‹ Pendant le terreurChapitre 10 sur 84 · I.K l'uKir. i;()U(;iii:n · texte numérisé non relu

I.K l'uKir. i;()U(;iii:n

plus dindt'poïKlance, riiospitaliU' d'Aiiel. Il preiiiiit inlérêt aux mesures généreuses que le seigneur appliquait dans ses doiuaines. H se sentait à l'aise chez ces nobles instruits, intelligents et charitables, qui n'étaient pas do ceux contre lt'si|uels se fera bientôt la Hévolulion.

11 parcourait les endroits les plus pittoresques du domaine l't il laissait la trace de son passage dans des inscription* poétiques qui célébraient la Ijeauté du lieu. A Saint-Lazare, il revenait avec mélancolie sur la vie libre et heureuse qu'il avait menée à la Falaise et il inimoitalisait ainsi ces plaisirs lie sa jeunesse et les nobles hôtes qui les lui procuraient '. Dans son Mois de Juin il a chanté les heureux cliùlelains de i"e joli séjour; il s'est étendu longuement, avec com|>laisance. <ur la fondation qu'ils avaient faite pour le couronnement d'une rosière, comme s'il n'était pas étranger à l'acte de donation qu'on a retrouvt' dans ses pa[»iers. Là, quelques détails connue le chapeau de paille entouré de branches de roses, nouées par un ruban bleu, — on reconnaît ici le règne de Wattean, — ou coirine ce repas de fête, qui ne devra ('tre composé que de laitage et de fruits, semblent sortis tout entiers de l'imagination et de la plume de Uoucher.

Il faisait plus encore : comme s'il pressentait l'avenir, il \oulut immortaliser les traits de la charmante manjuise et, en tète de ce Mois de Juin, il lit graver par Marillier la scène champêtre que présidaient les deux châtelains.

Toujours la plume à la main devant les livres qui solliritenl sa lecture. Roucher se prononce contre les basses llatleries des dédicaces dans Ovide, Virgile ei Lucain ; il sème ses observations de noies aulobiogiapliiques qui remontent jusqu'aux jours de son enfance ; ou bien, il donne

1. Voir cette cliarmante lettre A lilulalic ijui se tunivc dauj /ci- Cunaolations, t. II, p. 92 cl siiiv.

ses idées sur la poésie eu général el cV^l aiu^i qu'apros laje desoripliou laliuc des scieuces lualliéuiuliques ou pinsiques. il écciî. en 1771) en marge des Pooiiata Didas^

rn/ia :

Admire^ Ir pouvoir de la poésie, qui reud i)uli>aljles pour ;iiusi dire les sciences les plus abstraites. Avec quelque Iravail, il serait facile de transporter cette descriptiou dans lu (loésie FraueiMSi' qu'on a trop voulu borner jusqu'à présent, puisiju'elle peut, aussi bien (|ue la poésie latine, tout dire. Iniit exprimer i-t tout peindre.

C'est encore en marge de ce livre, qu'à propos de l'education du poète, il recommande les grands vo\ages « qui l'ont passer sous ses yeux tous les grands tableaux de la société et de la nature. C'est là. dit-il. à mon avis, le grand moyen de développer dans une jeune tète de grandes pensées, de grandes images et, dans une âme. les fortes (•motions qui se reproduisent dans les ouvrages. »

Par-ei. par-là, quelques jugements : u Le récit de la moil d'Abel dans la (ienèse, est admirable. — Milton. ici. es! supérieur à tous les poètes niu'ieiis et nii)deriies et à Ininiènie. »

Parfois ce sont des allusions à de procliains lra\au\. comme ce poème de ]'Aslronoiii'i\<[n\\ devait ébaucber un jour :

l^i coiuuK'iici' II" récil de l'invention du baroméire, épisode cuiieu.x dont l'imitation no ligureiail peut-être pas mal dan:uii dos cliaul.'^ de VAslronomie. .le u'eu ai pas eocoro la place et pour la trouver, il faiil ipie j'aie niéilité davantage le ]\h\\ de ce )i0t;iiie.

Mai> k's unie.-- fini >(»ii( a->iiieiiienl le^ plu;- curieuse?

Li: PuKTK llUL"Clli:i!. •>'.'

-itiil celles que Uoiiclier u écrites en niar{:e d'iiii exemplair»' (les Sdisoiis île Saiiit-Laïubert. Non seuleiucnl elles nous donnent une idée de ses procédés de travail, mais encore elles nous éclairent sur l'opinion que Houclier avait de luimême ; parfois aussi elles le montrent dans ses saillies de ruractère prises sur le vif.

Dans ce travail critique fait sur une œuvre toute récente et presque rivale de la sienne, ilouclier compare son émule .1 Virgile, à Thomson, à D;.'iille, à Ciessner; il montre par^ li»ut une va>te érudition et une connaissance réelle du sujel. Ition naturelle, d'ailleurs, de la part de celui qui aentrepri:' lie chanter les Mois.

