‹ Pendant la pluieChapitre 5 sur 32 · A. PROPOS DE FÊTES · texte numérisé non relu

A. PROPOS DE FÊTES

« Le huitième empereur de la neuvième dynastie des souverains de la Chine respectait et aimait le peuple; sous son règne y les hommes vivaient en paix; ils se promenaient gaiement en se frappant doucement k ventre, comme si c'eût été un tambour, et ayant taih jours la bouche pleine. Ils goûtaient une joie pure. Après avoir donné le jour au travail, ils donnaient la nuit au repos. Quand ils avaient soif, ils buvaient; quand ils avaient faim, ils mangeaient. Cet empereur s'appelait He-sou. A sa mort, il alla jouir de l'immortalité sur la montagne Tsien. » (Recherches sur les temps antérieurs à ceux dont parle le Chou-King^ par le père de Prémare, missionnaire en Chine.)

Paris menace de devenir un vrai pays de cocagne, non plus seulement pour « le riche », comme le disait Boileau du Paris de son temps, — mais pour tout le monde, ce qui vaut mieux.

Pour mon compte, je n'ai rien contre les fêtes publiques, pourvu qu'on me prévienne assez à temps pour

 PROPUS OK FÉTSS 13f

que j'aie le loisir de m'en absenter en allant ailleurs»^ La foule, le tumulte, le bruit ne sont pas si réellement joyeux qu'ils s'efforcent d'en avoir l'air. En voyant les fêtes officielles, où le peuple de Paris s'entasse et se bousculé dans les rues, je regrette le bon dimanche d'autrefois qui a disparu de nos habitudes. Le bourgeois comme l'ouvrier s'en allait avec sa famille passer la journée dans un des charmants villages des environ» de Paris, selon la saison, ou son goût particulier. L'île Sainir-Denis était célèbre pour ses fritures de goujons, la Râpée pour ses matelottes de carpe et d'anguilles^ Nanterre pour les gâteaux, Montmartre pour la galette, Saint-Gloud pour la gibelotte; à Belleville, à Romainsville, qui depuis . . . , on allait au temps des lilas ; à Ar^ genteuil, au temps des vendanges; à Montmorency, à la cueille des cerises, etc. On venait de finir une semaine laborieuse, on allait en recommencer une autre. Le di^ manche gai, joyeux, sans autre préoccupation que le plaisir, reposait de la première et donnait de la force pour l'autre. Hommes, fenunes, jeunes gens et enfants des deux sexes, s'amusaient, riaient, chantaient des chansons où il n'était question que du plaisir, du bon vin de Tannée, et de l'amour. On rentrait le soir aussi gai qu'en partant, avec une légère fatigue qui était un- grand repos. La femme s'appuyait sur le bras de son mari, qui portait en outre le dernier petit sur ses robustes épaules; les jeunes filles rapportaient des bouquets de bleuets, de lilas, de muguet, qui orneraient et embaumeraient leur petite chambre pendant toute la semaine, en leur rappelant et les plaisirs du dimanche, et une main pressée, et un mot dit à l'oreille.

Qu'est devenu le dimanche? Qu'est devenue la gaietéî C'est ce que nous allons chercher tout à l'heure.

132 PENDANT LA PLUTE

Certes, nous ne les retrouverons pas dans les fêtes qui viennent d'avoir lieu sous prétexte de centenaire.

Je m'étonne d'abord que, pour fêter la mémoire des ^ands écrivains si peu lus par quatre-vingt-dix-neuf sur cent de ceux qui leur viennent rendre un bruyant bommage, oii choisisse, comme anniversaire, la date Aon de leur naissance, mais de leur mort, si bien qu'on a l'air de se réjouir de ce qu'ils ne sont plus.

N'est-il pas, de plus, triste et humble à la fois de chercher les sujets de joie et de sympathie à des époques antérieures de cent ans? Ne serait-il pas plus agréable d'avoir à se réjouir de ce que tels ou tels, vrais amis du vrai peuple, gloire vivante de la France, sont venus au monde et se portent bien, que de se réjouir de ce que Voltaire et Rousseau sont morts en 1778? Ne vaudrait-il pas mieux avoir des sujets actuels de joie que d'en chercher laborieusement en remuant des cendres?

