‹ Pendant le terreurChapitre 22 sur 84 · pEMiA.NT r.A TF.nnr.rPw · texte numérisé non relu

pEMiA.NT r.A TF.nnr.rPw

il s'abstient de louer les vers pour ne pas ressembler auv médecins de Molière.

Nous nous louerions mutuellonieut; ce n'est pas d'éloges qu'on est altéré quand on est vraiment digne de cultiver les lettres. J'ai beaucoup fréquenté Jean-Jacques Rousseau dans les dernières anuéos de sa vie et, quoi qu'aient pu dire de lui des bommes qui le baissaient parce qu'ils étaient écrasés de son génie, il m'a répété plusieurs fois qu'il fallait s'accoutumer de bonne heure dans la carrière dos aris it des lollrcs à vivie srnîs orgueil et sans modestie.

J"ai l'bonneur d'être, monsieur, avec tout le dévouemeni (pie se doivent les uns aux aulres les lioinnies qui pensent, votre, etc.

C'était le moment où la Constituante, bâtant ses formidables travaux, venait d'acbever la constitution qui était soumise à la ratilicalion du peuple.

Dans un document où il s'est plu à outrer ses sentiments [lolitiques, Roucber a fait le récit de sa conduite pendant ces journées de juin 1701 :

[,e jour où le gouvernemeni monarclii(pie fiU déclaré celui de lu Franco, je. me levai seul, dit-il, pour déclarer solennellement que j'étais pour le régime républicain, parce (|ue je ne Voyais que là seuleineni l'Iiomme naliu'el el smial mis en jouissance de la pléiiilude de ses droils.

Uoucber m'-anmoins se soumit à la loi adoptée par la majorité, mais il entraîna l'assemblée à voter le veto suspensif et non le veto absolu et « pour me récompenser de cette victoire remportée sur les loquaces amis de la royauté, Saint-Étienne me nomma avec trois autres citoyens pour aller porter sou vœu à l'Assemblée nationale ».

An lendemain de la fuite de ^'arenno>:. le 22 juin 179!.

i.K l'iiKTi: nouc.nFjî. 143

;iiri\a vors liiiil Iieiiros ilii malin la nuiivelk' du départ du roi ol de sa faïuille.

UiU' profoudc coustcrnalion irlara d'abord lous les esprits; If trouble succédant à la terreur, l'assemblée allait se dissoudre. Seul, je m'opposai à ce niouvemeut désastreux et je prononçai ces paroles dont je conserve le souvenir avec quelque orgueil : «< Un roi -parjure abandonne son poste. Gardons le notre. Nous n'avons rien perdu. L'Âssembléi' nationale nous reste. Faisons noire devoir; (|u"elle fasse le sien! » et plusieurs fois, pendant ce jour et les deux suivants, je maintins l'assendjlt'e dans un calme ([ui favorisa la sagesse des démarches et des dé-libéralions.

Au lendemain de la funeste jourm'e du Cliump de Mars, Bailly, qui avait perdu la confiance populaire, dut se démettre de ses fonctions. Deux candidats étaient en présence. La Fayette, détesté par la reine, et Pétion qui, beaucoup plus révolutionnaire, était cependant le candidat de la cour. Pétion l'emporta. Ce fut un grand chagrin pour Roucher. (pii avait soutenu le général avec toute l'énergie dont il était capable.

C'est ainsi ((ue la Résolution, avançant dans sa marche, faisait chaque jour de nouveaux vides dans le parti modéré. (>)ndorcet, accentuant ses doctrines, quittait la Sociclc de 8f^ pour passer au club des Jacobins, tandis (pi'au Journal de Paris, les directeurs lui reliraient la rédaction des comptes rendus de l'Assemblée pour la confier à Regnaull de Saint- Jean-d'Angely.

Cabanis, qui venait de recevoir le dernier soupir de Mirabeau et qui avait déjcà préparé à tout événement le poison de Condorcel, suivait celui-ci dans sa retraite et il organisait. avec ses amis d'Auteuil, une succursale des Jacobins où il se signalait par des doctrines ultra-révolutionnaire?.