De quelques vers du déinit, il va dire qu" '< ils sont lieau.v «1 imagination et surtout d'harmonie imitalive, qiialil('' iiifii rare dans nos poètes modernes à conunencer p ir .M. de \'(illaire. si inférieur du reste à Hacine ).

A propos de ces vers sur le laboureur :

Il ci-aiul la pauvreté .Mai.^ i! cr.iiut plus eiicor la triste oisivelc,

U'jut lier s'écriera :

Mi'iisongc ([ui uc pouvait tunil)er ipir dans lii leh' il mi ('f)ilesfiplie. CVsl ce (jiic j'ajqM'Ilc doniifr un soufll'l i\ la nul un-.

Il prockune >< sans dctoiu's " la supériorité île >on poème des Mois, soit qu'il dise que Saint-Lambert n'a rien fait qui approche de son tableau des pluies priidanières, ou que su descripti(jn de la convalescence est vraiment dramatique : " Ai-je réussi? dit-il ; le public me l'apprendra un jour. -

11 dit encore :

l.a fenaison e-;|. [irlll -rire, (je |iiil> le» liaVailX elialllliètres le

40 r'K.MtANT i.A ïi:r,Ri;un.

plus aimahlc Pt lopins riant. Dans Sainf-Laivibrrl. il osf sau< taraclèiP. J'ai tâché df nie rappruchcr do l.i naturo ot do Thoiijson lors(|iio, dans lo Mois de Juin, j'ai crayonné lo niônio labloan.

I,c irrand roproclie (|u'il adresse à s;.>ii rival, (■"ost do iM mqnor (\i' chaleur, denlhousiasme, d'initiation :

Ponr niui, dit-il, jai roniarqué quo je faisais loujonrs mal cr dont jo n'avais pas été avorti par mon génio.

l'^t. roprcnanl dans le détail son appréciation, s'il compare (iessner et Saint- Lamborl. il dira :

Ici, tout ost froid, pi'iiililr cl didaoliqno. |);ius (iossnor, lu'il ost soiitimoni, tout ost amonronv. Saint-I.ainh"^rl, iiointro san- 'dulonr; (iossnor, brillant coloristo. Kniin, dans los vers 'h- Saint -I.ainbort jo crois liro do la ptoso, ot (lan>- la proso d • (iossnor, jo crois lin' dos \ors.

Sur 'riioni>nn :

M. do Saint-Land)oil so bat b-s lianes pour s'écliaulT'>i-. 11 pst bien ditVéront do Thomson, jiooto inspiré. On cruit oiitondio nn pio])hoto tant sos inouvoinoiit sont vifs ot variis. s»-'s ponséos rovôtnos d'imairos ot sos épithètos pittorosqnos.

I! renvoie son auteur à ce môme Thomson, à Virgile ot à Horace :

Dans tous los trois vous trouverez un poète ot vous serez fAclié de ne voir qu'un raisonneur dans Saint-Lambert.

S'il est satisfait, il a encore des rélicences :

Autant le plan est sage et bien ordonné, autant l'exécution

ost faible, parossouso ot monotone.

L K I' 0 i; T i: noie ii k h. il

A propos (le ces deux sers •■ d'une beaulo (jui >-t'iiililt.' ne point appartenir an talenl de M. de Saint-Laiiiliert :

l/aigle entouré des feux «lont l'Olympe étincolle Suif, atlciiil «on amanlo <^\ jouit dan~ les cif^ux,

Pindare, dit Rouclier. n'est pas plus sublime. >■

Ici. l'approhatiuii est sans mélange : « .lo connais peu de Nêrs en fi'antais qui soieid sup(''rienrs à ces dciiN-ci :

li'ctt là iiiK' la Diinri' t'I | lus rii-Lii- et plus lielle Sguale avec oi'gin'il sa viiiuetir l'IiTiirlIf. «

Mais l»ientôl la criti(iue amère reprend le dessiis et avec nn ton qui montre combien le caractère de Houcber était resté Méridional sous le climat de Paris; ce ne sont que des exclamations :

l5on Dieu, quelle prose!... Troi.s veis de métapliysique! l5i)U Dieu, comme ce langage abstiait assassine la poésie!... Voilà ce diable de Je vois qui levieut encore...

... Ne sois pas tant pbilosopbe cl sois plus poêle... Lu |ui\>an qui se dit, comme Dieu, ce que j'ai l'ail est bien, il y ;i lu je ue sais quoi qui me l'ail toujours lire!

Iles notes s'arrêtent au milieu du cliant de l'/:!'-. Tout imoinplèles quelles sont, elles n'en restent pas moins des plus intéressantes.

