M. LAUNAY, MAXIME , LOUISE , MANETTE
MANETTE, entrant brusquement.
Ah ! monsieur , les Prussiens ! là-bas , dans la forêt !
fMaxime sort précipitamment aux premiers mots de Manette.)
On voit leurs fusils luire ! Ils viennent sans nul doute Par ici ! Deux hulans ont traversé la route Au galop.
M. LAUNAY
Eux ! si près ! c’est donc qu’ils sont vainqueurs ! Toujours ! quand donc , ô sort , cesseront tes rigueurs ?
MAXIME , rentrant.
En effet , c’est un gros de Saxons qui s’avance ,
Ils sont deux ou trois cents.
M.. LAUNAY O deuil !
MAXIME , jetant bas son déguisement.
Vive la France !
Manette , enlevez tout cela.
(Manette sort.)
M. LAUNAY
Que faites- vous ( .
PENOAN r L’INVASION
MAXIME
Ah ! je n’entends ni fuir , ni tomber sous leurs coups Comme un agneau docile — et s’il faut que je meure ,
Que ce soit en soldat !
M. LAUNAY
Pardon ! mais , à cette heure ,
Ici , c’est moi , monsieur, qui commande. Entrez-là !
(Il indique un cabinet dont il vient d’ouvrir la porte.)
.11 s’agit du salut de l’enfant que voilà.
MAXIME
Moi ! me cacher ! moi, fuir ! mon sang bout dans mes veines !
M. LAUNAY
Ne perdons pas le temps en des paroles vaines.
Faites ce que je dis. Ils approchent; leurs pas Deviennent plus distincts. Ne comprenez-vous pas ,
S’ils vous trouvent ici , que c’est la mort pour elle!
MAXIME
La mort, serait- il vrai l la mort ! mademoiselle !
Non pour moi , mais pour vous , pour vos jours menacés ,
Au nom dü Dieu vivant, Maxime, obéissez !
M. LAUNAY '
Et quoi qu’on fasse , à moins que je ne crie ; à l’aide !
Quoi qu’il puisse arriver , ne sortez pas !
MAXIME , entrant dans le cabinet.