PELERINAGE DE NOTRE-DAME DU SALUT OU PELERINAGE NATIONAL DE LA FRANCE
J'ai besoin de toute l'indulgence de nos chers lecteurs pour le travail imparfait que je vous adresse aujourd'hui. Et pourtant quand on parle de la très sainte Vierge à des âmes qui sont les fidèles servantes de son auguste mère, on peut se dispenser des agréments du style, et se contenter de raconter les choses dans leur éloquente simplicité. C'est pourquoi, plein de confiance dans le prestige de Marie et dans la piété du 1 ecteur, je commence sans précautions oratoires le récit de mon pèlerinage, ou plutôt du pèlerinage de toute la nation française au sanctuaire bien-aimé de celle qui a été nommée la Reine de la France.
Et d'abord, laissez-moi vous dire un mot de l'organisation de ces gigantesques processions qui, depuis dix ans soulèvent, connue aux temps des croisades, hommes fennnes et enfants, et les transportent à la terre sainte que Marie a bénie de sa présence et fécondée des trésors de sa miséricorde maternelle. Humainement parlant, la préparation, le progrès et l'exécution d'un plan aussi colossal et aussi ardu semblent impossibles. Mais rien n'est impossible à la nation très chrétienne, malgré la prévarication et l'apathie d'un grand nombre de ses enfants, à la nation qui a consolidé le pouvoir temporel du Saint-Siège, qui a fait les croisades, et qui jette encore à toutes les plages du monde idolâtre, comme une généreuse semence de résurrection et de vie, le sang de ses missionnaires et de ses apôtres. Il suffit de nommer les Pères de l'Assomption, qui sont la tête et le cœur de ce mouvement, pour comprendre que la chose est possible. On dirait en effet que le souffle revivifiant des Bernard et des Urbain II les anime, et leur apprend à fasciner le peuple chrétien pour l'accomplissement des grandes œuvres de pénitence et de .salut. Sous l'impulsion de leur zèle, tout s'anime, tout s'agite, et l'œuvre va son chemin.
Longtemps à l'avance, la date du grand jour est fixée. Le devoir de l'expiation et de la supplication est solidement démontré à cette France chrétienne qui a pour mission de relever la France sa sœur qui tombe, cette autre elle-même qu'elle doit aimer comme ellemême pour l'amour de Dieu. Alors les souscriptions sont ouvertes pour payer le passage des malades pauvres, ces membres souffrants de Jésus-Christ. Eux
sont la partie vraiment royale du cortège de Marie. Aussi envie-t-on l'honneur de contribuer à leurs dépenses, en attendant celui de les panser et de les servir durant le trajet et le séjour de Lourdes. Je ne parle pas de la partie temporelle de l'organisation : correspondances et démêlés avec les compagnies de chemin de fer, parfois plus ou moins disposées à favoriser les pèlerinages, malgré les bénihces qu'elles en perçoivent ; préparation des hôpitaux pour les stations d'arrêt et les trois ou quatre jours de séjour à Lourdes ; difficulté de maintenir le courage et la piété durant les huit grands jours que dure le pèlerinage.
Mais rien ne rebute le zèle des chefs de ces nouveaux croisés. A l'heure indiquée, tout est prêt. Les billets sont achetés, les programmes de prières et d'exercices de piété sont distribués, et on les accomplira à la lettre jusqu'à la dernière heure du pèlerinage. De toutes les parties de la France partent des trains spéciaux dont les uns se rendent directement à Lourdes et les autres à Paris pour y faire une halte à Notre-Dame des Victoires, première étape de cette marche triomphale à travers la France. Le pèlerinage commence le samedi, jour consacré à la très sainte Vierge. D'heure en heure les bandes de pèlerins, groupées suivant leurs diocèses, se réunissent à la gare d'Orléans. Ils sont là avec leurs prêtres, leurs religieuses et leurs malades. Les places de choix sont réservées à ces derniers, dont la plupart ont quitté leur lit de douleur pour se trainer jusqu'à Lourdes, et dont quelques-uns même ont été administrés avant de partir.
Et puis, quel trajet long et fatigant ils ont à parcourir dans ces wagons mal ventilés, à plafond bas, à sièges étroits, aux oscillations brusques, veufs do cabinets et de réservoirs d'eau, si inférieurs à nos chars canadiens ; sans compter les chaleurs suffocantes du mois d'août, qui vont toujours croissant à mesure que l'on gagne le midi ! Mais personne ne songe à se plaindre, car le programme recommande strictement la patience et la gaieté, et si j'ai déprécié un peu les wagons français, c'est plutôt . au nom de la civilisation que de la mortification.