11 est toujours délicat de livrer ainsi à la curiositipublique, qui aime k taire des compaiaisons, les jugements il les pen?ées qui, née> au cornant de la pUune, écrites par I auteur pour son usage, n'étaient pas destinées à all'ronler un jour la publicité. Mais ces notes dépeignenl si bien notie poète, elles lappellenl si parlaitement jusqu'aux termes ,inèrae les jugements publics dt' (Iriumi et de Ditlerol que

ï-2 ri: N 11. \ NT i.v l'i-.i'.niM-i!.

l'iiilrivl lions a paru jiistilicr co qui. flo piiino aliorfl, vomitif rail une in(liscr(''tioii'.

lloucher était lieaucoup moins sévrre pour labbt' Dolillc: il en parlait avec éloges dans ses notes des J/o/.v'-. D'ailleurs, dans ce poiMne, qu'il croit appelé à un grand retentissement, c'est toujours la bienveillance qui prend le dessus, soit qu'il s'agisse de d'Alerabert, soit que le poète nous entretienne de ses amis et de leurs promesses; Cabanis, Oarat, Berquin. sont annoncés et présagés avec une indulgence que leur carrière n'a pas toujours justidée, mais qni, du moins, témoigne d'une grande bonté de la part de lîuuibi'r et surtout d'une al)sence totale de jalousie".

Le poète, comme s'il voulait faire de son œuvre le résumé de toutes ses doctrines et de toutes ses pensées, introduit à coté de ses observations personnelles, l'exposé de ses l>rincipespliiloso])hiques. Enfant de cette (in du xyiii" siècle, il aime la discussion sur tous les sujets; il en abuse. A tout instant, ce sont des souvenirs : « J'ai connu un lionnne, etc. » Sur le soleil vu par les mourants, il trouve bon de nous dire les idées que cette pensée évoque chez lui. etc., etc.'*. Sa pliilosopliic. au contraire, qu'il eiit été

I. Sainte-Ilouvo, dans sa Iri's liello ('tiidi' sur la iioésio de l:i naliiii'' l'ail se ries (ht Lundi, l \l). a fort hioii mis en Itiiiiiéie l'aridité, la siTheresse de Saint-Ijambert. Il appuie son jntrement sur les opinions lie (irinini, d'Horare Walpole et de madame du ItefTand. Appelé parle sujet même à faire la cimiparaison, il reconnaissait an rontraire chez llonclior cette duncenr et ce charme, celle fraiclieur et celle nonveaiitc ([ni composent précisément les qualités de sensibilité qni manqnaion' il S,iint-I.ambert. C'est aussi, dit le irrand critique, le côlé par lequid llnuelier l'emporte sur l'abbé Delille.

iî. Lcx Mois. t. II. p. nr.k

:i, I/jif/.ft. Il, ]). 101, :;;{. :i8. Le Ijarat dont il s'a<rit ici est Joseph ilarat, celui qui lut ministre de la justice pendant la Kévolution el qui devint comte de l'empire cl memlue de l'Académie fiancii<e. (.'était l'iincle du célèbre chanteur.

i. Lh .17o(\-, I. II, p. ;!iS. anec.lulc il'une mcre pleurant ■^a tille :

i.i: i'ni:Ti: notcii i:i!. 't."!

I.irl iiilt'rtsiiaiit tlo piviisci". .ipparaît livs nt-lniU'ii^f. à peine aiivU'C. Pourquoi trouver le stoïcisme ridicule' ipiand on t'-t presque ini disriple de Lucrèce?

Maisce qui apparaît l)eaucoup plus nettement, c'est l'esprit tle progrès et de réforme. Eu 1780, lien n'était plus hardi ([ue cette note sur le divorce qui n'est pas de Houcher, — il nous en prévient, — mais dont le poète se rend absolument solidaire, et resp()nsa])le en lui accordant une aussi large hospitalité.

Les événements de l'époque, iruerre d'Améri(|ue, partage (le la Pologne, lrou\ent nu écjio dans ces vers: Franklin, ipie Houcher a connu à Auleiiil, voit sa découverte célébrée avec iiii enthousiasme bien natui'i-l chez un ami de Turgot.

En dehors de ces actualités inli-ressantes, l'annonce d'une édition luxueuse, ornée de superbes gravures-, excitait encore l'attente générale: aussi, le poète, prùné dans tous les salons, voyait la liste de souscription se couvrir des noms les j)lus remarqués dans le monde et dans les lettres.

L'ne indiscrétion du Journal de Paviit, qui venait d'être hmdé par d'Cssieux, Corancez et Romilly, tous trois amis de Houcher, vint mettre le comble à la célébiité du poÎ4e et ;iiguiser la curiosité du public.

Dans les premiers jours de janvier 1777, une note annonçait, comme une bonne fortune pour les lecteurs du journal, la publication d'un extrait du Chnul iV Octobre.

rt'Qoviuu (le Roiiclier sur le nM(^ du olorirt'; dans relie alTaire; — |i. 217. -:(r IMuie des hètes, disrusiioa des opiaions de lieseaile* et de l.i.>uU llaciDe; — le nde du poète, — les jeux dans l'aris, — sur les Druide^, autant de sujets UAûi-i dans rette fcuvre trop tuuiïiie et trop vaste.

t. Tome H, p. If)'..

•. f.es gravure? ne revenaient pas à moins de trente luuis leltude-Rouelier an graveur l'onre en lTiO\ et l'édition in-l" roula Yin?lquatre mille livres, somme énorme pi.ur eelle époque.

-îi l'K.NnAN'r LA TEItl'vKlIi.

