I.a pitTC si pliilosopliiijiie du rliani û'Octohn
liiçn ne s'anéantit: non, rien; et la matière Cuinuif» un fleuve iHernel rouie toujours cnlit-i'e.
l'-^l lin liynnie l)ieii remarquable par le inouvpmcnl cl pir la iit'iKi'i'. ■2. /.M .Vo/.s'. t. Ifr, p. ',1 pl I. II. [i. 2:>:..
i.i: l'ui' n; isoi en i:it. CT
H iiis;iril cl, ihiiis Mil (le ses iiiailriLiaiix, j'ai Iroiivc- la iiiAin'> l'xpressiou t'iu|)luyéi' pour dt'siirnrr le oli(''iic :
D'" no? aïonx la vieille proplu'tie.
Je (lis que je me suis rencontré dans cette expression aussi francliement que j'avouerais l'avoir empruntée. Je suis bien htin lie me croire le mérite ipii faisait dire à Virçrile : (irinmafi i(i' alcrcorc Knui, et à M(dière : Je prrnds mon bien où je le trouve, mais je crois que ce serai! rendre service à notre poésie que (je l'enrichir ih'^ belles exjjressions et même de beaux \crs (|ui étincèlent de temps en leiups dans nos vieux poètes, l'ai pris quelquefois civile licence sans |Hiiirlanl iine je il.'iiiande «irAce ]ioui' ce iicnre de larcin.
Dans le même (udre d'idées, on a reconnu que Houclier l'ut le véritable introducteur de la période dans notre poésie. Ilacine en avait fait quelques essais, mais Corneille et Voltaire ne firent jamais sortir la pensée des limites de l'alexandrin. La période entraîne avec elle la nécessité du rejet, trouvé par les poètes de Rome et de la Grèce et repris avec éclat par Husfo et Lamartine; le diantre de Jorrli/)i voyait même dans cette innovation le plus beau mérite des Mois-, « CC8 Fastes fratiça'i^^ ».
Houclier a donc retrouvé les voies anciennes de la poésie: il avait révi- sans doute un plus jrrand succès, mais il eut. du moins, la iiloiie d'oinrir la brèclie où d'autres sont passés.
IMusieuis années ajuès les Mois, André Chénier eut, à son tour, cette \ive compréhension du génie de l'antiquité; les deux amis rest'-rent isolés, et c'est là ce qui fait leur orieinalité en face des Delille et des Saint-Lambert'.
1. Ni-anl a dit île Itmirlipr co >iniiili.' mot : " C'est un vrai poMe. »
2. l.e ciilonel Staair. dan? •ion U'islnirc ito lu titli'ra/inr, à l'artiili-
i')H PFNTtANT I.A TERRKLr!.
M. Revilloiit, dans son Discours sur lîouclter, insiste licaucoup sur la panmlé litléraire des deux poètes :
A la vérité, dit-il, tous les débris de ce naufrage ne fuior.l pas perdus pour lait, ot, sons compter les classiques cuxinèmes qui, malgré leurs dédains et leurs saicasmes, ne se lirent pas faute d'en recueillir les épaves, Roucher trouva, <]<• >oa vivant, uu héritier do ses tliéories. Cet héritier fut l'aiiiialh r! malheureux André Chéuier.
Rien au premier abord de plus dissenddable que le talent >\i'> deux poêles ; lieu de plus cei tain pourtant que leurparenti' littéraire. Dans le poème (\'Hi'niu''S, dans celui de l'Iniertlion. il esl impossible de ne |>a.s leconnaitre, souvent revêtues de> mêmes images, les idées liahitiielle-; el les théories les j)hi< • hères à l'auteur des Moù '.
|]l quand le jeune poète, voulant défendre le fran»;ais cuulif les plaintes des écrivains médiocres, leur demande avec un puélique enthousiasme :
E^l-ce à Rousseau, Butfou, qu'il ré*i«le iadd'ile? Kst-ce pour Mojtesquieu qu'impuissaut et rebelle H luil? Ne saif-il p.T», se reposant .«ur eux. Doux, rapide, abondant, magnifique, nerveux. Creusant dans les détours de ces âmes profondes S'y teiudre, s "y tremper de leurs couleurs fécondes?
P.ori.iiKK, a cmislalé relfiTt cummiin tenté |tar les deuv itoèles; iii;iiil n'a pas suDisammenl indii|aé que Kuiiiher, beaucoup plu^ dii'- (luAndié, fut, par là même, riiiitialeiir du mouveuienl.
1. Un pourrai! citer vins^l pajî<ge» de ces deux poèmes qui conliruif-raienl celte assertion. .le rappellerai seulement celui-ci, qui rend vi, l..rt beaux vers une idée bien chère a Ruucher, sur le r<)le que \>-> progrès des sciences réservaient à la poésie. {Lfs Moi". SEeiF.\iiiM; jip. 29 et G". — Journal de Farif:, 8 octobre i'/82.
