ACHARD
Du même au même.
Commune affranchie, 17 frimaire an II.
Frère et ami,
Encore des tètes et chaque jour des tètes tombent! Quelles délices tu aurais goûtées, si tu eusses vu, avanthier, cette justice nationale de deux cent neuf scélérats! Quelle majesté ! quel ton imposant ! Tout édifiait ! Quel ciment pour la République ! Quel spectade digne de la liberté ! En voilà plus de cinq cents, encore deux fois autant, et ça ira. — Salut et fraternité !
AGHABD.
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Du même au même.
IfiaiTÔse.
J'ai reçu 1,400 livres en assignats ; j'en ferai le plus •digne emploi : celui de soutenir avec courage les principes d'une société républicaine. Nous sommes une vingtaine de bons b qui avons pris cette résolulion.
Lettre anonyme adressée à Robespierre^ timbrée de
Commune affroMchie*
Collot-4'Herbois et Roussin, deux mcMs après l'entrée dans Lyon des troupes de la République, ont fait massacrer par des canons chargés à mitraille une grande quantité de pères de famille, dont dix à peine avaient pris les armes. Ds ont fait tuer à coups de pelles et de pioches ceux qui n'avaient été que blessés. Gollotd'Herbois s'en est vanté devant la Convention. Il a fait jeter dans le Rhône une grande partie de ses victimes, -^— plus de six mille, — dans le dessein d'envoyer la peste aux départements de l'Isère et de la Ikôme.
Je m'arrête un moment pour vous rappeler que Lyon n'était pas la seule ville ainsi traitée par les a sansculottes », et que la même correspondance peut présenter de quoi édifier des villes qui se montrent aujourd'hui également ardentes pour le retour de ces néfastes époques. — Quelques petites citations et j'ai fini.
Julien fils à Saint-Just.
Bordeaux est un foyer de négociantisme et d'égoïsme. Là où il y avait beaucoup de riches, le peuple était pressuré par eux. J'ai £adt nommer un comité de surveil-
lance et j'ai déclaré que la terreur serait à Tordre du jour.
Je t'embrasse. julien.
Bordeaux, 25 prairial.
Le même Julien à Robespierre.
Je t*ai promis quelques détails sur Carrier et sur Nantes. On a fait fusiller aux portes de la ville une foule innombrable de soldats royaux, et cette masse de cadavres entassés a corrompu Tair ; des gardes nationales de Nantes ont été envoyées par Carrier pour enterrer les morts ; et en moins de deux mois deux mille personnes sont mortes de maladies contagieuses. Une justice doit être rendue à Carrier, c'est qu'il a écrasé le négociantisme, et tonné avec force contre l'esprit mercantile ; mais depuis, etc. julien.
Maignet à Couthon.
Avignon, 4 floréal an H.
D est urgent d'employer de grands remèdes; autorisemoi à former un tribunal révolutionnaire. Je porte à quinze mille hommes ceux qui ont été arrêtés, on verra ceux qui doivent payer leurs crimes de leur tête, il faut épouvanter. Je vous rendrai bon compte de ce département. Ton sucre, ton café, ton huile d'olives sont en route. J'ai la certitude de faire du bien ici. Une embrassade à ton petit Hippolyte. maignet.
Lavigne, secrétaire de Maignet^ au brave Couthon.
D y a nécessité, au département de Vaucluse, de purger la terre de neuf ou dix mille contre-révolutionnaires. Maignet sollicite des mesures urgentes.
' Salut et amitié au bon Couthon. lavigne.
KSMINI8CBRE 309
Viot à Payan.
Orange, 9 thermlio^ an II
Nos opérations, mon cher ami, continuent avec activité. Plus de trois cents contre-révolutionnaires ont payé de leur tête ; bientôt ils seront suivis d'un bien plus grand nombre.
Ton ami,