Hien ue s'anéantit; non, rion i.l la niatièiu

Comme un fleuve éternel roule toujours entière, eli-.

Le rédacteur présageait que ce poème donnerait ù la langue française un caractère nouveau d'harmonie et de lierté. 11 espérait que Roucher pardonnerait cet éloge, ainsi que le << larcin et les taches dont une mémoire infidèle avait peut-être d(''paré les vers qu'on lui avait surpris ".

De Montlort. Itouciier répondit, le :20 janxicr, qu'il pardonnait le larrin. mais ui>n pas IVvcès des ('loçvs.

l.e, ]iu!:lir, disciil-il, es! |irévt'ini contre les aveiiglenn'nts île l'amitié. De plus, quelle idée «piaranle vers peuveul-ils donnoi d'un long poème? Est-ce que le sculpteur détache un pied ou une main de sa statue? Imprimez, je vous prie, celle lellie et pour réparer l'espèce de tort que j'ai pu souffrir de votre larcin el rinjin-e <pie vous avez faite au puldic en [tréviMiaiit son jugement.

lioucher abordait ainsi le Jotinial dt' Paris où sa collaboration intermittente ne cessera qu'en 1702, après une campagne qui est assurément son plu< beau litre de gloire devant la postérité.

Aujourdliui. les cuannunicatious sont puremonl littéraires, quelquefois même auecdoliques ou charitables. Toutefois, le 28 septembre IT7.S, un article impoiiaiU iiiontre que Houcher prévoit dé'jà la Uévolulion et que son parti est arrêté de se placer dans les rangs des vrais amis du peuple. Voici comment il s'exprime, lrou\ant moum, (mi même temps qu'il fait une déclaration de principes, d'être agréable à son ami l'abbé de llesplas.

L'éloquence de la chaire, dit- il, n'émeut pas d'Iiabitudc jiarce que le prédicateur ne tire rien de sou cœur. Il a composé Iroidement: il est écoulé de même.

i.i: l'OijTK II or cm:». «••

l.e senijoii liiil pai- l'ubl»' de Ue^plas ;'i Mt'sduiin'S de Fiance est bien dillérent. Connue il a raison d'annoncer t| ne les afflictions penvenl pénétrer jn.squ'au milieu du faste des cours !

Est-ce, eu etl'el, nu pctiitle duul la vie est une longue souffrance qu'il faut en prêcher la uécessite? C'est aux grands, qui, sans la religion, oublieraieuî peut-être qu'ils sont liouinie^, qu'on doit faire fulcndrc ci-lte dure vérité.

|{ap|»n)clianl ces paroles de .M()nles(|uieu et de Voltaire : " La l'cligion est le seid mors (pu.' les rois puissent encoie Manchir », et :

Celle ri'ligioii qui Ilm cucLaiui' Ions

l.i'iir UK't im froiii sacrr qu'ils umnlciil à genoux.

HmucIici- ajoute :

• e uiol MIT laïqii'llc un»' ié|M)Ust' uoil moins subiiiue que lil un lioanne de lettres ù un souverain tpu voulait tourner eu ridicule ses senliuieiils religieux. " Oui, Sin', j'aime à croire ;i un Kire ipii esl au-dessus des rois. »

On sent (pie Hnucber e>l de l;i maiscui; ses anus aiuienl il la recommander au public toutes les fois que roccasioii s'en prési'ulc. Si l'on rend ciuupte de VAliiiiimich t/i's Miisfs et des pièces (juil rniiiienl. un insistera pailiculièremenl sur les veis de Honcliei-. el. ii propos par exemple de la traduction du faillit/ne d'isa/i', on n hésitera pas à dire quelle suflit pour placer sou auteur au premier rang \\v}i poêles lyriques.

Un lui ouvre toutes grandes les colonnes du journal ci l'on accueille ses articles avec plaisir.

Lorsque Baillv , rel'u>anl de suivre Vidtaire dans ri'lle

U'i 1' i:\itA NT I. \ ïi:i!i!i:ii!.

lliéoiie ([iii ri'i.'iii(lrtil la dynastie de? Braclimane* comme la nation primitive dépositaire des secrets de la science et de la civilisation, se prononce pour l'hypothèse phis indéterminée d'une nation préhistorique évoluant dans un âge d'or légendaire, Roucher est là pour prendre position dans la lutte et pour soutenir, dans des articles presque quotidiens, le système de son ami; quand le savant, dans son Allan(>fle,vpnome]i\ contre A'oltaire mort la querelle des premiers jours, lloucher reprit pour son compte, exposa et soutint les théories de Tillustre astronome. Tl répondit à tous les arguments de Pigeon de Saint-Paterne, le défenseur de Voltaire. La polémique durait depuis longtem|is, elle menaçait de s'éterniser, quand Rourher la termina ]);ir cette déclaration :

(.('S n'jionses me fniil jionhe un lemjis précieux. Le lfiiij)> qu'on perd ù se défondre pont être mieux ('m|)loyé ;i cidlivt'il't à étendre sa rnison'.

Il est encore une autre grande question de l'époque, bien (Itère à l'école économiste, celle de li liberti' destrrains. qui ne laissa pas Roucher indifférent.

