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D faut que je dise une boime fois ee qui me fâche ia plus: 1<* ccfflttre les soi-âîsant répubticains ; 2^ conio-e les soi-disant conservateurs.
Ce qui me fâche le plus contre les soi-disant n^ublicaiusy c'est qu'ils inscriyent sur leur drapeau trois OQ quatre principes raisonnables, hcxmètesy justes, dont ils ne se soucient à aucun degré, que le plus souv)»it ils ne comprennent pas, et qui ne sont que le <k boniment » du dentiste en plein vent. Mais à ces principes ils créent, par cela seul qu'ils les arborent, des adver-* saires parmi des braves gens qui ne les comprennent pas plus qu'eux, si bien que lesdits principes sont renversés et foulés aux pieds par les deux armées.
Ce qui me fâche le plus contre les soi-disant conservateurs, c'est que lorsqu'ils se trouvent les maîtres, ils n'ont pas le patriotisme et l'esprit de s'emparer de ces principes, de les déclarer leurs et d'en assurer le triomphe.
M arriva un jour, à Athènes, qu'un citoyen taré
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émit une opinion raisonnable et utile. Un des cbefs de la République pria Aristide de monter à la tribune et de donner cette opinion comme sienne, pour qu'elle fût nettoyée de son origine et pût être honorablement discutée et adoptée.
J'ai lu dans une vieiUe édition de Racine une anecdote supprimée, je ne sais pourquoi, dans l'édition Didot de 1842 : Un jour, à Naples, un prédicateur en plein vent se vit subitement abandonné de son auditoire par l'arrivée d'un imprésario de marionnettes qui, la « pratique » entre les dents, fit entendre la voix coimue et aimée de Polichinelle (Pulcinella). — « Mes enfants, s'écria le prédicateur, en élevant le crucifix au-dessus de sa tête, revenez à moi, revenez, — ecco il vero Pul^ cinella, — voici le vrai Polichinelle! »
Je ne veux parler aujourd'hui que de deux de ces principes : le socialisme et ïimpôt sur le revenu.
Deux questions sur lesquelles personne ne s'entend, deux expressions que chacun traduit dans un sens différent, et pour lesquelles on se querelle avec acharnement, comme ces deux Italiens qui s'etant battus à là suite d'une discussion sur la supériorité que l'na donnait au Dante et l'autre à l'Arioste, s'enferrèrent réciproquement et avouèrent en mourant que ni l'un ni l'autre de ces deux enthousiastes n'avaient jamais lu ni l'un ni l'autre des poètes pour lesquels ils mouraient.
En bon français, socialisme voudrait dire : Système quif subordonnant les fouîmes politiques^ se propose des progrès ou des améliorations dans Vétat social.
Pour les pseudo-républicains, c'est un terme de comparaison. — Exemple : Dans un cabaret, ou dans une assemblée publique ou a privée », un citoyen dit :
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A moi cette préfecture, et le traitement y attaché, parce que je suis républicain.
Non, dit un autre citoyen, c'est à moi que reviennent la place et Targent, car je suis socialiste.
Que veulent dire pour eux et pour leur auditoire. « républicain o et « socialiste? » Rien du tout ; si ce n'est qu'à la roulette politique, ils ont mis leur enjeu SUT la rouge ; — quant à socialiste, c'est le a comparatif» de républicain — républicain, plus républicain, republicanitô, republicanior. Ainsi le socialiste remporte sur le républicain simple, mais il est primé à son tour par a raoarchiste communard et athée*, — republicanisst-
Une fois la partie jouée et gagnée par les dupes que les chefs ont envoyées à la bataille en tenant soigneusement leur précieuse peau à l'abri des coups, — les mots dc républicain, socialiste 9, etc., qui avaient auparavant un sens vague et détourné, n ont plus de sens du tout. — M® Gambetta déclare qu'il n'y a pas de question sociale, et un autre qu'il ne demande qu'un quart d'heure pour la résoudre; un troisième, l'illustre Cotte, qui représente à l'Assemblée à la fois et le département du Var et l'industrie des pots de chambre, iait cet aveu précieux : a Pourquoi des élections, puisque nous sommes au pouvoir?» — En effet, la farce est jouée. — Plaudite cives.
