CHAPITRE III
LE HOCHA GE r.ivn.
Les rêves et les illusions. — Élections aux Etats généraux. — Premiers actes. — L'opinion de Roucher prend forme. — Son appréciation confiée à sa famille. — La femme et la Révolution. — lue jeune citoyenne. — Roucher président du district de Saint-Ktiennedn-Mont et notable-adjoint à l'Assemblée nationale. — Discours de Roucher. — La carde nationale. — Ode à La Fayette. — Railly, maire de Paris. — Lettres de Mahérault. de Pkcini. etc. — La loge des Neuf Sœurs devient une société nationale. — La Société de 80.
— Roucher en fait partie. — Aux Feuillant). — Les premiers clubs.
— La Fédération de 1790. — Cabanis et Condorcet accentuent leurs doctrines. — Premières séparations. — Roucher reste avec André Chénier. — La traduction de la Richesse des Nations de Smith. — Travaux de la Constituante. — Acceptation de la nouvelle constitution. — Roucher et la fuite du roi. — Démission de Railly. — Précepteurs proposés à l'A-seniblée pour faire l'éducation du dauphin. — Élections à la Législative. — Brouille avec Cabanis. — Rixe avec Danton. — Le club de la S tinte-Chapelle. — Roucher y prend plusieurs fois la parole. — llesl candidat à la Législative. — Affaire des Suisses de Chàteauvieux. — Belles paroles du poète. — Fureur de Grégoire et de David. — Roucher se prononce contre la Gironde.
— Polémique avec Collot d'Herbois. — Lutte contre Robespierre.
— Belle campagne de Roucher et d'André Chénier dans le Journal il-? Paris. — Le café de Valois. — La cérémonie de Simonneau, maire d'Étampes. — Roucher fait les paroles de l'hymne funèbre. — Dernier rayon d'espérance. — Le 10 Août. — Les deux poètes
le poète non. il ri!. 123
acceptent la république. — La Harpe insulte les honnêtes gens qui , it mené la campagne. — Chénier et Roucher jugés par Lnoretclle . t Lamartine. — Roucher se retire de la lutte. — Il ne s'occupe plus que de l'éducation d'Eulalie et de botanique. — Retraite studieuse. — Perquisitions. — Visites domiciliaires. — Un dernier succès à la tribune du Panthéon français. — Sa conduite politique sera travestie par Fouquier-Tinville dans l'acte d'accusation — Le poète et arrêté et conduit ;i la prison de Sainte-Pélagie.
Eu 1781). toute In génération littéraire, fille de Voltaire ou de Jean-Jacques, marchait, comme en triomphe, derrière Gondorcet. Celui-ci. avant d'être atteint de ce fanatisme négatif qui allait faire de lui le plus dangereux des sectaires, se montrait à celte heure bénie le plus enthousiaste des illusionnés. Dans les salons, comme l'a si bien remarqué Becq de Fouquières dans une de ses belles études sur André Chénier, l'ironie du siècle tempérait peut-être ce qu'il y avait de faux, d'excessif ou d'absolu dans cet optimisme du philosophe. Mais ceux qui, tout en fréquentant la société. sentaient en eux quelque chose de supérieur aux idées superficielles qu'on émettait autour d'eux, ceux-là croyaient a\cc une foi invincible à l'excellence et à l'infaillibilité ûo< principes.
Pour Houclier. cette force que donnent les convictions raisonnées était encore augmentée de ce que, chez lui, au contraire de beaucoup d'autres, l'homme ou l'auteur n'avait rien à rétracter de ses opinions ou de ses écrits antérieurs.
Régénération de la société, destruction de l'arbitraire et des abus, économie dans les finances, égalité devant la loi, indépendance de la pensée, tout ce qu'il y a de beau et de bon dans le gouvernement des hommes quand le prince est sa?e et libéral à la fois, voilà ce que le poète entrevoyait dans ces rêves des premiers jouis.