A l'heure et à la minute précises, le convoi s'ébranle. A peine hors de gare, chaque groupe entonne VAve Maris Stella, et puis se succèdent jusqu'au coucher les méditations, la récitation du chapelet, les pieux cantiques, la prière du soir, le tout entremêlé d'aimables causeries sans éclat ni frivolité. Aux arrêts plus prolongés, prêtres, religieuses, nobles dames vêtues de grand tabliers blancs, véritables Marthes par le pieux empressement qu'elles y mettent, s'agitent, se multiplient, vont et viennent pour transporter aux pauvres malades le pain qui empêche de faillir le long de la route, et le verre d'eau que Dieu bénit parce qu'il est donné en son nom.
Nous étions partis à 3 heures et demie de l'aprèsmidi, et, tout le long du chemin, le chant du Tantitm ergo, ou de VO Salutaris, avait salué l'apparition de chaque clocher de cathédrale, d'église ou de chapelle. A 3 heures et demie du dimanche matin, le train arrive à Poitiers. Tous les voyageurs descendent, car il faut sanctifier le dimanche et lais.ser reposer même les locomotives.
D'ailleurs nous voici au lieu où vécut et mourut sainte Radegonde, cette grande reine de France, qui renonça aux honneurs du siècle pour se faire l'humble servante des pauvres de Jésus-Christ. Nous voici au lieu illustré par la sainteté et la science angéliques d'un Hilaire, d'un Fortunat, d'un Martin, et pourquoi ne pas l'ajouter à tant de gi'ands noms ? — d'un cardinal Pie. C'est donc un lieu de pèlerinage, et nous ne porterons aucun préjudice à Marie en nous reposant le long de la route, à l'ombre des sanctuaires de ces vénérés serviteurs et servantes de son Divin Fils et d'elle-même. Et d'ailleurs, elle va nous prouver qu'elle agrée notre pieux dessein, en laissant faire à sainte Radegonde deux miracles, gages et avant-coureurs des prodiges nombreux qu'elle fera éclater elle-même dans la Terre promise de sa miséricordieuse bonté.
L'un de ces miracles,dont j'ai été moi-même partiellement témoin, est la guérison d'une jeune fille d'Orléans, atteinte de phthisie pulmonaire à un degré très avancé et frappée d'une extinction de voix totale depuis, je crois, dix-huit mois. A peine a-t-elle quitté Poitiers pour reprendre la route de Lourdes, qu'elle recouvre sa voix et se met à chanter avec ses compagnes tout le long du parcours. J'ai fait le trajet de Poitiers à Lourdes en sa compagnie, et lorsque je la revis au retour, je constatai que ses forces, au lieu de diminuer, avaient augmenté, au point qu'elle put faire à pied l'une des longues processions du soir qui terminent les exercices quotidiens du pèlerinage.
Elle avait pour compagne une autre jeune fille, non moins pieuse et modeste, qui après trois pèlerinages à
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Lourdes, fut guérie subitement l'an dernier d'une maladie des plus graves : la granulation du larynx accompagnée d'autres affections qui l'avaient réduite à l'état de squelette, et ne lui permettaient de prendre cp'avec d'atroces souffrances un peu de nourriture liquide à l'aide d'un tube de caoutchouc à diamètre très étroit. Elle aussi avait perdu la voix et l'usage de presque tous les membres. A chaqne mouvement qu'on lui imprimait en la transportant, elle souffrait et poussait des cris. Mais voilà qu'on la plongea dans la piscine une première, une seconde et une troisième fois. La persévérance de la prière et de sa foi ardente lui valurent une guérison complète. Jamais je n'ai vu personne mieux guérie. A voir le teint frais de cette miraculée, sa ffgure pleine de santé, sa démarche agile, l'empressement avec lequel elle sautait du wagon chaque fois que le train arrêtait un instant, pour aller puiser de l'eau ou venir les mains pleines de douceurs pour les malades, vous auriez dit : " Décidément la sainte Vierge ne fait pas les choses à moitié." Aussi retoume-t-elle à Lourdes pour rendre grâce à sa bienfaitrice, en attendant l'heure désirée où elle pourra se consacrer à Dieu qui n'a permis sa guérison que pour recevoir d'elle en retour le plus beau des sacrifices.
Mais je ne dois pas oublier qu'il est trois heures et demie du matin, et que je suis rendu seulement à Poitiers. Tout un service est organisé, à cette heure mati-
nale, pour transporter les malades aux toits hospitaliers qui doivent abriter leurs souffrances durant leur séjour dans la ville de saint Hilaire. Pour moi, qui n'ai rien de plus sain que mes jambes, je me dirige d'un pas leste vers la basilique de Sainte-Radegonde, dans l'espoir de dire la sainte messe sans trop attendre. Une bonne demi-heure de marche me conduit en face du vénérable sanctuaire. Si j'avais pu lire à cette heure si peu éclairée, j'aurais déchiffré sur la façade cette belle inscription en vieux caractères à demi rongés et vermoulus : Cruels sanctissÎTïiœ amcmtissima, ora pro nobis : " Amante de la croix très sainte, priez pour nous." Cette parole résume toute la vie de sainte Radegonde, qui médita constamment la Passion de notre divin Sauveur, qui fut amoureuse jusqu'à la folie des pauvres, ses membres souffrants, qui posséda et vénéra la relique considérable de la vraie croix que lui donna l'empereur Justin II, et qui fonda le monastère des Filles de Sainte-Croix, encore vivant pour perpétuer l'exemple de ses vertus.