Et puis, quel est le but réel de ces fêtes? Est-ce de «'amuser? Non, ce sont des fêtes pour attrister ou vexer tels et tels; ce sont des fêtes contre quelqu'un: point de gaieté, mais de l'insolence, de la haine, de la menace.

Ce n'est plus le dimanche où l'ouvrier, où le bourgeois consacrera une petite partie de son gain ou de son revenu de la semaine à des plaisirs, à des amusements qu'il partageait avec sa femme, avec ses filles et ses garçons, où « un litre » à douze sous, bu par toute la famille avec de l'eau, suffisait pour les mettre tous en gaieté. Le bourgeois, l'ouvrier, aujourd'hui, n'ont pas attendu le dimanche; ils sont allés au cabaret ou au café toute la semaine, boire de l'eau-de-vie et de l'absinthe et « parler politique », c'est-à-dire lire et répéter les sottises emphatiques, les mensonges empoisonnés, les inepties insolentes que leur vendent des

A PROPOS DE FÊTES i3^

écrivains sans conscience, sans talent, sans études. — Sur le produit de leur semaine de revenu ou de travail, semaine rarement complète, ils ne rapportent à la maison qu une petite partie, à peine suffisante pour que la famille ne meure pas de faim tout à fait; le reste est pour les marcliands de vins sophistiqués et de liqueurs vénéneuses. Quant à « siortir » le dimanche la iemme et les enfants, il n'en est même pas question; il n'y a pastropd'argent pour le cabaret ou le café de Thomme seul. D'aUleurs, la femme et les filles n'ont même pas la robe fraîche; le bonnet simplement coquet d'autrefois et dont elles ne se contenteraient plus d'ailleurs aujour* d'hui. Plus de promenades, plus de dîners sur l'herbe, plus de danse sous les arbes ; on reste à la maison, on s'ennuie, on attend l'homme qui rentre tard, à moitié ou tout à fait ivre, excité, de mauvaise humeur, qui se fâche de trouver un mauvais souper ou de n'en pas trouver du tout, qui gronde, qui jure, qui bat.

Puis les émeutes, puis les chômages, — puis les clubs, — puis les réunions publiques et « privées », les « manifestations », les ovations, — puis les grèves, — la prison, etc.

Et, dans la maison, la misère, la faim, le désespoir. Parfois la femme n'attend pas d'être usée, vieillie, détruite par le chagrin et les privations, pour avoir ïecours au vice pour manger et nourrir ses petits. Les fiUes qui n'espèrent plus se marier vendent leur jeunesse ^t ce qui leur reste de beauté, — pour avoir des robei et des chapeaux.

Ah! misérables et criminels rhéteurs, ineptes bavards, flu'avez-vous fait du dimanche ? qu'avez-vous fait de la gaieté proverbiale de ce peuple autrefois heureux, aimable et bon?

134 FINBANT Là PXUIE

Ce peuple, vous Favez empCMsmmé pour Texploita ao bénéfice de vos amI»iions, de tos appétits; tous Favez bercé ou mieux berné d'espérances ab^irdes;vouft lui avez inspiré des besoins factices, des aivies, des haines sauvages; vous lui avez ôté Famour du travai en lui faisant accroire qu'il pouvait être riehe et heihreux autrement que par le travail; vous lui avez eolevi Famour et les joies de la famille; au nom de la liberté vous Favez envoyé à la misère, à k prison, à la mcfft, Fabandonnant pendant la bataille, et tous unissaol contre lui, après, à c^ix contre lesquels vous Favier lancé.

Cest de ses s«ieurs, de ses misères, de ses déeeptiaos que vous payez la satisfaction de votre vanité, de votre rapacité.

Et ce sont des gaillards qui s'intitulent audadeuse** ment et exclusivement les « amis du peajde » qui Im ont rendu la vie rude, triste, haineuse, — qui ont corrompu son jugement, en renouvelant pour lui toutes les <( blagues » qu'employaient autrefois les racoleurs et recruteurs sur le quai de la Ferraille pour amener de pauvres diables à « s'engager » sans le savoir, chez le marchand de vin. Moins coupables, moins dangereux ces recruteurs et racoleurs d'alors que ceux d'aujou^ d'hui, car ils n'amenaient leurs victimes qu'à faire partie de l'armée régulière, disciplinée, honnête, qui offirait une carrière quelquefois brillante aux meilleurs, et à tous une existence assurée et une amélioration de leurs habitudes et de leurs mœurs.

