‹ Pendant la terreurChapitre 24 sur 83 · Le fils d'Élie <le Beanniont. dont il est qr · texte numérisé non relu

Le fils d'Élie <le Beanniont. dont il est qr

- ^ponsa, quelques années après, la fille du président Onpalv.

lil) PENDANT LA TERREUR.

diablée, il parait que monsieur n'en veut qu'à l'Académie 11 vient d'en faire une triste exécution et moi, grâces au ciel...

— Vous, monsieur, reprit Cazotte, vous périrez sur l'échafaud.

La correspondance de Roucher avec sa femme nous introduit dans ce monde que le poète se reprenait tous les jours à aimer davantage.

Aujourd'hui, M. de Montalembert le présentait à la comtesse de La Touche, femme de chambre du duc d'Orléans. et Roucher ne dissimulait pas qu'il en concevait les plus grandes espérances.

Le lendemain, c'était une fête chez la princesse de Listenois, où le poète était convié.

A la campagne, Roucher séjournait des mois entiers chez le président d'Ormesson, le conseiller trop peu écouté de Louis XVI, le médiateur estimé entre le roi et le parlement, lors de la querelle de 1788.

On se rencontrait aussi chez mademoiselle de Sully, la descendante du grand ministre, amie intime du poète, marraine du fils qui va naître aux premiers beaux jours de 1789, de ce (ils que Roucher appellera Emile en souvenir de Jean- Jacques, comme il axait donné à sa lille le surnom de Minette que madame Helvétius, — quand elle n'était encore que mademoiselle de Ligneville, — portait avec tant de grâce et de charme dans les salons de sa tante, madame de Grafligny. Turgot, qui avait connu la belle jeune lille, plaisantait plus tard sa vieille amie sur ce surnom de sa jeunesse et Roucher, présent à ces joyeux entretiens, avait facilement obtenu de baptiser sa lille de ce nom, autrefois si aimablement illustré.

Les historiens de la Société française pendant la Révolution ont retracé le tableau de ces derniers salons de l'ancien régime :

l.F rOÈTK BOUCHER. 121

Il y avait aoprès de Paris comme un»1 chapelle où Ion gardait souvenir des saints de X Encyclopédie. C'était à Auteuil, en cette maison champêtre où madame Helvétius ■ trouvait tant de bonheur dans tjuatre arpents de terre », où Franklin avait passé et donné un nouveau baptême aux filles de madame Helvétius, madame de Mun et madame d'Aodlau, qu'il appelait lt$ Étoi

IJi se réunissa:eal labbe Sieyès, Yoln »y. Roucher, Ber. Ifanuel; Chamfort, alors dans toute sa f»*rveur révolutionnaire, y apportait sa verre impitoyable et prodigieuse. L'abbé I Roche, le commensal de la maison, se promenait, reganlaut par les fenêtre^ les beaux jardins de madam" de Boufflers: Cabanis jetait sa parole ardente et madame Helvétius, le regardant, disait : « Si la doctrine de la transmigration était vraie. ]e serais tentée de croire que l'âflM de mon lils est passée dans Faîne de Cabanis. »

Chez madame Neckcr, Roncber était accueilli plus encore en ami qu'en littérateur.

In salon s'ouvre bientôt, plus égayé, moins sévère, le salon de l'intime amie de madame de Condorcet, de celle qu'on appelait tout à 1 heure Julie Soubise, qui est maintenant Julie 'M ma et qui amène toute sa société au joli hôtel de la rue «".hantemne. Dans la galerie de la maison, toute garnie de yatagans, de Bêches et darmes anciennes, de ces trophées dont David a donné le goût à Talma. vous verrez passer les pijètos de la Révolution : Yergniaud. Dueis, Roger-Ducos, Chénicr. >mme aux longs cheveux bouclés, c'est Greuze qui, insoucieux des temps, passe ces années agitées à peindre Marie l'Égyptienne, l^avoiîier cause avec Roucher: ils ne se retrouveront qu'au cimetière de la Madeleine '. Puis ce sont Roland.

t. MM. de Goaenorl oat, ici. commis nne légère erreur. Roucher,

place du Trône, fut enterré à Picpus axée Montalembert, Cre-

qai, -Mr.nlmorency et au*-i avec Chenier. qni vaut bien tous ces erands

l^-' PENDANT LA TERREUR.

Lebrun, Legouvé. Lemercier, bilaubé — <'t RioufTe qui redemandera ces heures si courtes des soirées de Julie Talma aux heures si longues des prisons de Robespierre.

Tout près de ces grands salons où les pensées s'échauffent plus que de raison, où le paradoxe s'étale vainqueur, il y a le cénacle, la maison amie où, dans les intimités et dans une atmosphère recueillie, les poètes, dédaigneux du vulgaire, se confient entre eux le secret de leurs espérances.

On se retrouvait chez les Trudaine ou chez madame de Chénier et la, quand Roucher, le doyen de l'aréopage, avait lu quelques vers de son Astronomie ou de ses Jardins, André se levait et, comme le poète antique, il improvisait à haute voix les vers enflammés de l'Hermès ou de Y Aveugle. tandis que Marie-Joseph, Lebrun, de Pange et Brazais, assistaient religieusement à ces amours superbes de la muse cl du poète.

Mais voici que les événements politiques s'accentuent ; Roucher laisse à son frère d'Auhanel la recette de Montfort; il veut être définitivement et uniquement bourgeois de Paris.

Les premiers jours de 1781) apparaissent comme l'aurore d'une vie nouvelle et le recommencement dans l'âge mûr des illusions de la jeunesse.

La littérature et la poésie loccupent encore; mais on sent que, dans sa vie comme dans les salons, il y a aujourd'hui un nouvel élément. L'enthousiasme général a eu un contrecoup au foyer tranquille du poète. Les leçons paternelles \ont embrasser dès aujourd'hui la politique aussi bien que la morale; c'est une heure bénie de joie indescriptible et dont

noms. Dans ce terrain qui appartient aux familles des victimes, le général de La Fayette, ironie du sort, reposo ii côté de ceux qui n'ont connu de la Révolutiin que les amertumes:

LE POÈTE ROUCHER. t-'t

Roucher, en homme du Midi, prendra largement sa part. L'espérance l'agite, comme en 1780, à la veille des Mois; mais elle a un objet plus élevé. Roucher ne pense plus à la gloire pour lui-même; il n'a- plus qu'un but et qu'un rêve :

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