Les portes de la basilique sont ouvertes. Je me rends droit à la crypte, sous le chœur, où l'on descend par un escalier de pierre. L'autel de la tombe de sainte Radegonde est préparé pour le sacrifice. Le prêtre seul manquait, et j'arrivais. Je m'empresse de revêtir les ornements sacerdotaux, heureux de célébrer la première messe du pèlerinage dans ce vénéré sanctuaire, à deux pas de ces dépouilles vénérables de l'illustre reine de France, qui abdiqua sa couronne de la terre pour gagner et enrichir sa couronne du ciel ; heureux Cq prier pour tous ceux qui me sont chers, dans un lieu
OÙ la ferveur vous pénètre jusqu'à la moelle des os, et d'où la vofx Je la supplication semble s'élever droit au trône de Dieu pour en faire pleuvoir l'abondance de ses bénédictions.
J'admire avant de remonter dans la nef, le tombeau de marbre de sainte Radegonde, le même où elle fut déposée. D'innombrables cierges brûlent devant ce monument témoin de tant de merveilles de la puissance de la sainte. Dans la nef supérieure, du côté de l'Epître, on voit dans un enfoncement du mur, une pierre surmontée de deux statues qui représentent une apparition de Notre-Seigneur à sainte Radegonde. Cette pierre, qui appartient à une antique chapelle, s'appelle le Pas de Dieu. En effet, d'après une tradition authentique, on y voit l'empreinte d'un pied humain, ou plutôt divin, puisque c'est Jésus-Christ même qui a foulé cette pierre que l'on vénère si justement, et dont on peut dire comme de la montasfne de l'Ascension : Adorubimiis eum in loco uhi steterunt pedes ejiis : " Nous l'adorerons dans le lieu où ses pieds se sont posés."
A dix heures on chante la grand'messe. Monsei gneur l'évêque de Poitiers y fait un panégyrique de la sainte. En attendant les vêpres, bon nombre de pèlerins se dirigent vers le sanctuaire de Notre-Dame des Dunes, sur l'autre rive du Clain. Pour y arriver, il faut gravir plusieurs suites de degrés qui mènent aux salles de jeux et de lecture de l'œuvre du Patronage, fondation admirable de l'abbé Fossin. Grâce au zèle apostolicpie et au talent éclairé de ce prêtre distingué, une grande partie de la jeunesse de Poitiers échappe aux mille dangers auxquels leur foi et leurs mœurs sont exposées. Ils s'y
amusent, ils s'y instruisent, ils y sont heureux. Sous la direction habile de leur fondateur, leur corps de musique a atteint un degré étonnant de perfection. Dans un récent concours, il a remporté une couronne d'or et deux ou trois médailles. Et ne croyez pas que ces musiciens fassent seulement du bruit. Non, ils savent aussi faire du bien. Ce matin, à 3 heures, ils étaient rendus à la gare, à la suite de l'abbé Fossin, pour transporter des malades. Et ils s'y étaient trouvés à l'arrivée de chacun des cinq ou six trains précédents.
La chapelle de Notre-Dame des Dunes est un véritable bijou d'architecture, de peinture, et d'ornementation religieuse. Mais rendons-nous jusqu'aux jardins pleins de belles fleurs qui entourent la statue de la vierge protectrice de Poitiers ; saluons avec respect la belle statue du cardinal Pie érigée par le même zèle pieux et filial qui a fait naître toutes ces merveilles ; gravissons la rampe tournante qui longe le piédestal de l'image colossale de Marie, et à ses pieds, contemplons le beau panorama qui s'étale à nos regards éblouis. C'est le Clain, c'est Sainte-Radegonde, c'est la cathédrale de St-Pierre, dont les voûtes ont si souvent tressailli aux accents de la voix doctorale du grand successeur de saint Hilaire, digne à son tour de compter au nombre des Pères de l'Eglise. C'est Notre Dame la Grande, où reposent les restes de l'illustre cardinal, où l'on vénère la statue de Notre Dame des Clefs, souvenir de la délivrance de Poitiers par la sainte Vierge, lors du siège de la ville par les Anglais ; c'est la chapelle de saint Hilaire, dont l'autel s'élève à l'endroit même où mourut le saint Docteur ; c'est le temple Saint-Jean, bâti au Vile siècle,
avec la grande cuve baptismale où l'on plongeait les catéchumènes.