Louis Blanc, — un de ces amis du peuple — et ud des plus dangereux, parce qu'il a du talent, quand, sous prétexte de République, il trônait au Luxembourg en 1848, qu'enseignait-il au peuple? Il lui parlait avec

▲ PROPOS Bfi f£tbs i3S

empliase de préteodas droits qai n'étaient jamais douH Ués de devoirs, — d'une prétendue royauté de droit divin appartenant au et peuple » ; et qu'appelait-il le peuple? Non pas comme il serait juste et sensé de le âdre, l'universalité de la nation. Non ! une partie de la nation, dans laquelle on ne faisait même pas entrer les oubliais de la terre, les agriculteurs, ceux qui nourrissent tous les autres. Ce peuple-roi ne se composait que des ouvriers de Paris et de trois ou quatre autres grandes villes, et alors, ces hommes étant rois, on ne se serait pas permis de lair oflBrir un salaire en échange d'un iravidl, on leur payait une liste civfle, de là les ateliers oatioDaax : de fii la terrible insurrection de Juin.

Entre autres bflievesées prêchées par Louis Blanc en vue d'une popularité malsaine qui néanmoins lui a échappé, il faut mettre au premi^ rang, « l'égalité des salaires », c'est-àrdire la diligence et la paresse, le tdent et l'incapacité également rétribués.

Je dis que cette popularité acquise en tenant boutique d'idées lEausses, sophistiquées, vénéneuses, lui échappe cQDune elle avait échappé à Ledru-RoUin, comme elle échappe à Madier de Hontjau. La « nouvelle couchen des < auûs du peuple » ne veut pas partager avec les « vieilles baii)es b du parti. Les morceaux ne sont déjà pas trop gros au gré de leur voracité.

Louis Hancie sait, et ne manifeste plus que de temps en temps, pour s'effoi>cer de rester jusqu'au bout « ami du peuple ». C'est ainsi que, dernièrement, Louis Blanc, pour ne pas se laisser oublier de ses électeuKS) a essayé de rajeunir la vidile rengaine de « l'aboiitioQ de la pdne dé mort » pour les assassins, qui pourraient alors avec moins de risques et une plus entière sécurité exercer leur industrie, encore un peu

gênée aujourd'hui. C'est ainsi qu'il présidait, il y a quelques jours, une petite fête « privée » sous prétexte de l'anniversaire de la mort de J.-J. Rousseau.

Quant à Voltaire et à Rousseau, s'ils avaient assisté à cette autre petite fête de la. Terreur de 1792 et de la Commune de 1870, il est facile de savoir le rôle qu'ils y auraient joué : Voltaire se serait prudenmient enfui et caché chez le roi Frédéric ou chez Fimpératrice Catherine, et Rousseau eût été guillotiné.

Car Rousseau était, lui, un vrai républicain, un véritable ami du peuple; il lui eût dit la vérité, et se fût ainsi rendu coupable de lèse-majesté du peuple-roi.

D suffit de relire quelques-unes des idées de Rousseau pour deviner l'acte d'accusation qui eût été formulé contre lui.

De quel front, 6 pseudo-républicains d'aujourd'hui, osez-vous présenter comme un des vôtres celui qui disait :

« Tout progrès en civilisation et en gouvernement est trop chèrement acheté, s'il coûte une goutte de sang. »

« Grâce à Dieu, je sais gagner mon pain, et au besoin je sais comment on s'en passe. »

Mais qu'aurait dit le bon Louis Blanc — si, au sein de cette réunion « privée », J.-J. Rousseau, imprudemment évoqué, était apparu et avait dit: a Taisez-vous, gamins, et -voyez si je suis d'accord avec vous, et si vous avez bien fait de me déranger.