Wi rENn.VNT LA TliKIIELR.

Audit' Cliénier et Uuudior, plus clairvoyants que leurs amis, s'étaient arrêtés sans hésiter. La Société de 89 était dissoute; mais il leur restait la tribune des assemblées et le Journal de Parts, pour lutter jusqu'à la (in contre les excès de cette multitude aveugle et barbare qui sacriliait la vertu et le mérite partout où elle les rencontiait.

Avant do se sr()arer,rAsseujhlée nationale, dans sa séance du 2 juillet 17U1. voulut désigner à Louis XVI un certain nombre d'hommes paiini lesquels il aurait à choisir le pn''cepteur du dauphin. Sur cette liste, « véritable image de l'amalgame et de la confusion des idées du siècle », on trouve le nom de Roucher, à côté de ceux de Condorcet, Bernardin de Saint-Pierre, Berquin, Saint-Martin le philosophe inconnu, Sieyès, Duels, Bigot de Préameneu, François de Neufchâteau, Hérault de Séchelles, Lacépède, Lacretelle, Malesherbes, Necker, d'Ormesson, Pastoret, Ségur, Qualremère de (juincy et Robespierre lui-même, qui avait intéress*' à sa cause madame de Lamballe' sans pouvoir emporter la place, qui fut donnée, le 18 avril 1792, à M. de Fleurieu.

Dans la voie d'opposition où il vient d'entrer, Roucher, dès le premier jour, ne rencontra que des déboires. Sans doute, il comptait encore sur la sagesse de l'Assemblée : mais il sent que ses espérances ne sont (h-jà plus (pie des illusions.

Le 28 août 1791, il écrivait:

A ma (illc (pii est loiu de niui cl (|Ui' je vuiidrais Lieu aller rejoindre : Tu veux des nouvelles de la chose })uhliquo, mais tu

1. M. Georges Hertin, dans sou ouvrage si iuléressant sur Madame de Lamballe, p. 368. a fort bien exposé toutes les domarclies qui furent faites par le terrible révolutionnaire, et il n'est pas éloigné de penser qu'en organisant 1rs massacres de Septembre, Robespierre avait principaleinenl en vue de faire disparaître un intermédiaire, témoin dangereux de son ambition.

sais bien qu'il n'y a d'int(f'ressaut pour moi que les travaux de l'Assemblée Or, les ijapiers publics sont pleins de ces travaux. Vous lisez sans doute quelques feuilles, et ce que je dirais n'ajouterait rien aux connaissances qu'elles vous donnent. Quant à l'état de Paris, il est satisfaisant. Les secousses qu'on nous avait promises étaient dos chimères. On y veille de trop près. Nos ennemis sont furieux di' voir rAsscinblée tromper leurs espérances et démentir leurs calomnies en donnant au pouvoir exécutif l'action qu'elle devait suspendre et qu'ils disaient anéantie. L'Assemblée agit comme elle le devait. Elle a fait mourir pour ressusciter, c'est-à dire pour changer une mauvaise existence en une vie parfaite.

Puis, le père reprenant le dessus :

Je ne veux pas de contrainte dans notre correspondance épistolaire ; ainsi, point de brouillon, je t'en prie. Mais, en laissant courir la plume pour laisser mieux aller tes sentiments et tes pensées, il faut t'accoutumer à surveiller machinalement ton expression. C'est avec cette légère attention que tu viendras à bout de mettre à profit tes études antérieures.

Qu'Eulalie veille à ses amitiés de jeune lille.

Il y en a dont les conseils détruisent pour la vie et la beauté corporelle et la beauté morale.

Il frémit en pensant aux dangers qu'on court à l'âge de sa fille :

Si mon malheureux sort te faisait un jour ce mal, jamais je ne m'en consolerais. Bonjour, ma fille, ma chère Minette. Tu ne devineras jamais tout ce qu'il y a de tendresse pour toi dans le fond de mon cœur.