Mais l'heure s'avance et la procession des pèlerins part de la basilique pour y revenir après un assez long détour. Puis a lieu la bénédiction du très saint Sacrement donnée par Sa Grandeur Monseigneur Bellot.
Il est déjà tard, mais je ne puis songer au repos avant d'aller cueillir une branche du laurier planté par les mains de sainte Radegonde elle-même, et précieuse-» ment conservé dans les jardins de l'évêché, A quelques pas de cet arbre béni, s'élève une croix plantée par Monseigneur Pie avant son départ pour le concile du Vatican. Sur le pied de cette croix on lit en latin l'inscription suivante :
A l'éternel souvenir du vieux monastère de Sainte-Croix.
Ici était placé l'autel
de la vénérable basilique,
Louis Edouard, évêque de Poitiers,
partant pour le concile du Vatican,
érigea et bénit cette croix
le 26 ocïo'orc mil huit cent soixai.te-uenf.
Je m'agenouille avec respect au pied de cette croix, et je prie pour le salut des miens, car je foule un sol béni, théâtre d'un souvenir qui se perpétuera dans l'Eglise de Jésus-Christ jusqu'à la consommation des siècles.
Qand le Vendredi- Saint, on transporte solennellement pour la messe du Présanctifié, le Corps de Notre Seigneur laissé au reposoir depuis la veille, le chœur entonne le Vexilla i^egis prodeunt, cette hymne majos-
tueuse, 01 Fortunat de Poitiers trouvait de sublimes accents pour chanter le triomphe douleureux du Sauveur des hommes sur l'ennemi de leur salut, et les notes plaintives du cantique sacré retentissent comme un reproche au fond de l'âme de ceux pour qui Jésus a souffert et est mort. Or, d'après une tradition des plus avérées, je suis à l'endroit même où, pour la première fois, retentit aux oreilles des anges et des hommes le chant de victoire du divin conquérant de la mort et de l'enfer. Pénétré de ces émotions salutaires, je bénis en pleurant le Dieu de miséricorde qui nous a rachetés, et je m'éloigne avec la résolution de faire courageusement mon pèlerinage de Lourdes, et plus courageusement encore, le pèlerinage autrement long et pénible qui ne se terminera qu'avec le dernier soupir.
Le lendemain, 20 août, j'étais debout avant l'aurore, car il y a un pèlerinage spécial à Ligugé, à deux ou trois lieues de Poitiers. En quelques minutes le train est arrivé à la gare. Le révérend Abbé du monastère bénédictin de Ligugé attend les pèlerins, la mître en tête et la crosse à la main. La croix de procession entre deux acolytes ouvre la marche, et la procession se dirige vers la chapelle de l'abbaye, en chantant un cantique en l'honneur de saint Martin, avec le refrain Sancte, sancte, sancte Martine, ora, ora, ora, pro nohis. La chapelle du célèbre monastère fondé par saint Martin, que saint Hilaire avait conduit à ce lieu de bénédiction, est bientôt encombrée par l'affluence des pèlerins. Les prêtres y célèbrent la messe, les fidèles communient et prient avec ferveur le grand saint de la Pannonie, que la France est si fière de compter au nombre des siens.
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En attendant l'heure de la grand'inesse, on contemple H travers une grille l'antique abbaye, illustrée par les vertus et la science de tant d'humbles fils de saint Benoît, naguère encore le séjour d'un dom Chamard, et aujourd'hui veuve de ses propriétaires. Les décrets d'un gouvernement impie les en ont expulsés, mais sur la porte on a écrit ces mots entourés d'une couronne d'innuortelles : Sj^es illoruni iriimorlalitate plena est: " Leur espoir est plein d'immortalité/' C'est ici que jadis Martin, de soldat devenu moine, édifia ses frères par l'héroïsme de ses vertus. C'est d'ici qu'on l'arracha pour l'élever sur le siège de Tours, où il devait briller comme la lumière placée sur le candélabre.
" C'est alors, dit un auteur, qu'on enleva à notre Poitou le plus beau fleuron de sa couronne. Martin, cet homme incomparable que Dieu avait amené du fond de la Pannonie jusque dans nos contrées de l'ouest, pour être l'ornement de la ville et du diocèse de Poitiers, et l'Elisée du o-rand Elie, nous voulons dire du s^rand Hilaire ; Martin, ce thaumatui-ge admirable, cet apôtre infatigable, ce fondateur de l'Ordre monasticjue dans la Gaule occidentale, cette lumière céleste qui avait chassé devant elle les ténèbres de l'idolâtrie ; Mai-tin n'appartiendra plus au Poitou que par le souvenir, et ce souvenir se personnifiera en son monastère de Ligugé ! Ligugé, c'est Martin vivant et se perpétuant d'âge en âge au niilieu de nous. Sans Ligugé le Poitou aurait la honte d'avoir oublié Martin. Martin sans Ligugé ne serait (ju'une partie de lui-même, et Ligugé sans Martin ne serait qu'un corps sans vie."