Pour s'être prononcé' contre Voltaire dans ses démêlés scientiliques a\ec Buffon ou avec Bailly, Roucher n'en est pas moins fasciné par l'universalité de ce génie; ce n'est pas seulement l'écrivain qu'il admire, c'est encore et surtout le philosophe novateur, l'ami de l'humanité, et. il faut If dire aussi, le destructeur de tout un ordre de choses que son antiquité, n'y eùt-il pas encore d'autres raisons meilleures, aurait dû rendre respectable.

I. Voir lii rollection du .Imimnl de Puria. n" 'M\:\ ilo \''R. n""- SO, 04. 60 et ■;•; (].> In!).

i.r: I'iii:ti: i!(»ri!ii:i!. iT

Ati mois (le mars 1778, noiiclii'i' looovail ;i Moiitfoit. de son corivspoiuliiiil Fraiit'oisde Noufcliàteaii, comme un écliu affaibli du délire de la capitale :

A propos do Vollaire, j'ai vu hier Irène. I.e second cl le ((uatriènie actes sont Lien lieauv. Il y a plus de verve ([iie dans -l'S dernières ]iièces. Vous ainicrez le coloris de la plupnrl des scènes. Vous trouverez de liieii bc;ui\ vim-; -ur \f- lois p;ir

rVciiipIi' :

Ct'tle religion qui les enchaîne tous

Leur met nn froiii saon'- qu'ils mordi-iil à ir.Mhniv.

I".l, en parliuii df rr!U|ii'reur Nici'plion' :

Qu'il i;oiiverne, s'il [leut, do ses sévôres mains,

Ot empire, nutrufois l'empire des Romains,

On'aux campagnes de Thrace, aux murs de Ti'él)izi>nii>-.

Transporta Constantin pour le malheur du monde!

Je |)ourrais vous en citer une foule; mais je craius que ma facililé à les retenir ne prouve encore plus pour ma nn-uioire que poiu' la pièce (jui esl, en pi'néral, fort mal joui'e.

Il s'excuse d'écrin; ù llouclier en vile prose, « mais le langage des dieux n'est pas tout à fait celui d'un homme qui aspire uniquement à faire des requêtes en vue d'arrèls. (]ela ne mène pas au Parnasse ; la route est même très opposée », et il termine par ce rapprochement extraordinaire : « Mais il ne faut s'obstiner à suivre celle de l'Hélicon que quand on esl Voltaire ou Roucher. .. »

Boucher, à l'occasion du retour du Patriarche, le 17 février 1778, avait composé un chant de triomphe qu'il vint lire, au lendemain de la représentation iVIn-np, à la loge des Neuf Sœurs.

Ce fut un immense «ticcês pour le philosophe et pour le

i8 l'K.NDANT LA TER R EUH.

poète qui l'avait clianti-. L'épigraplio, Oiupruiitée à Lucrèce, indiquait déjà à quelle hauteur d'adulation H jucher allait s'élevei- :

nonne docehit

Uuii<: hnm'inem niimpro Dirum diqnanev esse ?

l*uii^ le poète commençai! :

Sur un char lumineux, quand Gérés triouiphauli' Du temple d'Eleusis visitait les autels: " l'rofanes, loin d'ici, » criait rhiérophantf. « Loin d'ici, profanes mortels 1 .<

Le tonnerre, à ces mots, brisant la voûte sainte. L'iionncide, l'imitie et l'ingrat pâlissaient ; Tous, en foule, du temple abandonnaient l'en.^eiulf; Kt les mystères commençaient.

Repoussez l'envieux ; chassez le fanatique ; Que tout soit digne ici de la divinité ! Moi, je vais entonner sous ce sacré porlicpie Le cliuul de riniuuuialifé.

(Juaud iloucher arrive au piiilosoplic, il riq)po-!i' aux cuiiquéranls e( il s'écrie :

.Miiis uirive le temps qui juj:o lu vicluirf. Le temps qui dans leur^i noms les condanme à muu.ir. Le >ien, contre la mort rrlraaché dinis i'his'.oire, ('.lia(pie jour s'en \a rollcurir.

l\i>saul eu revue le poète éjùqtie et riiistorieii, Houclu-inous moidre njalnlenani le physicien et lauleui des poésies lé^^ères :

Le compas à ki maiu, vaiucuieul L'nmie l'uyait, avec Newton, par delà tous les cieuv :

i. r. l' u i: 1 1: mu i n k h . 4H

Voltaire la poursuit ; ^ouuiisî? à son géiii'-, il la raméue ?c)us nos yi'ux.

Toi qu'un essaim «l'amours <-l de jeuv environne fui, dont Anacréoa a porté les oouleurj. Dis-nous, Muse légère, à qui de ta coariinne Tu dois les plus brillautes 11 )urs.

^Juuu ellVonlé Zoiie eu riiiies Irùiiéli (lus De ce jour de victoire insnllu la splendeur I Uci plutôt (pie, vendue à l'or du faii.ili jue, Sa bouche mente sans pudeur 1

\ollaire est loin de lui ; les clameurs d,- l'inipi- N'atteindront pas Voltaire en ce jour solenuil, l.t par de longs respects un peuple entier expir; L';ittentat d un seul criminel.

