‹ Pelléas et Mélisande de Claude DebussyChapitre 10 sur 35 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

UN CORRIDUR DANS LE CHATEAU. — Arkel a dit à Pelléas : « Tu as le visage grave et amical de ceux qui ne vivent pas longtemps... Il faut voyager ; il faut voyager... » Pelléas annonce à Mélisande qu'il va partir. Il veut la revoir une dernière fois

« dans le parc, près de la fontaine des aveugles ».

UN APPARTEMENT DANS LE CHATEAU. — Arkel appelle la joie dans les yeux de Mélisande, attristés depuis quelque temps... « A présent, tout cela va charger. C'est toi qui va ouvrir la porte à l'ère nouvelle que j’entrevois. » Golaud survient. L’innocence qu'’Arkel lit dans les yeux de Mélisande, Golaud la tourne en dérision. Sa fureur. éclate. Il saisit sa femme par les cheveux et la secoue « à droite et puis à gauche... en avant, en arrière. » Arkel accourt. Golaud affecte un caime soudain.

UNE TERRASSE DU CHATEAU. — Comine ie jardinier tout à l’heure tentait vainement Ge soulever l'arbre, Yniold cherche, sans y parvenir, à ébranler un roc... Jl1 voit passer des moutons, qui se: pressent pour rentrer à l’étable.

UNE FONTAINE DANS JE PARC. — Le petit Yniold « n’a rien vu; seulement l'instinct de quélque chose d’incernu ei qu'il re devait pas voir l’a fait reculer d’épouvante.. Golaud s’est. trompé : sauf le baiser pendant la pluic, Pelléas et Mélisande sont restés purs comme de petits enfants. Ce soirlà, pour la première fois, ils se disent : « Je t'aime ». Et c’est alors qu'ils s’aperçoivent que Golaud les guette, caché derrière un arbre, une épée à la main... Sans bouger, sachant que ix mort est là, que l’épée de Golaud s’approche, ils

s’embrassent éperdument. » (Jules Lemaître). Golaud frappe Pelléas, qui tombe au bord de fa fontaine; Mélisande fuit épouvantée. Golaud la poursuit à travers bois, en silence.

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