Mais l'heure de la grand'messe a souué. C'est dom Bourigaud, le R. P. Abbé, qui officie, aidé seulement d'un diacre et d'un sous-diacre en dahnatiques romaines, Un père Assomptionniste commente en chaire les paroles de saint Paul : " Citpio dissolvi et esse cuni Christo ; et ces autres de saint Martin mourant : Domine, si adhiic populo fiio sum necesscrrius, non recuso laborem ; " Je désire la dissolution de mon corps pour être avec le Christ. . . . Seigneur, si je suis encore nécessaire à votre peuple, je ne refuse pas le travail."
Au sortir de la messe les pèlerins se dirigent en procession vers la chapelle du catéchiimene, où saint Martin ressuscita et baptisa un jeune homme qu'il aimait beaucoup, et qui était mort sans baptême durant l'absence du saint. Une inscription sur la façade de la chapelle rappelle en deux mots le merveilleux événement. Hic Eliseus, alter Martiniis, cateckumeniun à rtiovtvÀs revocavit ; "Ici Martin, nouvel Elizée, ressuscita un catéchumène d'entre les morts." — Les pèlerins se dispersent pour déjeuner, dans les différents endroits où l'hospitalité leur est généreusement offerte. Pour moi, la Providence me conduisit chez un catholique aussi distingué par .sa naissance que par sa vertu. Une grande table abondamment servie y reçut de nombreux convives, sans distinction de rang ni de fortune, véritables agapes chrétiennes présidées par le chef de la maison, M. de M., fils d'un ministre de Charles X.
Encore une visite à saint Martin pour lui recommander mes amis. Encore un coup d'œil sur les tablettes de marbre placées de chaque côté du sanctuaire, où
l'affection tle ses enfants à gravé cet éloge bien mérité du meilleur des pères ;
0 Martine !
0 pie I Qnaiii piiun e?t gaudere de te !
Prophetis compar, apoptolis concertuç,
Prœsuluin gemma,
Pastor egregie,
Pietate, misericordiâ, charitate ineffati i?,
Succurre nobis nunc et ante Deum,
0 Martine !
"' O bienheureux saint Martin ! Comme c'est une pieuse pensée d'aller chercher en vous la joie et la paix ! Rival pendant la vie des prophètes et des apôtres, Perle des évéques, Pasteur choisi entre tous, vous qui étonniez le monde par votre sainteté, votre miséricorde, et l'ineffable charité de votre âme, secourez- nous maintenant que vous êtes devant Dieu, ô grand saint Martin ! "
Le père Abbé se tient à la gare pour bénir tous les pèlerins qui partent. Il est 4 heures de l'après-midi, et nous ne serons rendus à Lourdes qu'à 8 heures demain matin. Quelle séance interminable dans ces wagons insupportables, surtout quand on brûle d'arriver au terme tant désiré du pèlerinage ! A Angoulème, le train arrête juste assez longtemps pour permettre à Sa Grandeur l'Evêque de passer devant chaque wagon afin de bénir et consoler les malades. A Bordeaux, le clair de lune nous permet de contempler en passant les eaux rapides de la Gironde. Puis vient le grand silence de la nuit, interrompu seulement par les soupirs des pauvres malades.
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Déjà, au soleil levant, l'on voit briller au loin les cimes des Pyrénées, couvertes de neiges éternelles. Tout à coup, au détour d'une montagne sauvage, se présente comme une céleste apparition aux yeux éblouis du pèlerin, la flèche élégante de la basilique de Marie. " Lourdes ! Lourdes ! " s'écrient à la fois tous les pèlerins, et le cantique d'arrivée retentit joyeux. Nous sommes attendus, car tout un bataillon de brancardiers, munis de leurs appareils de transport, stationnent à la gare. Ce sont pour la plupart des jeunes gens choisis parmi les familles les plus distinguées. A voir le dévouement qu'ils y mettent, on reconnaît bien le sang noble et généreux qui coule dans leurs veines. Il leur faut en même temps une patience d'ange et un courage de lion, il leur faut la force du soldat et la tendresse de la sœur de charité, pour accomplir leur rude et délicate besogne. Au départ et le long du chemin, ils ont été à leur poste. Mais ce n'était là que le prélude de leur service héroïque. Ici, à Lourdes, durant les quatre jours du pèlerinage, il leur faut descendre les malades, les transporter avec mille précautions de la gare aux hôpitaux, puis de là tous les jours, à la piscine ; il leur faut les plonger dans la piscine, les placer ensuite devant la grotte ; il leur faut vaincre le sommeil, la chaleur excessive, la répugnance provoquée par l'odeur et l'aspect repoussant de certaines maladies ; et tout cela sans murmurer, sans rougir, au contraire, avec gaieté de cœur et avec piété ; car, disons-le pour faire comprendre la noblesse de leur charité, le poste de brancardier est un poste convoité, et la moindre infraction à la consigne, le moindre retard au rendez-vous, fait remplacer par un concurrent l'hospitalier négligent.