Modérons toutefois nos transports d'allégressi- : Kpargnons un vieillard, hélas I prêt à périr : Il - écrie, atJaihli par un excès d'ivresse : • Ils veulent me l'aire mourir ! "

.Mai- non. non! Kadi.'ux. il sort du Capitole, Kl d un plus dou.v triomphe il obtient la tavvur. Au-devant de sou char tout un peu[ile qui vole Des Calas chaute le sauveur.

Maintenant, que Voltaire apién celle victoire Aille entin dépouiller la l'rèle huujanllé ! Le desiiii s'essayail, par ce jrran.i jour de Ld'ii'e Au ^rand jour de l'IClernilé.

Noituiic luoit. (ui supprime ses restes. Ou les Iruiispitrle lUNSlérieuseiuenl ;i l'ahbaye de Sellièies, en Chainpugin.-, tuiit on craint ù Paris les liunnnages posthumes, lloucher est outré de cette iiisulli'. De toutes parts on s'adre^M- à lui. un lui envoie des relations secrètes sur la façon dont les choses se sont passées. 1/indignation 1 einfiorle et dans k

;')<» l'i:\|i A \T T. V ITIÎI'.l-ri!.

• liant de Juncier alors en piépariilion, il intercale i\q> 'paroles vengeresses sur ce refus de sépulture. La censure

en interdira la publication; raais il est libre de sa parole et,

dans la cérémonie funèbre qui eut lien le 29 novembre HTcS.

à la loge des Neuf Sœurs, au moment où la pyramide sépul- I craie disparaissait frappée par le tonnerre, et où la clarté I succédait à l'Iiorreur (\ç-> ténèbres, le poète se leva pour 1 déclamer ce morceau. Bacbauraont rend compte en cc^

termes de l'impression de l'assemblée :

(Jn snit, ilil-il. (pu' hi porsécution s'o'^t déjà acliarnéo contre cet ouvraiic Itien qu'il ne soit ]ias encore imprimé. Le zèle de Houclier contre le fanatisme s'est auinié et lui a fait enfanter la tirade en question relative à la mort de Voltaire et au refus de l'enterrer. Il a comjiaré cette injustice avec les bonneurs accordés aux cendres d'un prélat liypocrile. d'un ministre concussionnaire. Fn enthousiasme général a saisi tous les spectati'urs transportés, on a crié bis et il a fidlu qu'il recommençât. On ne sait comment le clergé et le gouvernement prendront ce morceau; on craint qu'il ne mérite à l'auteur l'animailversion do l'un et la veupeancc implacablo do l'autre'.

La prédiction ne Inidait pas à s'accomplir. Dès la lin de cette année 1778. larclievéque de Paris, Christophe de Beaumont, aussi remarquable par ses bonnes mœurs et sa charité qu'il était connu par son intolérance-, écrivait au garde des sceaux pour lui signaler le poème des Mn'is.

1. (iiinim, t. \, I». I.'}:i ot sniv. iIp l'éditinn de 18:10 reiul. lui aiis<i. iKininiago au triuiiiplio de Houriier re jouv-là.

2. Il est permis (femployer ce mot. quand on se rappelle les querelles de moiirseignenr de Meaiimont avec tous les pliilosopties et notamment aver Rousseau. — Iri, la majorité <iu lierKé ne pensait pas loramo l'anhevèque de Paris puisque, sur la liste des souscripteurs au poème des Moiri, on trouve If s mims de presque tous le-; arrheièques et évt'^ques de Franre.

. i.i' l'oiVri: liûfr iiKii. ni

J'iii (Ml riiiiiiiH'ur, iiionsioiir, (lis;iil-il an cliaiioflifr. de vous éoriro au suji'l d».' rt' piu'inc (|ii'ou pirconisc dans les sociétés inétciidiies pliilosopliiqnos et dont on a annoncé l'impression procliaine. Je vous ai prié d'en confier l'examen à un censeur dont les principes fussent liiens sûrs; j'ai reçu, depuis, des observations qui m'ont élé adressées par une personne qui jiarail l)i<Mi iusiruili' di> ce qui concerne cet ouvrape. I^t-rmcllt'zmoi, monsieur, de vous ]>'< Wùvt' piis^iM-; elles vous couvaincront de la nécessili' de preiidie de ju^les iiiesuies pour que la religion ne reçoive pas de iiouvelies attaques, le pitème des Douze Moi:< ne parait devoir être examiné (pie par un censeur qui joigne au mérile. de lillérateur celui de Ihi'nln -icii. Au reste, monsieur, je vous ai fait connaître le nouveau iliingcr dont la religion est menacée; c'en est assez |>oiii' rue tian(]uilliser.

