T0U1{ VOUS
J'avais rêvé pour vous un poème troublant Où les vers les plus noirs fussent de satin blanc, Où les mots les plus durs fussent de velours tendre, Et si discret que seule une âme pût l'entendre. J'avais imaginé, pour éblouir vos yeux, Un poème tissu de chatoîments soyeux, Brodé de fin caprice et de grâce câline. Si frêle qu'on l'eût pris pour une mousseline. J'étais parfois hanté de rythmes murmurants Où les songes épars et les espoirs errants. Tous les soupirs des nids, tous les pleurs des fontaines S'unissent pour vous plaire en musiques lointaines. Or, je n'ai pu trouver, l'aveu m'en est très doux. Dans mes ébauches, rien qui fût digne de vous. Mais, vous ayant toujours reconnue indulgente Et sachant que pour moi, de qui le front s'argente. Vos lèvres n'auront pas de sourire moqueur. Dans sa simplicité je vous ouvre mon cœur.