Mémoires du baron do Besenval, t. IL
en partie fidt contre lui. — Sire, lui dit-elle, il faut que Votre Majesté soit bien aimée des Parisiens, car ils nous ont bien fêtés. — Elle excita une véritable idolâtrie ; il était de mode de n'aimer, de ne louer que la Dauphine, et ce n'était que la vérité que lui dit le vieux maréchal de Brissac, gouverneur de Paris, enluimcmtrantlafoule enthousiaste portée pour la voir sous le balcon du château.
— Madame, vous voyez cent mille amoureux de votre personne ^
Marat. — Et moi donc 1 n'ai-je pas été aussi l'idole du peuple ? Vivant, on me portait en triomphe sur les quais. Après ma mort, on mit mon corps au Panthéon, et la Convention décréta « que le jour de l'apothéose de Marat est une fête pour toute la République y>. On éleva une montagne en mon honneur sur la place de la Révolution ; puis, un peu après, on me retira du Panthéon et on me jeta dans l'égout de la rue Montmartre '.
Napoléon Bonaparte. — J'ai vu renouveler pour moi, et amplifier toutes les adulations prodiguées à Auguste et à Louis XIV, lorsque, convaincu qu'on ne fait pas une république avec les débris d'une vieille monarchie, je me mis sur le trône, — et, en 1811, je fus obligé de me déguiser pour ne pas être massacré. On brisa à coups de pierres la voiture que j'avais quittée, et où on me croyait encore, aux cris de ; vivent les Rourbons ! vivent les alliés ! J'ai vu un mannequin couvert de sang pendu
une potence, et portant cette inscription : Tel sera le sort du tyran. On accueille avec joie, enthousiasme, délire, Louis XVIII, le Désiré, et puis, — plus tard, — on rapporte a mes cendres » à Paris en grande pompe.