A M. HENRI DE LACRETELLE
joie, les rires, etc. », enfin, « un grand respect dans une grande ivresse patriotique » et « la sainteté dan& le tumulte » et « un veau rôti tout entier ». Je laisse la parole à Lamartine.
« Mon cher Karr,
» Je remets ce mot à votre ami (Léon Gatayes), quf m'a donné de si intéressants détails sur vos pénates rus tiques. Je vois que nous sommes rudement traités tous^ les deux par les hommes, ces griffes malfaisantes de ce monstre appelé Destin. — Tant mieux, c'est que ce destin nous juge braves pour combattre et pour mépriser lusqu'à Ja an.
^ Quant à mon affaire, Paris est exécrable.
» LAMARTINE
a Mon cher Karr,
» Je lis les Gtiépes; c'est toujours ce bon sens solide et brillant comme des cailloux de Paros, que j'ai foulés autrefois au bord de ces carrières d'où est sorti le Jupiier souriant.
» Je suis heureux quand j'y lis mon nom tout imprégné d'une amitié et d'une constance si rare de nos jours.
» Je viens de fermer la souscription de Paris ; elle me valait autant d'injures que de centimes.
» Je ne vous parle pas de la guerre (la guerre dltalie),. je n'aime pas cette guerre. Mais j'en aime l'objet. Voilà ma situation d'esprit. Je vois que c'est aussi la vôtre.
» LAMARTINE
« Merci des fleurs et des parfums cueillis par les petites mains de votre fille Jeanne, nous y respirons votre amitié et la pureté.
266 PERDANT LÀ PLliI£
» Irez-yoa& à la Spezzia? c'e&t ee qu'il y a de ndeiii mxr cette me pour un enmte. »
« Mon cher ami,
» Aussitôt que j'aurai passé le difficile défilé d'une fin d'année où je dois payer 800,00& fiancs (prodige pour un poète), je vous adresserai une épitre en vers. Je sens que votxe nom m'inspirera. Alphonse Karr dans son jardin, c'est un paysage du Poussin, un eoucher de soleil au bord de la mer, contemplé par un homme de seconde vue.
» 37 aoAt 185.7. — SakiV-Poiat.
» LAMARTINE
« Mon cher Karr,
» Je paye mes dettes tard, mais je les paye toujours; plût à Dieu que ce fût toujours avec le même plaisir que j'éprouve à vous payer la mienne.
» Je vous avais écrit que si j'avais une matinée Kbre avant la fin de l'année, je vous adresserais des vers.
» Les voici.
» Je vous les envoie en manuscrit de ma mam cf alwrd, puis soigneusement imprimés à Mâcon, ce qui sera plus facile à lire.
» Je désire qu^ils vous disent combien je vous estime, vous savez depuis longtemps combien je vous^ goûte.
» Amitié en prose comme en vers.
» 5 décembre 1857.
TSf LAMARTIIfK. »
22 janvier 1858.
« Mon cher ami,
» Ah! que j'ai été bien inspiré par mon amitié (te cœur et d'esprit pour vous, puisque e vous ai ^inspiré J