LE FLEUVE
D'avoir miré, vibrants, dans l'onde qui s'anime. Les dômes, les clochers, les flèches et les tours, Le Fleuve restera fabuleux pour toujours. Et pour toujours son nom semblera magnanime.
Les palais reflétés ont des lueurs de cime
Dans le déroulement triomphal de son cours;
Mais les rêves d'orgueil et de gloire sont courts, |
Et l'Homme crée, hélas! pour que le Temps décime.
Sous l'immense arc de fer qu'érige l'ample pont, O peuples, écoutez : le grand Fleuve répond Au murmure infini qui le berce et l'exalte;
Et, sachant quelle force ont les esprits en eux, Sans trêve il étincelle et chemine sans halte. Dans un fourmillement presque vertigineux.