‹ Pendant la pluieChapitre 12 sur 32 · A M. HENRI DE LACRETELLE SS · texte numérisé non relu

A M. HENRI DE LACRETELLE SS

éms son cabinet on terrible tapage ; il faDait tons les bndts de la yie à ce grand musicien. »

« 11 faisait sa iMirbe ayant déjeuner, etc., etc. » « D se servait de savon de Windsor, etc., etc. » • Tous reconnaîtrez qu'aux yeux de quelqu'un qui eherehe ce que vous avez découvert dans et la grande ftme au fond de laquelle vous avez regardé 9, vous faites un peu Tefifet d'un enfant à qui on prête un beau livre «t qui ne regarde que les images.

U ; avait ailleurs un dangereux écueil à éviter. Les critiques de tous les temps n'ont pu se mettre d'acc^^d ior une question dans la façon d'écrire rtustoire : K^^> on, peut'on rapporter directement les discours, les harasÈgaes de ses héros, discours et harangues qu'ils n'ont certainement pas prononcés et qui sont évidemakeût l'œuvre de l'écrivain? C'est ainsi que procèdent Thucydide, Xénophon, Polybe, Tite-Live, etc. ; d'autres préfèrent le discours indirect : Gracchus représente au peuif^e que. . . , Cjrus fit envisager â ses soldats que. . . Vous vous êtes décidé à suivre de préférence les grands ex^Qoples dcmnés par Thucydide, Tite-Live, etc. ; peutêtre n'avez- vous pas assez réfléchi sur deux points : le yremistf que ces grands maîtres compensaient à certains degrés, par un art exquis, la vérité et la vraisemblance qa'îb «élevaient à l'histoire, et ensuite que leurs lecteurs» surtout aujourd'hui n'ont jamais entendu parler ni Cyrus, ni Cambyse, ni Ciaxare, ni Annibal, ni Catilina, et conséquemment ne peuvent faire de rapprochement tandis que les vraies paroles de Lamartine sont encore en l'air. De phis, c'était à des généraux, à des tribuns, etc., qu'ils prêtaient des harangues, et non à des écrivains qui laissaient après eux des objets de facile comparaison. i vous n'avez pas évité le danger auquel vous

VOUS exposiez. Vous prêtez des discours à Lamartine; je veux bien que votre mémoire vous serve quant au sens, mais quand vous lui faites dire, entre autres, page 14 :

a Nous arrivâmes à la bibliothèque, claire, réverbérant ses in-quarto dans la faïence de ses dalles luisantes, et comme parfumée de la respiration des livres pieux. y>

Il n'est pas un lettré, pas un contemporain qui ne vous interrompe en criant : a Non, monsieur, Lamartine n'a pas dit celai » et ne se rappelle une jolie carir cature de Gavarni : Un jeune peintre essaye de vendre un tableau ancien à un vieux marchand, a — Ça. . . dit le marchand, ça... un Rembrandt? — C'est ua..» comment vous appelez-vous? »

Je pourrais multiplier beaucoup les observations de ce genre, mais je passe à un sujet plus grave.

Au bénéfice d'une petite coterie affiliée à la coterie aujourd'hui dominante, vous avez dénaturé le caractère les opinions et les idées de Lamartine.

Vous oubliez que si Lamartine a été admirable et grand en 1848, ce n'est pas tant pour avoir fait la République, que pour avoir combattu et vaincu la démagogie, pour avoir seul afironté et arrêté toute une populace ivre et furieuse, pour avoir ajourné à vingt ans la Conunune, l'incendie et les assassinats.

Qu'on se rappelle comment il parlait et conmient il agissait au moment du danger.

C'était au jour de l'invasion de l'Assemblée nationale; il s'élance à la tribune, et s'écrie : « Il ne s'agit plus de parler, il faut agir. La tribune, en ce moment, c'est la selle d'un cheval; qu'on me donne un fusil. »

Il se précipite hors de la salle, monte sur le premier

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