VERS L'OEUVRE
i tA Lucien Taté.
LES TÈGqASES
LES quatre étalons d'or des pylônes géants, Cabrés sur le granit, altières sentinelles. Voient à leurs pieds d'airain, en houles éternelles, Les peuples affluer comme des océans.
Le Fleuve au-dessous d'eux tord ses anneaux béants. Lasses d'avoir miré tant de splendeurs en elles, Se dilatent dans l'ombre immense leurs prunelles Dont l'éclair défia jadis tous les néants.
Le crépuscule tombe et soudain les statues, De rêve et de mystère et d'ombre revêtues. Font vibrer l'air fouetté de leur quadruple essor;
Et le Dôme de gloire, et l'OEuvre d'épopée, Et la Ville là-bas de brume enveloppée Contemplent éblouis les quatre étalons d'or.
2f6 PÈLERINAGES