Quant aux soi-disant conservateurs, ils entendent par socialisme un gros mot qui leur fait à la fois et trop peu et pas assez peur, * — au lieu d'étudier sérieusement les questions qui, aujourd'hui, non seulement se pré* sentent, mais s'imposent.
Q y a ceci de particulier et de difficile dans notre situation, que le pouvoir n'est disputé que par des ré-
volulionnaires et des émeutiers de diverses. . . promotions; car j'appelle aussi une révolution le retour des Bourbons à la suite de deux invasions étrangères, et Charles X essayant de sortir de la Charte était un émeutier en 1830, — comme Tétait le prince Louis Bonaparte en 1852.
Or, une révolution est une crise grave et dangereuse; — c'est surtout à la politique qu'on peut appliquer le dicton populaire que a trois déménagements valent un incendie », en ne parlant même pas des déménagements accompagnés d'incendie, comme on en a vu.
Une révolution qui n'est pas « sociale », — c'çst-à-
dire qui n'est pas faite au nom et dans l'intérêt d'un
progrès social, — ne « fait pas ses frais » , est un crime
. de la part de ceux qui la font, et une bêtise de la part
de ceux qui l'acceptent ou la subissent.
Or, tout progrès social doit consister en ceci :
La société est fotidée sur un apport mutuel^ un piquenique^ où chacun donne une part de son argent et une part de sa liberté, pour assurer le reste de son argent et de sa liberté.
Le progrès social doit consister a donner au moins la même somme de sécurité, de paix, de calme, de bon- HEUR, POUR UNE MOINDRE SOMME d' ARGENT ET UNE MOINDRE SOMME DE LIBERTÉ.
Si la « révolution », au contraire, n'a pour résultat .que de donner à Jean le portefeuille de Pierre, à Paul Ja préfecture d'Ernest, à Edouard les appointements d'Alfred, d'asseoir Galimafre à la table mise pour Tartempion, de donner à Mathieu la flûte de Richard poui qu'il joue le môme air, c'est un jeu de dupes; et ceux qui ont aidé à faire la révolution, sauf un très petit
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nombre qui en profitent, servent eux-mêmes d'allumettes pour brûler leur propre maison.
Mais, voici la situation : les révolutionnaires promettent des côtelettes de sphinx à la purée de chimère, ou toute autre chose qu'ils ne connaissent pas, et qu'ils n'ont même pas la moindre intention de chercher, — les € conservateurs » repoussent les côtelettes de sphinx, — sans s'occuper d'offrir un mets plus réel et dont le ftimet attire les ayant faim.
Quant au a peuple », il ne sait pas ce qu'il veut et ne restera en paix que lorsqu'il l'aura obtenu. Et il n'en est pas encore à comprendre que tous ces bavards se moquent de lui, et qu'après s'être donné tant de mal, avoir subi tant de misère, avoir versé tant de son sang, et tant du sang des autres, après avoir dépensé tant de courage, avoir fait tant de bêtises et tant de crimes, il n'a fait que remplacer les « castes » des rois, des nobles, par les <ï castes » des avocats de bec et de plume, etc., qu'il est plus malheureux et plus triste qu'auparavant.
J'ai dit — du moins pour aujourd'hui — quant au c socialisme ».
Disons un mot de « l'impôt sur le revenu ».
Pour les « tignasses » comme pour les « perruques » fimpdt sur Je revenu consisterait en ceci.* vivre des rentes des autres, faire payer tous les impôts aux a riches » qui ne seraient pas riches longtemps, — c'est-à-dire dépouiller ceux qui possèdent ime fortune, firuit ds leur travail et de leurs services, ou du travail ou des services de leiu's pères.
Et un pauvre petit vieux journaliste, — qui est en ce moment si mal et si justement accueilli par ceux auxquels il 4se Uyre, aprè$ avoir été un de leurs plu;^
bruyants adversaires, traduit aussi, — en le demandant dans son journal, a l'impôt sur le revenu » par la mêm^ énormîté.