Les pèlerins se dirigent en foule vers la basilique pour s'y fortitier par la sainte communion. La vaste nef et la crypte sont remplies. Chaque autel est occupé par un céléLrant, un prêtre servant la messe et plusieurs autres attendant leur tour. Il m'a fallu entendre six messes consécutives avant de pouvoir célébrer. Et il n'y a rien d'étonnant; car les 15 ou 20 mille pèlerins réunis à Lourdes sont accompagnés par à peu près mille prêtres et religieux. On y voit jésuites, dominicains, bénédictins, franciscains, carmes, premontrés,assomptionnistes, etc. Quant aux religieuses, je renonce à en donner la nomenclature, tant elle est nombreuse et variée. On entend chez les pèlerins toutes les variétés de prononciation, toutes les langues et tous les patois de la France, l'accent teu tonique de l'Alsacien, la voix sonore de l'Espagnol. Tous les types, tous les costumes, toutes les langues se sont donné rendez-vous au sanctuaire de celle que " toutes les nations doivent proclamer bienheureuse."
Mes lecteurs connaissent trop bien la basilique, pour que je tente de leur en donner une description. Je ne parlerai donc pas de cette merveille d'architecture, couronnant le rocher de Massabielle, avec sa Hèche aérienne qui nous montre si bien la voie du ciel ; je ne parlerai pas des mille ex-voto en or, en argent, en pierres précieuses et en marbre, qui ornent ses murailles ; des riches bannières qui flottent à la voûte, et dont la moins élégante n'est pas celle de notre cher Canada ; des nobles épées et des croix d'honneur, dont de vaillants capitaines ont fait hommage à la plus royale des Dames et à la plus auguste des Reines. Je ne mentionnerai pas l'osten-
soir colossal en émaux, et les pierreries qui enrichissent le trésor. Et puis, pour rehausser la grandeur de ce monument, voilà que l'architecte a tracé le plan d'une nouvelle chapelle, qui doit, pour ainsi dire, servir de piédestal à la basilique supérieure. Cette nouvelle structure partira du pied de la colline et dressera son chevet jusqu'au portail de la basilique. Elle s'appellera la Glta- ■pelle de N.-D. du Rosaire, sans doute, pour apprendre aux fidèles que c'est par le Rosaire qu'on arrive au cœur de Marie. Les ti-avaux de la nouvelle chapelle avancent, les contributions affluent, car Sa Sainteté Léon XIII, à l'occasion du jubilé des noces d'argent de Lourdes, a commué le jeûne ordinaire en une aumône en faveur de l'érection de la nouvelle chapelle.
Comme ,N. D. de Lourdes est grande avec sa couronne de montagnes gigantesques souvent voilées de nuages ! Comme elle est belle avec le Gave aux eaux torrentueuses (pii enlace la colline et la Grotte comme un ruban argenté ; avec les coteaux verdoyants qui ont à peine le temps de se mirer dans ses flots rapides ! Comme elle est belle avec son château du 13e siècle, bâti sur les ruines d'un prœsidiivm romain, entouré d'une triple enceinte de murs, et flanqué de vigies aux mâchicoulis béants et aux meurtrières perfides ! Comme elle est charmante avec ses habitants aux mœurs simples et pastorales, au langage harmonieux ; avec ses jeunes vierges aux traits de Bernadette, qui vous oflrent des cierges pour la Grotte et qui sont toutes enfants de Marie ! Mais comme elle est céleste, avec son auguste sanctuaire dont la Reine du ciel a elle-même ordonné l'érection ; avec son Calvaire qui prêche à tout venant
l'amour de Jésus-Christ ; avec sa Grotte sanctifiée par la présence de Marie et les prodiges de sa royale munificence ; avec sa piscine miraculeuse, " torrent au bord de la voie, où le pauvre malade et l'humble pécheur viennent boire pour relever la tête " vers celle qui les fortifie et les sauve ! Comme elle est édifiante avec ses souvenirs de l'innocente enfant qui fut choisie entre mille et entre dix mille, pour être l'objet des incomparables prédilections de Marie : avec l'humble moulin (jui abrita sa tendre vertu, et la lettre touchante qu'elle y adressa à ses bien-aimés parents et qu'on y conserve comme une relique ! Oui, vraiment, c'est ici le " Tabernacle de Dieu avec les hommes," et c'est à Marie que Dieu a confié le soin de faire les honneurs de sa demeure.
