. C'est de cette humble façon que commença l'œuvre missionnaire dans cette ancienne cité.

Comme ces nouvelles missions ne réclamaient ma présence que le dimanche et un ou deux jours de chaque semaine, je pouvais employer mon temps à Londres en œuvres se rapportant plus on moins directement à mon premier objet. L'une des principales et des plus attrayantes fut un cours de cinquante conférences sur l'histoire de l'église que je donnai dans la maison de Lord Granville. Lady Granville était catholique et elle espérait par ce moyen attirer ou attacher davantage à la cause de Rome les personnes les plus influentes de la Capitale. A cet effet, se réunissaient deux fois par semaine dans ses magnifiques salons les personnes les plus distinguées de l'aristocratie anglaise. Je me rappelle entre autres la duchesse de d' Alberg, mère de Lady Granville, sa belle-sœur, lady Georgina Fullerton, protestante, qui devint romaniste, la comtesse Gray, etc., etc.

Une chapelle où j'aimais à aller me recueillir de temps à autre était celle des Oratoriens. Ces religieux, avant leur conversion au romanisme, avaient tous été des ecclésiastiques anglicans, avaient fait leurs études classiques et cléricales à Oxford et avaient une réputation plus qu'ordinaire de science et de piété. L'église de Rome avait de

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bonnes raisons de se montrer fière de telles recrues et réalisait pleinement les avantages qu'elle pouvait en tirer en faveur de sa propagande. Le plus célèbre était le père, ensuite cardinal Newman. Le père Faber et le père Dahlgrens que je connaissais particulièrement et avec qui j'eus de fréquents rapports étaient aussi des hommes remarquables. Le père Newman avait été placé à la tête de l'établissement et était grandement estimé comme prêtre et comme prédicateur. J'ai sujet de croire qu'en ceci il n'était pas toujours au niveau de sa réputation. On avait annoncé que le jeudi saint il prêcherait sur l'eucharistie. L'église ne pouvait contenir la foule venue pour T'entendre à cette occasion. Le cardinal Wiseman se trouvait là avec son secrétaire ; mais au lieu d'occuper son trône, il avait pris place sur la première rangée des sièges afin de pouvoir mieux entendre et mieux voir l'orateur. Chacun s'attendait a un grand discours, en rapport avec lasolemnité du sujet annoncé. Je fus pour ma part plus que désappointé ; le prédicateur donnant une description des circonstances concernant la dernière scène, s'inspira non des Evangiles mais des révélations de Sainte Brigite. Il décrivit de la façon la plus sérieuse la forme de la table, la forme et la position des plats et des vases, indiqua la place qu'occupait chacun des disciples, donna tous ces détails avec l'assurance

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de quelqu'un qui raconterait des faits historiques. Je ne crois pas qu'on eût pu trouver en France un prédicateur sérieux, et respectant ses auditeurs, capable de leur donner une instruction pareille. Jusqu'alors l'Angleterre avait été considérée par l'église latine comme un pays de mission et, comme cela a lieu dans tous les pays ayant ce caractère, l'autorité romaine y était représentée, non par des évêques, mais par des vicaires apostoliques qui, à cette époque, s'y trouvaient au nombre de quatre. En Tannée 1850, Pie IX, s'imaginant, d'après les rapports qui lui étaient faits, que l'île des Saints était prête à revenir au romanisme, divisa tout le pays en provinces catholiques, plaçant un évêque à la tête de chacune d'elles. Un acte aussi hardi de la part d'un prélat étranger, excita l'indignation du peuple anglais et provoqua une opposition violente et générale. Chaque soir les rues de Londres étaient parcourues par de longues et bruyantes processions, où le pape était porté en effigie et soumis à des outrages de toute sorte. Je souffrais, plus que je ne peux le dire, d'insultes qui me semblaient blasphématoires envers le chef de notre sainte religion, l'Auguste vicaire de Jésus-Christ, et je crus devoir protester/ si insignifiante que pût être ma protestation. En conséquence je publiai successivement deux traités en faveur de la papauté, intitulés : le premier " Le Pape et les Saintes Ecritures," le

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second "Le Pape et l'Eglise Primitive," espérant que quelques protestants les liraient et reconnaîtraient la justice des raisons qui avaient motivé le grand acte accompli par sa sainteté Pie IX.