La Constituante avait terminé sa tâche. Koucher était tout

désigné pour jouer un rôle iraportanl aux élections à la Législative. 11 ne voulut pas s'y soustraire et sans se faire d'illusion sur les haines qu'il allait attirer sur lui, il se lança courageusement dans la mi'lée, tenant haut et ferme le drapeau des modérés constitutionnels.

Dans les assemblées et dans les clubs, « où il parlait toujours le langage de la raison, de la justice et de l'humanité «, le poète cherchait à maintenir les conquêtes de la Constituante, « tout en signalant à l'indignation publique les atrocités qui se préparaient' ».

Roucher n'était étranger à aucun des sujets de discussion et, avant de s'atlaquer aux hommes, il cherchait à renverser les fausses doctrines. Rappelant le mot de Sénèque qui avait dit : « L'empire à la république et la propriété aux citoyens, » il s'élevait contre la théorie de l'État propriétaire. « Gela, disait-il, nous mènerait bientôt à la désastreuse communauté des biens. » Parmi les républiques, Athènes, Sparte, la Pologne avaient rejeté ce système dangereux. Moïse, lui aussi, se garda bien de créer des propriétés nationales, même en faveur de son clergé, et le poète rappelait encore les récentes discussions de l'Assemblée « et surtout le décret qui, pour ôter la vie politique à l'onlre indomplable du clergé, le détacha de la terre, comme avait fait Hercule lorsqu'il étoufla le géant ». En passant, Uouclier donne son opinion sur l'abbé Sieyès et sur Mirabeau ; le premier u était l'Achille de son parti et l'on pouvait craindre que celui de la vérilé n'eût à lui opposer qu'un Hector, » l'autre « était ce grand homme dont les pensées étaient si souvent de soudaines illuminations ».

1. Biot, dans son discours de rccojjlion à l'Académie française, le 5 février 1857. — L'illustre savant reui|)laçait Lacretclle, et c'est ainsi qu'il cul à parler incidemment de Iloncher et de Chénier.

LE l'oÈTt: noue 11 DU. 147

Danton et Condorcet, tout-puissants au (;lub de l'Évêché, demandaient les voix des électeurs de Paris. Plusieurs historiens ont dit que, pour combattre l'influence des révolutionnaires exaltés, Roucher avait fondé à la Sainte-Chapelle un club où il avait réuni tous les modérés, épaves des feuillants et de la Société de 89. Or, pendant sa captivité, le 13 frimaire an II, le poète écrivait à sa femme qu'« il n'était pas le fondateur du club de la Sainte-Chapelle, et qu'il autorisait tous ses amis à donner à ce sujet les démentis les plus formels ». La parole de Roucher, qui ne recule jamais devant les responsabilités, ne saurait être suspectée ; mais s'il ne fonda pas ce club, il le présida pendant quelque temps et en fut toujours un des membres les plus inlluents.

C'est dans la salle de cette assemblée que, un soir, au début de la séance, il y eut entre Roucher et Danton une telle altercation que l'on dut intervenir et séparer les deux adversaires, au moment où le fougueux tribun allait étrangler le poète.

Ce fut aussi vers cette époque qu'un jour Roucher rentra chez lui tout bouleversé, les larmes aux yeux, plus affligé encore qu'irrité. Comme sa femme et sa tille lui en demandaient la cause : « Qui vient, leur dit-il, de lever la canne sur moi et qui a menacé de me jeter dans le bassin des Tuileries? Le croiriez-vous? C'est Cabanis. » Et il pleura amèrement. Une discussion politique, effaçant vingt années d'une solide amitié, avait sufli pour faire oublier au médecin pliilûso[)lie le respect et la reconnaissance qu'il devait à son bienfaiteur.

Quand, à quelques jours de là, Cabanis témoigna un repentir touchant de cette malheureuse et triste scène, Roucher voulut bien lui pardonner. Mais le coup était porté et la divergence des opinions, qui allait s'accentuer de plus en

plus, devait détruire à jamais la confiance des jours anciens. La constitution de 1791 distinguait les citoyens actifs et les électeurs. Tout Français âgé de vingt-cinq ans, domicilié dans la ville ou dans le canton et payant une contribution de trois journées de travail, était citoyen actif. Les électeurs étaient soumis à des conditions de cens plus élevées; ils devaient être nommés par les citoyens actifs réunis en assemblée primaire.

