‹ Pendant la pluieChapitre 28 sur 32 · Sénèque, Correspondance · texte numérisé non relu

Sénèque, Correspondance

régente Anne d'Autriche vous mirent en prison avec le prince de Conti et le duc de Longuevilie *.

Le prince de Condé. — Oui, certes; mais je me souviens aussi des feux de joie que ce même peuple alluma, peut-être avec les tisons conservés des premiers, lorsqu'on nous tira de prison treize mois après *.

/re duc de Beaufort, — Et moi, n'ai-je pas été l'idole du peuple? Les envieux m'appelaient par dérision le Roi des Halles. Mais les dames de la Halle m'apportaient de l'argent quand j'avais perdu au jeu, et, à ma mort, quand les gazettes dirent: Le duc de Beaufort a été taé, les Parisiens disaient : Qui ça, le duc de Beaufort ' ?

Le baron de Besenval. — Lorsque Louis XV, le Bim- Aimé, mourut abandonné, même de ses serviteurs les plus intimes, comme ne meurt pas le plus mis^^le des pauvres, il était facile de voir le contentement sur tous les visages. Son corps fut porté à Saint-Denis, de nuit, sans appareil, suivi par des palefreniers portant des torches, qui n'étaient même pas en deuil, au milieu des brocards des curieux qui bordaient le chemin *.

Montjoye. — On a vu rarement un enthousiasme pareil à celui dont furent les objets le Dauphin, depuis Louis XVI, et la jeune archiduchesse Marie-Antoinette à leur entrée à Paris: tantôt on applaudissait avec fureur, tantôt on levait les mains au ciel, et on invoquait les bénédictions sur cet aimable couple. — Tous deux pleuraient de joie et disaient : Ah ! le bon peuple ! — En rentrant à Versailles, Marie-Antoinette vit le roi Louis XV, l'ex bien-aimé, \m peu soucieux de cet accueil

i. Mémoires de Retz, lU, 326.

î. Mémoires de Motteville, III, 80.

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