Dans les notes jtu'ntes à cette lettre, on disait ([n'en voulant « alI(-goriser » les iV-les de l'antiquiti' qui répondaient

aux révolutions périodiques du sideil.il était à craindre que IWuicher ne se lût proposé d"en (aire autant de fêtes cluv-

lieunes,

Par exemple, il soutien! (pie les C(''rémonies ol)serv(''es par ri]glise à roflice des t(''iièbres, dans la semaine sainlt>. sont empruntées de celles que les païens observaient à la mort d'un de leurs dieux. De même pour saint Hoch qui serait une coiisiiilalion. Les Égyptiens disaient que, (piand floc/< paraissait, la peste cessait, et Itouclier dit (pie celte observaliou avait, danla suite, fait faire un sain! d'une conslellation.

L'épigraphe divinise le soleil; et Roucbei', en le muntranl absent en décembre, reparaissant avec Noël, voyait dancette fête le renouvellement de l'année et non pas l'apparition du Messie.

Tout cela est bien piK'-iil, n'est-ce pas? (".iqieiidaiit, il f.iut iiiitinuer;

o2 l'ENDANT l.A TKKHR I H.

D'après les observations ijui lui avaient été laites à loccasioM (le ces impiétés, il se proposait de réformer ce chant. Mais il s'est, depuis, déterminé à le laisser tel qu'il est. II espère qu'à la faveur d'une préface et de quelques notes il pourra en imposer à son censeur, qui, comme il s'en llatte, sera un de ses umis.

Dans un autre eliant. il eunliedil je lécil de .Moïse sur !•• déluge; il substitue ses iiuaiiinations aux circonstances l'apportées dans le texte sacré. Ailleurs, il attaque la Providence au sujet du mal pliysi(jue. Kn un mot, l'auteur du ])oème de- Douze Mois {'Si un iirédicant. de l'impiété et l'impression de son ouvrage, s'il n'est léformé, IVra certainement beaucoup de mal.

L'archevêque de l'uris était une puissance avec laciueibil fallait compter. Pidansat de Mairobert, esprit élevé ( i |diilnsophique, fut nommé censeur. 11 lit la seule répon?e (ju'il y avait à l'aire. Il répondit à M. Le Camus de N'eville. qui lui avait écrit de la part du gaide des sceaux, en montrant que <- le poème n'était pas irréligieux, que certaineinductions élaient forcées, ridicules et surtout calomnieuse-; et de mauvaise foi ». u On assure qin* cette défense de M. Houcher est un petit clief-d'ieuvre ch.' logique, » ajonle Hachaumont '.

Huoi qu'il en soit, et jiour satisfaire aux inimitiés politiques et religieuses, la censure exigea la suppression de deux passages -.

Dans le chant de Xacenibrr, les vei's sur le président IJupaly étaient précédés d'un éloge de la magistrature intègre (]ui a éi('' conservé et dune satire qui clouait au piliiii de riii>loiie, la mémoire de l'avocat général Séguier.

!. Noir HacliaiiiiKUit, '11 ('rlobi(^ el 11 iioveiulne IIIS.

1. Ueptiis, ces deux laruiips furent liuiiiiées par ilnuchr'r lui-iiièiin' dans VAluKiiKicli ((ps Miiset de i'i9-2 (|). ;n', el dans l'Ahudiuich /</ffiraiiT ou Etreitnes tl'A/j-jl/ijii pair 1791,

i.r: l'oiVn; houc, iii:ii. Ti'\

.K\\\î'< ce voi's :

Vous n'offrirez de vous qiio de notili^s piulrails •,

N'«ni;ul la tirade ?iiivanlp :

Cu u\'.-l pas tout l'ucor ; cmvrez irignomini'

L'oratour luagblrat i|ui de la tyrannie,

l-.n des tein[i? oi-a,!.'<.'UX, llalla Ir? vil? suppôts,

i.t trop tard pour l'tiunneur déserta leurs drapeaux.

Dan pareil défenseur la vérité siudigue ;

(Jucls que i^oieut se» talents, (•<; mortel n'est pas itiiiu.-

l)e conduire à vos pieds l'orphelin gémissant,

Ni de vous présenter les pleurs de riunoceut -.

l/i seconde lacune seiappurlait an relus de si-judlure (|iii avait été lait au\ cendres de Vollaire.

I.e nom de Galclias cachait celui du cardinal de I.a Hoche- Awnon; Séjan et ^'errès, c'étaient î'ahhé Terray et t^Uugnv.

Apjès ce début, tronqué asec une liabilett- t|ui décelait lainilié intelligente du censeur :

<Jiii' .lis-je? U de mou siècle élrrnelle iiilamiL- L'hydre du l'anal i-nie '■'■

Il Tant lire :

A r.'grel ludormi' .

t^Muuid Vidtairt- nesl plus sévcille et lùcheiueul A d<s restes ?acrés refuse un moimnunt.

l. {."S .\/0(6. t. Il, |t. \M.

■2 tiiiiiun, 1. H. |j. 29!i (édition (le l.S:i9 , et dans maints aalro^ 1 iidroits s'élève avec vi^nenr coiilic Sé.'nier, i|ui s'était tonjonri siijnjle l«.u- sa haine eontie les philo-uidie». C"e-t ce magistral qni, dès tloit, aVuit demandé l'inlerdiction de l'Liai/i.lojjfdie. clrimm le traite di- « capucin >' et de ■> magistrat sans lumières et îaiu équité ...