Et c'est ce que comprennent bien tous les pèlerins qui viennent en ce lieu trois fois saint. Quand ils sacrifient joyeusement leur temps, leur argent et leur bienêtre pour accomplir ce grand acte de foi qui s'appelle un pèlerinage, ils savent qu'ils ne retourneront pas les mains vides, mais que leur confiance en Marie sera récompensée au centuple. C'est pour soutenir cette confiance et pour donner à Dieu des preuves de leur bonne volonté, que ces vaillants croisés de Marie passent le jour et la nuit, tantôt adorant Dieu réellement présent dans le sacrement de nos autels, tantôt priant les bras en croix, ou chantant les louanges de Marie à la piscine ou devant la Grotte, agenouillés dans la poussière, baisant la terre avec humilité. C'est encore pour fléchir le ciel qu'ils ne prennent d'autre lieu de repos, la nuit, que les sièges de la basilique ou le pavé de la Grotte, pleurant et priant jusqu'à l'aurore, ou qu'ils se conten-
tent pour toute nourriture d'un peu de pain, et pour tout breuvage, de l'eau de la source miraculeuse. C'est aussi pour rendre Marie propice à leurs vœux, que de saints prêtres veillent jusqu'à minuit pour commencer les messes qui se disent sans interruption à tous les autels jusqu'au midi suivant.
Aussi la sainte Vierge, qui est la Reine de la France qu'elle se plait à honorer de ses célestes apparitions, Marie, dis-je, se montre-t-elle sensible à tant de dévouement, et prodigue-t-elle ses faveurs de choix à ce peuple qu'elle aime tant en dépit de ses nombreuses faiblesses, et qu'elle veut sauver, pour ainsi dire, malgré lui-même^ à cause des milliers de justes qui expient ses fautes par la prière et la pénitence. Dès les premiers jours, de nombreux miracles attestent la puissance de Marie et l'efficacité de la prière de ses fidèles pèlerins.
Je ne puis que signaler ceux du premier jour, lesquels ont été publiés avec des garanties d'authenticité, sur l'excellent journal La Croix. Ceux des jours suivants, non moins nombreux et authentiques, n'ayant pas encore paru au moment où j'écris ces lignes, je ne puis les signaler spécialement. Toutefois, j'ai vu moimême une miraculée, dont l'étiquette (car tous les malades, au départ de leurs hôpitaux respectifs, sont munis d'une étiquette désignant le caractère de leur maladie), portait les mots suivants : " Carie des os du côté gauche." Cette pauvre malade ne se remuait qu'en souffrant d'atroces douleurs. A son retour je la vis marcher lestement et sans douleurs. Elle se couchait facilement sur le côté malade, ce qu'elle- n'avait osé faire depuis des années. L'appétit et la santé lui étaient
parfaitement revenus. Cinq médecins ont constaté sa guérison, les uns avec étonnement, les autres avec admiration et reconnaissance. Des personnes parfaitement éclairées et dignes de foi m'ont raconté la guérison étonnante d'une jeune fille chez ([ui une maladie des nerfs avait recourbé les jambes en arrière jusqu'aux épaules. C'était une masse informe que l'on transportait dans un panier. Elle fut plongée dans la piscine, et elle se rendit à pied jusqu'à la Grotte. A son retour, les employés de la gare de Poitiers- en croyaient à peine leurs yeux.
Voici maintenant la liste des miraculés publiée dès les premiers jours du pèlerinage :
Mlle Bentz, guérie instantanément d'une tumeur abdominale existant depuis plusieurs années ;
Sœur Eugénie du Bon Secours de Troyes, guérie instantanément d'un phlegmon avec fistules ;
Madame Gatoux, guérison instantanée d'une affection ulcéreuse de l'estomac avec vomissements noirs persistant depuis plusieurs années ;
Monsieur Olysse Dordenne, atteint de cataracte double déterminant cécité, peut lire facilement ;
Sœur Adrienne, hospitalière de Nancy, arthrite fongueuse des deux articulations fémoro-tibiales. Après le bain à la piscine toute trace de cette double aft'ection disparaît.
Mlle Michel, tumeur blanche du genou gauche depuis dix-huit mois, enkylose de l'articulation fémorctibiale ; guérison subite et complète de la tumeur et de
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l'enkylose. Mouvements devenus faciles, marche normale.
Je pourrais en citer bien d'autres, car d'après le relevé que l'on fit à la clôture du pèlerinage, on compta au delà de soixante-dix guérisons remarquables. Et je n'en suis pas étonné ; car si la foi dans les proportions d'un grain de sénevé peut transporter les montagnes, quels prodiges de grâce et de miséricorde ne méritent pas le zèle apostolique de ces prêtres et de ces religieuses, la charité de ces nobles âmes et de ces jeunes émules des saint Louis, la foi ardente de ces vaillants fidèles, qui bravant le respect humain, promènent fièrement au milieu des populations que leur exemple touche et instruit, le drapeau de l'Eglise et de Marie ?