Les impôts indirects sont des impôts hypocrites, — au moyen desquels personne ne sait en réalité ce qu*il paye, et chacun paye énormément. Je ne sais plus quel ministre disait : ce Je préfère l'impôt du sel à toutes les mines du Pérou. »
Un des inconvénients de l'impôt indirect, à cause de la diversité des matières qu'il frappe, à cause de la lutte à soutenir contre la fraude qu'il excite, est de coûter deux cent cinquante millions de frais de perception.
A l'avènement de la troisième République, on pouvait s'attendre à voir au moins tenter l'essai de l'impôt sur le revenu, un des grands principes inscrits au drâpeâu, — non dans le sens absurde, injuste, qu'on lui prête généralement, mais dans un sens logique, é|uitab]e, dont je m'étais empressé de donner la formule :
Qu'est-ce que le revenu ? Le produit d'un travail actuel et personnel, ou d'un travail ancien, du père ou des ancêtres.
Avec quoi paye-t-on les impôts, quels qu'ils soient, directs, indirects, etc. ? — Avec son revenu, naturellement.
Eh bien, l'impôt sur le revenu doit consister en ceci, que chacun contribue aux besoins de l'État pour un nombre égal de journées de son revenu, c'est-à-dire de ce qui lui arrive de gain, de travail, de bénéfices, de fentes, de propriétés, etc. Ainsi les Chambres, ayant examiné les besoins de l'année, décrètent que chacun payera dix, vingt, cinquante journées de son revenu, quelles qu'en soient l'origine et la nature. Par exemple, je vais arrondir les chiffres, pour ne pas me jeter dans
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desdifBcullco d'arithmétique, difficultés qui arrivent vite pour moi.
^ L'ouvrier qui gagne 3 francs par jour donnera 30 francs; l'employé, le marchand, l'artiste qui gagnent 3,600 francs, payeront 100 francs, et le gros propriétaire, le banquier, le spéculateur qui possèdent ou gagnent 363,000 ou 730,000 francs payeront 10,000 ou 30,000 francs, le double si c'est à vingt journées que «'élève le budget.
Hais tout autre impôt est aboli ; les matières premières, les denrées nécessaires à la vie, les marchandises qui correspondent à tous les besoins ne sont plus vendues tt achetées que pour leur valeur réelle et intrinsèque, et tous les prix s'abaissent en même temps que la consommation augmente.
L'État et subsidiairement les contribuables économisent la plus grande partie des 2S0 millions de frais de perception, la vie devient singulièrement plus facile et.. . plus gaie, — ce qui n'est pas à dédaigner pour des hommes politiques. •• sérieux.
La main-d'œuvre s'abaisse avec les besoins de l'ouvrier, et nos produits peuvent de nouveau entrer en concurrence avec ceux de Tétranger, avec lesquels les impôts sur les matières premières et les nécessités nouvelles de l'ouvrier, sous le régime des impôts indirects exaspérés, ne nous permettent plus de lutter : d*où la production supérieure à la consommation, — d'où le malaise des industries, — d'où l'abaissement des salaires concurremment avec l'augmentation des besoins, — d'où les demandes d'augmentation, — d'où les grèves, si vous y ajoutez les idées empoisonnées et le vin frelaté.
En 1870, je fus effrayé lorsque je vis comment procédaient des hommes qui s'intitulaient profonds politiques
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et grands financiers ; je ne m'an*6terai pas aujourd'hui sur « la mode » amenée par Tattrait du jeu et de l'agiotage, de préférer les emprunts aux impôts, tandis que les emprunts ont ceci de particulier qu'ils sont toujours suivis d'impôts nouveaux pour payer les intérêts de ces emprunts plus ou moins usuraires.
Je m'empressai de soumettre à ceux de mes amis qui avaient, au commencement, quelque influence sur le gouvernement, un projet très simple, si simple qu'on ne le prit pas au sérieux, et qui nous eût permis de payer noire rançon sans faire d'emprunt, sans créer de nouveaux impôts, dans une situation où toutes les forces vives de la France étaient intéressées à les voir diminués ou abaissés.
Mais voici comment procédèrent les grands hommes d'État et les profonds financiers.