;;. U^ ^loi\ t. 11. [). L'Ii9, Janvier.

!• i:\ii A NT I. A iKi; isr. II!.

VX (|iii iliiiic rrsc'i'vail ii'l ii[)|iii)l>r.: ;'i N'ollain' ?

('.aux qui déshonorant Ic-ur pieux minislri'"\

En poiupe hier, iicut-èfro, avaii.-nt enseveli

l'n Calchas, soixante ans par l'intrigue avili.

Un Séjan, un Yerrùs qui, dans des jours inique.-.

Comman laieut froidement des rapines publique.-;.

Leur règne a fait, trente ans, douter s"il est un Dieu

Kl cependant leurs noms, vivant dans le saint lieu,

S'élèvent sur le marhre et jusqu'au dernier âge

S'en vont faire au ciel même un magnifique outrngr :

VA lui qui ranima par d'étonnant? succès

L'hnnueur déjà vieilli du cothurne français,

Lui qui nous retira d'une crèdide onfanci-,

(Jui des persécutés fit tonner la défense.

Le même en qui brillaient plus de talents divers

tju'il n'en faut à cent roi^ pour régir l'univers,

N'idtaire n'aurait point de tombe où ses reliques

Vppelleraient le deuil et le.s larmes publiques !

i;t qu'importe après tout à cet homme immnrbl

Le refus d'un asile à l'ombre d'un autel?

La cendre de Voltaire en tous lieux vénérée

Kitt fait de tous les lieux une ti-rre sacrée.

Ici, apn's le passage siippiimi' et iioiirlc Iciiniiipr, un avait cniisorv('' cp bean vers :

(»ù repose un grand honnne. un Dieu viiul babili-r.

liilaiiln'', (iiK' Honclicr alTeclionnait beanconp. a qu'il estimait pour sa traduction d'ilomère. si supérieure à celle »io (• la faible et communo madame Dacier », tVrivait à celle époque au poêle pour reiitielenir de ce qu'il faisait dau> son intérêt ;

L'Académie de lieilin, lui dil-il, a souscrit au\ .Vois. Je l'iii d'abord écrit ù d'Holbach. Je vous ou iutoruie maintenant direo-

i.r roi;Ti; imici ni'n. :.;»

tomoiil ol. i'0|irii(l.iiil. Mills niiil ici à A|MilIitii. Aussi ihiiis lesalons. on uc sousciil |i;is au |irospecliis...(jni^ t'ait M-Caltanis?... Vollairo a hieu [>eu joui de ces doniicrs raydus de la gloire. Je le rogretlc avoc tous ceuv qui aimont los lellros... Oscraisjc Aons prier, mousii'ur, d'assurer de mes devoirs iii:idainr llolvétiiis, y\M. (riluihacii. Tiu'irot, Diderot et Ions coux de voire connaissance i|iii veulent liien se souvenir de moi,

dette souscription nux .1/o/v est, en ellet. à cette (''po((ne, I- u'rosse alVairo de Moucher. Lo Jouviial ((<' Paris, dont le [Mlle dispose, annonce à diverses reprises, l'apparition dil'duvrajre. Le prospectus est modeste. Hoiiclier va. d'instinct, au-devant des ohjeclions ([u'on pourra lui faire. Il sait que -^on succès dans les lectures |)rivées tient au délut et à 1 indulgence dont ou paye la coni])laisance d'un auteur. Souvent le puldic se ventre du succès des lectures, parce ipiil uainie jias qu'on lui lasse violence par des éloges anlitipr-s. L'auteur des Mois qui n'est pas. cotuine le jioète de Zniro. de ces géants heureux qui arrivent du prenu'er pas à la peifection a en, du moins, le mérite de rrmi'llri' '■'■/it fois xo)i nuvrnrji' sur Je rm-firr. Il y a di\ ans qu'il \ travaille.

Le temps soûl peut ajiprendie aux poètes français à maîtriser une langue dédaigneuse (pioique indigente et tro]) timide pom' se prêter sans de longs elVorts à la liherté de la haute poésie.

Après bien des retards, l'ouvrage allait enlin paraître.

La liste des souscripteurs débutant par les miMulires de la famille royale, se contiiniait par les premiers noms de l'aïu^iennc France.

Parmi ceux qui oui souscrit eu ITSO et i|ue la ni<ut aura épargnés ou que l'emii-M'atidU n'aura pas pris, condiien se

50 l'KNnANT LA T K li n i: L' I'..

rrlroiivoioiit. ;i rùlr de lloiiilicr. sm- 1rs lish's ilii liibimal . r.'voltitinniKiiiv!

Mais pourquoi devancer la duivo des temps ot sonder les épituvantes do l'avenir! Aujourd'liiii le poêle est acclamé. Tout semble lui sourire. 11 a encore le droit de ponser qu'il va entrer, à pleines voiles et s;ms co;itesl;\ dans la renomnn'e et dans la trloire.

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