Ces publications attirèrent l'attention plus que je n'osais l'espérer. La presse catholique les accueillit comme répondant aux besoins du temps, comme des arguments logiques et décisifs en faveur de la papauté. The Catholic Standard en donna de longs extraits dans ses colonnes ; The Catholic World termina son appréciation des deux brochures par ces paroles: "Les preuves sont nombreuses et convaincantes : The proofs are numerous and overwhelming. Pour les réfuter il faudrait des têtes autrement fortes que celles du chevaleresque Cummings et du redoutable Hugh McNeil." Le Révérend Père Brownbill, supérieur de la maison des Jésuites de Londres, m'écrivit après réception de la seconde publication : uj beg to offer yoîi my many and sincère thanks for the pamphlet I hâve had the pleasure of recciving from you to-day. Je l'ai lu avec grande satisfaction. J'espère que beaucoup feront comme moi. Il est particulièrement propre à instruire et à éclairer ceux qui ont des idées si erronées du sujet qu'il traite."

Mais plus que toute autre opinion j'appréciai celle qu'exprime la lettre suivante :

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" J'ai reçu avec un véritable plaisir vos brochures et vos deux lettres, mon cher abbé ; je vous en remercie de tout cœur. Dieu vous a donc fait apôtre de l'Angleterre. Continuez à répandre la bonne nouvelle. J'admire que vous ayez appris si vite à parler et à écrire l'anglais comme vous le faites. Votre souvenir me demeure gravé au fond du cœur, soyez en sûr. Au revoir donc, quand il plaira au Seigneur. Croyez à mon bien tendre attachement.

" de Ravignan, S. J.

" Paris, 2ï Février 1841."

Les journaux protestants, dont ces publications avaient aussi éveillé l'attention, les jugèrent différemment, cela va sans dire. L'un d'eux, The Bells Weekly Messenger, publia une série d'articles dans lesquels les textes scripturaires et les faits historiques étaient l'objet d'une critique sévère. L'auteur de ces articles, Mr. Charles Hastings Collette, une des gloires d'Oxford, homme profondément versé dans la connaissance des écrits des Pères et de l'histoire des premiers siècles chrétiens, m'annonça ce qu'il se proposait de faire, dans une lettre polie où, rendant pleine justice à ma sincérité, il s'engageait à montrer clairement que la plupart des faits sur lesquels reposait mon argumentation étaient altérés ou faux. Sûr de n'avoir rien avancé

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qui ne fut conforme à l'enseignement des historiens catholiques les plus estimés, agissant d'ailleurs sous cette impression commune des catholiques, qu'il n'y a pas d'honnêteté à attendre de la part des protestants dans la controverse religieuse, je ne crus pas devoir répondre à cette lettre pourtant fort polie. Mais mon silence ne découragea point Mr. Collette ; dans l'espace de quelques jours je reçus de lui quatre autres lettres, qui toutes demeurèrent sans réponse.

Un matin j'entendis frapper à la porte de la maison où je demeurais, et comme la servante était absente, j'allai ouvrir moi-même. Je me trouvai alors face à face, avec un monsieur de manières distinguées, qui me présenta sa carte, et sur cette carte je lus, non sans surprise, le nom de mon correspondant et adversaire, Charles Hastings Collette. Le simple politesse demandait que je le reçusse. Sans détour il m'annonça l'objet de sa visite, répétant avec un accent décidé ce qu'il avait écrit, m' assurant qu'il avait foi entière en ma sincérité, que les brochures portaient le cachet de l'honnêteté, et que, s'il en avait été autrement, il n'aurait nullement songé à entrer en relations avec moi. Alors il se déclara prêt à me prouver que j'étais dans l'erreur concernant nombre de textes cités et de faits rapportés dans mon argumentation. 11 Sans doute," ajouta-t-il, "vous avez puisé vos

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renseignements aux sources les plus estimables qui vous soient connues ; mais ces sources sont beaucoup trop modernes. Je ne vous demande qu'une chose, et comme homme d'honneur que je vous crois être, vous ne pouvez pas me la refuser, c'est de consulter, non des livres protestants, mais des écrits catholiques antérieurs au concile de Trente, et dont l'authenticité ne saurait être par vous mise en question. Et à cet effet je vous prie de faire de consciencieuses recherches dans la bibliothèque de British Muséum, riche en documents de cette nature. J'obtiendrai la permission nécessaire pour que vous puissiez consulter ces ouvrages. Le bibliothécaire est mon ami, je lui demanderai de vous diriger dans vos recherches et nous verrons quel en sera pour vous le résultat."

En refusant d'accéder à cette demande, j'aurais témoigné de peu d'amour pour la vérité. Je me croyais d'ailleurs si sûr de la validité de mes arguments que je n'hésitai pas à me rendre au désir de mon ardent mais courtois adversaire, et, pendant deux semaines, je consacrai l'après-midi de chaque journée à parcourir les livres qui pouvaient m'éclairer sur une aussi grave matière. Je pus ainsi comparer l'histoire telle qu'elle m'avait été enseignée avec les faits tels qu'ils sont rapportés par les historiens des premiers âges chrétiens.