» Commencez par ne plus vous permettre de faire jouer dans vos tumultueuses, haiaeuses et sottes réunions, la vieille et douce musique d'un poète, en même temps que la Marseillaise^ ce très bel air, sur des paroles féroces, fait pour exciter les cœurs à une guerre légitime contre un ennemi envahisseur, et dont vous avei

A PROPOS DE FÉTB8 137

fait, en le déshonorant, une horrible chanson de guerre civile et de combats impies contre la mère-patrie. « Puis, écoutez-moi.

» Tout malfaiteur attaquant le droit social devient par ses forfaits rebelle et traître à la patrie. E lui fait la guerre. La conservation de TÉtat est incompatible avec la sienne, il faut qu'un des deux périsse. C'est conmie ennemi qu'on fait mourir le coupable. {Abolition de la peine de mort.)

» Sous la République romaine, jamais le Sénat ni les consuls ne tentèrent de faire grâce. — Les fréquentes grâces annoncent que bientôt les forfaits n'en auront plus besoin, et on voit où cela mène. {Amnisfte aux (bassins et aux incendiaires.)

» La loi de la pluralité des suffrages est une convention et suppose au moins une fois l'unanimité pour rétablir.

» On trompe souvent le peuple, — et alors il paraît ^uloir ce qui est mal.

* Le peuple délibérant, les citoyens n'ayant aucune communication entre eux, la délibération serait bonne; ^s quand il se fait des brigues, des associations partielles, il n'y a plus autant de votants que d'hommes, ^8 seulement autant que d'associations. Quand une de ces associations est si grande qu'elle l'emporte sur toutes les autres, — il n'y a plus de volonté générale , ^t l'avis qui l'emporte n'est qu'un avis particulier.

D importe donc, pour avoir l'énoncé de la volonté générale, qu'il n'y ait pas de société particulière dans l'ÊiaU

138 PENDART Ll PLtlS

» ÏSippellG République tout État régi par des lois, sous quelque forme d'adfmntsiratkm que «ce paisse élre.

«Comment une multitude aveugle, qui souvent ne sait ce qu'elle veut, parce qu'elle sait rarement ce qui lui est bon, exécuterait-elle une entreprise aussi grande qu'un système de législation?

D De lui-même, le peuple veut le bien, mais souvent 3 ne le voit pas; il faut le garantir de la séduction des volontés particulières, il faut lui apprendre à savoir, à connaître ce qu'il veut.

» n n'est pas possible au peuple, à Funiversalité de la nation, en un mot du souverain, de conserver l'exercice de ses droits, si la cité n^est très petite.

» Il est parfois difficile de distinguer un acte replier et légitime d'un tumulte séditieux, et la volonté de tout un peuple des clameurs d'une faction.

» Dans une véritable démocratie, les magistratoies ne sont pas un avantage, mais une charge onéreuse.

» Je n'aurais pas voulu habiter une République de nouvelle institution.

» Il est de la liberté comme de ces vins généreux propres à fortifier les tempéraments robustes qui en ont l'habitude, mais qui accablent, ruinent et enivrent ceux qui n'y sont pas faits.

j» Les pe«iples prennent souvent pour la liberté une licence efiùràiée. Leurs révolutions les livrent presque toujours à des séducteurs qui ne font qu'aggraver leurs

ekaiaes.

» Chacun ne doit pas pouvoir è sa ftmtaiste proposa de nouvelles lois.

A PROPOS DB PÉTES 139

9 C'est une Ssuisse République qiie celle où le peuple, croyant pouvoir ^ passer de ses magistrats, œ leur laisse qa'one aulxMrité précaire.

j> D n'y a pas de gouvemement si sujet aux guerres civiles et aux agitations intestines que le démocratique.

» S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait déonocratiquement, un gouvemement si parfait ne convient pas à des hommes.

» La liberté n'est pas un fruit de tous les climats, n'est pas à la portée de tous les peuples.

» La liberté est un aliment de tbrte di^stîon, il n'y 4 que de très- bons estomacs qui puissent s'en accom* moder.

» Quand on demande absolument quel est le meilleur gouTemement, <hi fait une question insoluble.

» Le gouvernement sous lequel les citoyens peuplent et multiplient davantage est le meilleur, celui sous lequel ils diminuent est le pire.