Mais quoi: res vtrilva sout au loin recu|i-es ha.is un langage obscur saintement révi-Iêe>: I. 'auguste poésie, éclatant interprète, >e couvrira de gloire eu forr^nt leur retrailf.
tditioii Cliarpt-ulicr, p. 1>T.
L'Ilerincs recommence Ips Moi.< sur un |dan meilleur. (Nute de M. Hf villuul.i
LE POÈTE ROUCHF.R. 69
Ne croirait-00 pus qu'il a composé ces vers apiéi avoir euleuilu Bouclier répéter sur les toils son idée favorite : » Notie frauvais est uq bel instrument de la pensée Immaine ; ce n'est pas lui qui manque aux ouvriers; ce sont les ouvrier» qui lui manquent '. »
Et la facture d'André Cliénier : ces vers brisés dont il sait tirer de si grands effets, ces rt>jets expressifs, ces coupes heureuses, toutes ces nouveautés enlin qui le font considérer comme un précurseur de l'école moderne, n'en doit-il pas ridée et lext-uiple au chantre des M'jb ? Mais, ne sait-on pas que Bouclier faisait précisément partie de ce petit aréopage d'amis auquel André confiait le s»^ret de ses espérances?
(".umiiie si une autre consécration devait lui venir de celui-là nunie qui fut son adversaire le plus acharné, Kûucher se vil reprocher par La Harpe des vers qui rappelaient dans leur forme les poésies de ttonsard.
Depuis 1780. l'opinion a changé et ce qui était alors une >uprème injure est devenu pour la postérité un litre de gloire et une recomroandation involontaire-.
Uoui'her n'avait-il pas comme le pressentiment de ce retour de fortune lorsqu il écrivait à son ami De-iherbiers :
Maii dites-oioi doue par quoi art De jolis Ters à votre prose Vieuucut sauir comme au hasard.
Ouand, pour dire la moindre chos*'.
Moi, ptl-niblemciit je ooinpoàe Des vers qu'on nomme « la Ron^aitt!
l. Cou*'Aiilujn.i, t. Il, p. 240.
± Qu'on ie rjppelle le mot de FeuciuQ dan- îJ i> lUc i i A. a:-:;.f française : « Roa^ani n'avait pas tort, il me semble. Je tenter ■v\r.<\^< uouvell»» rente pour enriobir notre ljQ;;ue. pour eabardir noire pocsir et pour dénoner notre versification naiàïante... Lexeés choquant di* Koasard nous a un peu jetés dans leitremité opposée; on a appauvri, desicché, et gêné noire langue. »
70 l'KNKANT f.A ï K 1! H F. C l!.
(^opeiulanl les qualiU's de voi'sification no snnl pas ks seuls titres du poète. Son Ame tout entière était passée dans son œuvre. Dans les Fleurs d'Avril, dans la Vnillée nu village ou dans la Mélancolie du soir « la douceur et le charme intime, comme disait Sainte-Beuve ', éclatent à chaque vers », tandis que, dans d'autres passages, la Débâcle, les Alpes, les Glaciers. Houcher montre ce profond sentiment do la nature, inconnu avant Rousseau, mais que le philosophe do (loni''\o avait rovôlô à ses admirateurs et à ses amis -.
L'histoire, elle aussi, a inspire quelques pages de ce vaste poème ; en dehors do ses chants sur l'héroïsme de Jeanne d'Arc et le courage de Jeanne Hachette, lioucher a llétri avec indignation le partage de la Pologne, tandis qiio l'amour de l'humanité lui a fait glorifier la paix et la iMx-ili'dans cos vers qui terminent l'ouvrage :
l'.l uKii, durant cr-? jours d'injustice et de guerre, Oubliant tous ces rois qui désolaient la terre, Heureux, je célébrais Ihcurense paix des champs; Elle avait tout mon cœur. — I^cs vœux les plus loucbanl- Atloodrissaient pour elle et ma voix et ma lyre; Iv-bo les entendit ; Eclio pont les redire. Ahl jufqiirs ,1 la mort puissé-je conserver Ci'l amoin' d'un lionlieni' si facile à trouver!
1. Cditserics du Lundi. I. \!. p. l'il. Sur La iHtihii' dmis la naluvc, Saiiite-neave ]iiiilc oiiroie de «■ cellî Heur inattonilue de |ioésie qui, loni d'un coup se dçrouvrc ", dans HoucIilm-; — il adiinr.? '■ certains vers (pii décèlent un instincl de fraiclieur et do nouveauté >.
2. Houcher poussait l'amour de la nature jusqu'à la superstition, il n'aurait pas voulu qu'on tuât les animaux, même pour nourrir les liommes, et il a pleuré les arbres abattus dans des vers dont Laprade. qui est de sa famille littéraire, parai! avoir conservé le souvenir. C'est ;i propos de celle sensibilité excessive que Sainte-Heuve di-ait de Rouiller (pi'il avait Inqi de fireuze en lui.