Et le résultat de cette investigation se trouva

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être aussi pénible pour moi que satisfaisant pour Mr. Collette. Sur tous les points contestés il avait l'avantage. Je n'en citerai qu'un seul, mais il est décisif.

De tous les traités de théologie dogmatique en usage de mon temps dans les grands séminaires, le plus estimé était celui du Cardinal Gousset, considéré généralement comme le plus grand théologien du siècle. Dans cette oeuvre, le sixième canon du concile de Nicée, le premier des conciles écuméniques (32), est ainsi conçu :

" Ecclesia Romana semper habuit primatum."

De ce prétendu canon on tire d'irrésistibles conclusions. Il est, dit-on et enseigne-t-on, du premier des conciles généraux, presque exclusivement composé d'évêques de l'Orient naturellement jaloux de l'influence croissante de l'église de Rome, et ces évêques se trouvèrent ainsi obligés de rendre témoignage à sa suprématie par un canon spécial, établissant que non seulement alors mais toujours l'église romaine avait eu la primauté. Assurément ils ne pouvaient affirmer d'une façon plus positive et plus naturelle le fait que les historiens protestants répudient si décidément.

Parfaitement assuré pour ma part de la vérité du canon en question, je faillis tomber d'étonnement en découvrant que la forme originaire de ce canon,

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tel qu'il fut conçu et rendu par le concile avait un sens tout différent de celui que lui avaient donné mes maîtres. Le sixième canon de Nicée établit simplement la primauté relative de Rome. L'objet du concile était de transformer le siège d'Alexandrie en patriarcat et c'est ce que le canon déclare. " De même," y est-il dit, "que l'évêque de Rome a la primauté sur les églises suburbicaines, de la même manière il convient que l'évêque d'Alexandrie occupe un rang sembable à l'égard des autres évêques de la haute Egypte." Manifestement, la partie de ce canon supprimée dans nos manuels lui donnait un sens tout autre que le sens véritable. Cette découverte et d'autres semblables m'affectèrent plus que je ne puis le dire. Je demandai au bibliothécaire de vouloir bien me permettre d'emporter pour un jour ou deux la collection des actes des Conciles où j'avais fait cette découverte. Il me l'accorda et j'allai immédiatement trouver le Cardinal Wiseman. Je lui demandai s'il y avait le moindre doute sur l'authenticité du sixième concile de Nicée tel qu'on le donne dans nos livres de théologie. "Nul que je sache," me répondit-il. Je lui montrai alors mon volume, disant. " C'est une publication catholique, ancienne il est vrai, mais d'autant plus digne de confiance. Voici les termes dans lesquels ce sixième canon y est rapporté." Son Eminence parut fort surprise ; comme elle

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s'aperçut que ce que j'éprouvais était plus que de Tétonnement, elle m'engagea à ne pas attacher à cette matière une importance exagérée. Je quittai le Cardinal pour me rendre chez mon directeur spirituel, le père Brownbill ; je n'en obtins pas plus grande satisfaction, et pour la première fois de ma vie, je me trouvai dans ce pénible état d'esprit, assailli par le doute et sans un ami auquel je pusse m'ouvrir et demander avis.

Or, garder le doute dans son esprit est un des plus grands péchés que le fidèle et sur tout le prêtre catholique puisse commettre. D'après l'enseignement des maîtres de la vie spirituelle, il en est des tentations contre la foi, comme de celles contre la pureté ; il n'y a contre elles qu'un seul remède, la fuite. Donc, après une longue lutte intérieure, je me déterminai à fuir, à n'avoir plus aucun rapport avec les protestants, â éviter tout sujet de controverse et à me livrer exclusivement aux œuvres de zèle dans les pays catholiques.

Voici le sixième canon du premier concile de Nicée. Titre : De patriarchâ Magnae Alexandriae :

Uttoti praesideat ^Egypto, ejusqueprovinciis, quemadmodum Romanus et Antiochenus.

Episcopus yEgypti, nimirum Magnae Alexandriae patriarchâ, toti praesideat ^Egypto et omnibus ejus provinciis adjacentibusque civitatibus eis subjectis, quoniam ita convenit Episcopo Romano, nempe patriarchae successori

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Pétri, ut praesideat etiam omnibus suis provinciis et regionibus quae ei subjectae sunt Pari ter Episcopus Antiochiae nempe patriarcha ejus prsesideat omnibus provinciis et regionibus ei subjectis. In aliis regionibus antiquus servetur mos ecclesiae, nimirum quod in prceterito constitutum et servatum est.

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