Us se mirent à une fenêtre et dirent :
Tiens l un parapluie vert! Imposons les parapluies, imposons la soie, et les vers à soie, et les cocons, et les feuilles de mûrier ; imposons les baleines, imposons les manches de parapluie, imposons la couleur verte, imposons le bleu et le jaune qui produisent le vert, imposons les pots où on met la couleur, imposons le mortier et le pilon qui les broient, imposons les chaudières dans lesquelles on fait bouillir la couleur avec la soie, imposons les cordes sur lesquelles on fait sécher la soie et les perches qui soutiennent les cordes, imposons le terrain dans lequel on plante les perches, etc.. etc.
Mais alors les parapluies seront plus chers, et ceux qui en achetaient en achèteront moins ou n'en achète^ ront plus, ou demanderont, pour en acheter, une plus forte rétribution de tout autre travail qui jusqu'ici leur suffisait pour vivre et acheter un parapluie; et les pays
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OÙ les parapluies se peuvent vendre encore à meilleur marché en vendront plus que nous, jusqu'au jour où nons n'en vendrons plus du tout. — Et ainsi de tout.
Alors j'indiquai, pour obvier à notre détresse, un procédé que je n'inventais pas, que j'empruntais naturellement et simplement aux expédients auxquels ont naturellement recours tous les particuliers, à quelque classe qu'ils appartiennent, qui se trouvent dans une situation analogue, — gênés ou ruinés.
Le riche vend ses chevaux, ses tableaux, etc. ; — sa femme vend ses diamants; — le bourgeois aisé, son argenterie; — l'ouvrier, sa montre et les boucles d'oreilles de sa femme.
11 ne vient à personne la pensée de supprimer le pain et la viande.
Il y a, ou il doit y avoir, serrés quelque part, dis-je alors, un certain nombre de bibelots, connus sous le nom de a pierreries de la couronne ». Je dis : il doit y avoir, car je ne les ai jamais vus, et je doute fort que cinquante Français, sur les trente et quelques millions que nous sommes, les aient vus plus que moi. Nous voici en république, il n'y a plus de roi qui s'en pare comme Louis XIV; et il n'y en aura plus, quand même on reviendrait à la royauté, comme je le crois. — Un roi qui, comme le Roi-Soleil, se couvrirait de ces pierres brillantes, ameuterait les gamins de Paris, et M. le préfet de police ne pourrait les empêcher de crier à la chienlit.
Si Napoléon P' mettait parfois « le Régent » au pommeau de son épée, c'était à une épée de parade et non à son épée de combat; ce n'était pas avec ce joujou et le manteau impérial aux abeilles d'or que se le représentent ceux qui aiment ce genre de grandeur qui appartient
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aux conquérants, c'est avec le vieux petit chapeau et la vieille reding^ote grise.
Le bon roi Louis-Philippe auquel la France a dû dixhuit années d'une prospérité inouïe en tous genres, devait une partie de sa popularité à son chapeau gris et à son parapluie. Je ne me représente guère la place qu'auraient occupée sur ce chapeau et sur ce parapluie a les pierreries de la couronne ». Sa femme, ses filles et ses brus, qu'on ne voyait du reste jamais et qui «filaient de la laine », s'habillaient avec une simplicité qui ferait sourire de pitié les sous-préfètes républicaines.
A qui peuvent servir aujourd'hui ces diamants? Cherchez-moi trois Français qui puissent dire qu'Usent en quelque chose contribué à leur bonheur. En est-il un pour qui la pensée des « pierreries de la couronne » puisse remplacer une botte de radis roses — une bouchée de pain?
En ce moment, en 1870, — une partie seulement des Français avaient mérité leurs malheurs, — nous excitions les sympathies du monde entier.
Mettons, disais-je, en loterie les diamants de la couronne; ajoutons-y, si c'est nécessaire, un peu plus tristement, mais en obéissant à la nécessité, une partie des richesses de nos musées.
Les pierreries sont estimées trente millions.
U y aurait là certains lots de deux, de trois millions et au-dessus; beaucoup de lots d un million, de 600,000, de S00,000 francs.
Il n'est que très peu de personnes, dans l'univers civilisé, qui hésiteraient à prendre au moins un billet de 20 francs pour courir ces chances, en témoignant une générale sympathie pour la France, cette « seconde partie du monde ».