Les trois ou quatre jours passés à Lourdes ont été, comme je vous l'ai dit, des jours de prière, de pénitence, de consolation et de salut. Tous les jours grand'messe à la basilique, bénédiction du Saint-Sacrement et instructions, tant à la basilique qu'à la Grotte. Le 22 août, ce fut Mgr Aloisi Mazella, nonce du Pape en Portugal, qui célébra la messe à la Grotte.
Tous les soirs, à 8 heures, réunion à la Grotte, proclamation des guérisons de la journée, et puis grande procession aux flambeaux avec le chant de VAve Maria, répété par des milliers de voix. Tout le pourtour de la basilique était illuminé de mille lampions ; la statue de la sainte Vierge et la belle croix qui ornent la promenade des RR. PP. Missionnaires se dessinaient ég^alement en traits de lumière dans l'obscurité de la nuit. Quel coup d'reil féerique que celui de cette procession ! Des
milliers de flambeaux allumés dessinant de lumineux zigzags dans les lacets de la montagne, de la Grotte à la Basilique, puis circulant comme un ruban de feu autour du sanctuaire de Marie pour redescendre dans la plaine, et là décrire en étoiles mouvantes une M gigantesque, douce initiale du nom de notre Mère, forme gracieuse que la piété des missionnaires a su donner au labyrinthe <.^e leur promenade. La procession défile lentement comme un panorama céleste, elle retourne à la Grotte pour y dire bonsoir à la meilleure des mères, puis les lumières s'éteignent, tout rentre dans le silence, et l'âme du pèlerin oroûte encore davantage, avec le calme de la nuit, la paix que Dieu donne aux âmes de bonne volonté
Mais la dernière heure de ces vacances du ciel a déjà sonné. Il faut déjà songer aux adieux. Et pourtant, il fait si bon habiter en ce lieu sous le regard de Marie, y dresser sa tente comme les Carmélites et les Bénédictines, les pauvres Clarisses, les Sœurs de l'Immaculée Conception, ces vierges sages qui, les yeux fixés sur l'épouse, attendent sans crainte comme sans négligence la venue de l'Epoux.
Ah ! pourquoi des jours si purs ont-ils leur déclin ? C'est qu'ici est le Thabor, et que les splendeurs de la Transfiguration ne peuvent pas durer toujours ici-bas. Il nous faut de ces hauteurs redescendre dans la plaine pour y combattre le bon combat, fortifiés que nous sommes par ce contact avec la source même de la force et du salut, encouragés par l'exemple de nos pères en Jésus-Christ, et sûrs de la protection de Marie.
Adieu donc, collines saintes, théâtre du plus merveilleux prodige des temps modernes ; adieu, grotte
PÈLERIXAGES d'OUïHE-MER 81
bénie que le pied virginal de Marie a daigné effleurer dans ses entretiens avec une modeste vierge ; rochers qui avez tressailli d'allégresse quand vos échos répétèrent le nom de Celle qui s'est appelée Vlrriviaculée Conception. Adieu, vénérable basilique, et vous, Christ élevé entre le ciel et la terre pour attirer tous les hommes à vous, adieu !
Et pendant que mon âme confiait à l'aile des anges ces messages d'amour et de filiale reconnaissance, la locomotive brutale m'éloignait de plus en plus de cette terre de miracles. Le retour des pèlerins fut un véritable triomphe, quoiqu'il n'y eût aucune démonstration. Ceux qui avait été guéris, surabondaient de joie et de gratitude ; ceux qui revenaient avec leurs infirmités, s'en retournaient pleins d'espoir et de confiance, fermement décidés à faire de nouveau l'assaut de la Tour de David et de faire violence au ciel ; tous étaient édifiés, consolés, fortifiés.
Enfin, le train dont je fais partie arrive à Paris sur les 10 heures du soir. Les employés de la gare assiègent les pèlerins pour avoir des médailles ou des chapelets de Notre-Dame de Lourdes, et se montrent pleins de complaisance pour les malades. Une phalange de brancardiers est là pour prodiguer les soins aux infirmes. Il n'y a (qu'une seule ombre au tableau, et je vous demande pardon de la signaler. Comme les pèlerinages sont toujours, je le suppose, l'occasion de graves désordres, comme les voyageurs de Lourdes sont exposés à cacher de la dynamite ou des machines infernales dans leurs bidons d'eau de la source, comme aussi les malades peuvent bien emporter avec eux des germes de choléra.
un détachement assez considérable de sergents de ville stationnait à l'entrée de la gare et servait fidèlement la République, en empêchant quelques-uns des brancardiers de se rendre à leur poste , " C'était, disaient-il.:»
pour maintenir l'ordre." Stivltorum injinitus est numerus.
Le dimanche, 2G août, réunion du soir à Notre- Dame des Victoires, pour rendre grâces à Dieu et à sa divine Mère du succès du pèlerinage. C'est ainsi qu'on acheva aux pieds de Marie cette belle neuvaine commencée en sa présence et continuée sous ses yeux bénis.