‹ Pèlerinages d'outre-mer [microforme]Chapitre 21 sur 24 · D M OT AR RE PT · texte numérisé non relu

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les parvis en mosaïque de ces salles de festin, dont le plafond d’azur simulait le ciel, avec des disques d'ivoire mus par un inécanisme ingénieux pour représenter les révolutions des astres.

Hélas ! que de vies humaines ont été sacrifiées pour flatter la vanité et charmer les ennuis du mélancolique et orgueilleux Antonin ! L’extraction des seuls marbres d'Afrique (et les plus riches viennent de là), exigeait de véritables hécatombes d'esclaves. Ces malheureux carriers périssaient, brûlés par le soleil, dévorés par la soif, épuisés par la faim, les verges, et un travail des plus pénibles, car les marbres africains sont les plus durs à exploiter.

Des fragments de ces marbres précieux, il y en a partout à foison. On les a réunis en monceaux pour les vendre aux mosaïstes de Rome. Il y en a à bouche-queveux-tu ? Jaune, blanc, noir et vert antiques, dont les carrières sont épuisées aujourd’hui, marbres africains de toutes les nuances, porphyre rouge et noir, marbres panachés, veinés, striés, jaspe, serpentine, albâtre, toute la famille y est représentée avec une étonnante variété.

Tout cela à coûté des larmes et du sang, plus qu'il n'en faudrait pour faire couler de nouveau le Léthé au lit desséché, Ah! l'oubli, le superstitieux Adrien l’a trouvé, non pas celui des souffrances qu'il cherchait, mais l'oubli de sa grandeur, car elle est ensevelie sous les ruines de sa villa, elle gît avec ses cendres sous l'orgueïileux mausolée que domine aujourd’hui l’ange vainqueur de l’orgueil et de l’erreur.

Un sentier qui serpente au milieu d’un bosquet d'oliviers, nous fait gravir la colline que domine Tivoli.

Tivoli, c’est la T'ibur des anciens Romains. -Rendezvous favori des patriciens durant les chaleurs de l’été, ils y trouvaient la fraîcheur sous l’ombre de ses grands arbres et au bord de ses cours d’eau limpide. L’opulent Mécène y avait sa villa, une maison de campagne où l'empereur Auguste et les poëtes de son règne recevaient une somptueuse hospitalité.

Mais pour nous, chrétiens, il se rattache à Tivoli des souvenirs plus glorieux et plus consolants.

Un prophète coupable prédit le lever de cette “ étoile qui devait sortir de Jacob.” — Les mages qui virent l’astre merveilleux, et le suivirent jusqu'au berceau du Sauveur, étaient des Gentils.

— Les forêts druidiques de la Gaule saluaient à l'avance la gloire de celle qui devait enfanter le Messie. Dieu, le Souverain Maître, voulait ainsi forcer l’erreur à proclamer la vérité, les ténèbres à produire la lumière, préludant ainsi aux révélations de l'Evangile.

— En Perse, en Bithynie, dans l’Hellespont, et sur plusieurs points de l'Italie, des voix prophétiques s'étaient fait entendre.

— Tibur eut aussi sa Sibylle destinée, dans les vues de la Providence, à éclairer d’une lueur avant-courière

cette Rome, la ville éternelle, destinée à son tour à être le foyer de la vérité pour l'univers entier.

“J'ai p… ditla Sibylle de Tibur, manifester la Vierge, qui un jour sur les confins de Nazareth, concevra le Dieu que les collines de Bethléem verront revêtu de chair. ”

C’est le thème ordinaire, écho probable des prophéties judaïques, répété d'âge en âge jusqu’au jour où devait “éclater dans toute sa splendeur le divin Soleil de justice. ”

À Tivoli, il faut voir la villa d’Este, avec ses statues et ses fontaines, le tout d’un goût fort équivoque, mais que rachète la vue ravissante sur la campagne romaine, dont on jouit du haut de ses terrasses. C’est le séjour du cardinal allemand Hohenlohe, et de son hôte, le fr eux pianiste hongrois Listz, qui y faisait de la

ue une bonne partie des nuits, nous dit la vieille concierge.

Il y a aussi les fameuses cascades ou Cascatelles, formées par la chûte de l’Anio, qui traversant la ville de Tivoli, retombe dans la plaine par trois chûtes, dont la plus haute-mesure 320 pieds. Le fameux peintre le Poussin en fit un dessin resté célèbre. Il faut se placer au même point que lui pour jouir du coup d’œil, qui est en même temps gracieux et imposant.

La prochaine étape du pèlerinage est Subiaco, à 26 milles de Tivoli. Le chemin qui y conduit longe l’Anio. Sur les collines de l’autre côté, ou sur les bords de la rivière, apparaissent successivement Castel-Madama, San Stefano, San Cosimato, Mandela, et Vicovaro, où saint Benoit, invité par des moines relâchés à gouverner leur monastère, brisa miraculeusement d’un signe de croix la coupe empoisonnée qu'on lui présentait,

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