» Toute assemblée du peu{de qui n'aura pas été convoquée par les magistrats préposés à cet effet, doit être tenue pour illégitime et tout ce qui s'y fait, nul.

» Chez les Grecs, tout ce que le peuple avait à faire, il le faisait lui-même, il était sans cesse assemblé sur la place, il habitait un climat doux, il n'était pas avide, etc. N'ayant pas les mêmes avantatges, comment observa les mêmes dr(»ts? Vous donnez plus à votre gain qu'à votre liberté, et vous craignes bïeii moins l'escla* vage que la misère.

» Avant d'élever un grand édifice, l'architecte observe et sonde le sol, pour savoir s'il en peut soutenir le poids. Le sage institut^ir ne commence pas psEP

rédiger de bonnes lois, mais il examine auparavant si le peuple auquel il les destine est propre à les supporter. C'est pour cela que Platon refusa de donner des lois aux Arcadiens et aux Cyrénéens, sachant que ces deux peuples étaient riches et ne pouvaient souffrir Tégalité.

» Les peuples, ainsi que les hommes, ne sont flexibles que dans leur jeunesse. Quand une fois les coutumes sont établies et les préjugés enracinés, c'est une entreprise dangereuse et vaine de vouloir les réformer.

» Quand le ressort civil est usé, un peuple n'a que &ire d'être libre, les troubles ne peuvent que le détruire; aussitôt que ses fers sont brisés, il tombe épars et n'existe plus.

» Il n'a jamais existé de véritable démocratie, et il n'en existera jamais ; il est contre l'ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné. On ne peut pas imaginer que le peuple reste incessamment assemblé pour vaquer aux affaires publiques ; s'il délègue, tout est changé.

» Le peuple, qui ne voit pas que ses vices sont la première cause de ses malheurs, s'écrie en gémissant: Tous mes maux ne viennent que de ceux que je paye pour m'en garantir l

D La seule introduction du scrutin serait un renversement épouvantable, et donnerait plutôt un mouvement convulsif et perpétuel à chaque partie qu'une nouvelle vigueur au corps. Qu'on juge des dangers d'émouvoir une fois les masses énormes qui composent la monarchie française. Qui pourra retenir l'ébranlement donné, ou prévoir tous les effets qu'il peut produire?

A PROPOS DE FÉTBS 141

» Quel homme de sens oserait entreprmdre de changer une forme qui dure depuis treize cents ans?

» n ne sufBt pas de considérer les moyens qu'on veut employer, si Ton ne regarde encore les hommes dont on peut se servir, etc., etc.

» Cette petite partie des opinions que j'ai émises autre* fois suffit pour démontrer que je ne suis nullement d'accord avec vous autres prétendus socialistes et soidisant républicains» que vous êtes des ennemis publics et de sinistres polissons.

9 Ne me dérangez donc plus de mon étemel repos. » Ainsi parlerait Rousseau et il disparaîtrait, laissant Louis Blanc abasourdi.

P. S. — Quant à la Marseillaise, déshonorée par l'émeute, il faudrait, tout en déplorant la perte de cette belle musique prostituée, faire d'elle ce qui arriva en 1830 de la Parisienne, — mauvaises paroles, musique vulgaire. — On ne tarda pas à en faire une a scie » agressive contre le pouvoir existant. Hais il y avait en ce temps-là au pouvoir des hommes d'esprit, qui en firent une « contre-scie ». Ordre fut donné aux orgues de Barbarie de ne plus jouer autre chose. A tous les théâtres, la claque demandait la Parisienne. Aussitôt qu'un rassemblement se formait, quelques agents de la police entonnaient la Parisienne. Au bout de huit jours les Parisiens en avaient assez; au bout de quinze, ils en avaient trop; et si un gamin s'avisait de la fredonner dans la rue :

En avant, marchons Contre leur canon, ete..

141 rSNDANT LA PJkUlE

i l'instant mèaoÊd le passant le plus près de lui lui donnait un œiip de pied «u deirière.

Si on oe veut pas'ràsfârver la MarseiUmùe pour les cas où elle a été composée, il &ut la déclarer ctàigaLloire, et . • • la regretter, car c'était un beau chant.

Page 1