Roucher fut désigné comme un des électeurs de sa section. Les procès-verbaux de l'assemblée électorale du département de Paris, conservés aux archives nationales*, témoignent de la haute estime que le poète avait su inspirer à ses concitoyens. Au scrutin pour la nomination du secrétaire général de l'assemblée électorale, Roucher avait obtenu dix voix, tandis que Marie-Joseph Ghénier n'en avait recueilli que cinq. Le 20 septembre 1791, Roucher était élu scrutateur du quatrième bureau, tandis que David n'arrivait que comme scrutateur suppléant. Le surlendemain, au vote pour la nomination d'un député, Roucher battant David, Danton, et ses deux amis Lacretelleet Trudaine, disputait jusqu'au dernier moment la place à Condorcet.

Dans toutes les autres réunions, qui durèrent jusqu'en avril 1792, Roucher obtint toujours un nombre honorable de voix. Il l'emporta sur les révolutionnaires exaltés et sur Camille Desmoulins. A plusieurs reprises, il fut élu secrétaire ou scrutateur; à la séance du 26 avril, il était président de l'assemblée. S'il avait voulu intriguer, s'il avait consenti à renier un seul de ses principes, il aurait été élu député de Paris à une immense majorité. Il n'y tenait pas; mais il voulait que le parti modéré

1. Archives nationales, C. 46, 60, 3. (C. 137.) Élections à la Législative (septembre 1791-avril 1792).

donnât signe de vie dans le corps électoral de Paris en 1791, et il réussit.

C'est à ce moment que se place un événement qui honore à jamais la mémoire de Roucher.

Au mois d'août 1790, le régiment suisse de Ghâteauvieux, en garnison à Nancy, s'était révolté contre ses officiers. Sur Tordre de l'Assemblée, Bouille, à la tète des gardes nationales du pays et des troupes restées fidèles au roi et à la constitution, se mit en marche sur la ville pour châtier les rebelles, dont la première action avait été de piller les caisses.

Le 31 août, arrivé devant Nancy, Bouille somme les insurgés de rendre les portes qu'ils occupent. Les Suisses refusent d'obéir et se préparent à la résistance. Un canon chargé à mitraille est dirigé sur les troupes de Bouille; la mèche est allumée. C'est alors que Desilles, officier des Suisses, se jette à la gueule du canon en s'écriant : « Ce sont nos amis et nos frères. Voulez-vous déshonorer vos drapeaux en tirant sur eux? » A ces mots, il tombe frappé de plusieurs coups de feu. Les troupes royales, arrêtées et décimées par une première décharge de mitraille, reprennent rapidement l'offensive et pénètrent dans la ville. La révolte était vaincue. Vingt-trois soldats suisses furent condamnés à mort; quarante et un aux galères et soixante-douze renvoyés à la justice de leur régiment.

L'Assemblée déclara que le généreux officier avait bien mérité do la patrie; mais, tandis que le dévouement de Desilles devenait pour les constitutionnels l'objet d'un culte patriotique, les jacobins se prononcèrent pour les révoltés.

Au mois de mars 1792, l'Assemblée législative ayant voté une amnistie politique, les jacobins annoncèrent à grand bruit le retour des quarante et un soldats de Chàteauvieux

loO PENDANT LA TERREUR.

qui se trouvaient aux galères de Brest. Une ovation leur fut préparée. Lo bonnet des forçats devint le signe emblématique de la plus honorable liberté et on décida qu'une fête politique aurait lieu à cette occasion.

David, CoUot d'Herbois, Marie-Joseph Chénier, Théroigne de Méricourt pétitionnèrent, dans ce but, auprès du conseil général de la Commune de Paris. David se chargeait des fonctions d'ordonnateur de la fête, tandis que Marie- Joseph en serait le corypliée.

Aussitôt, les jacobins demandèrent qu'une députalion de chacune des sections de Paris fût invitée à assister à la fête. C'est alors que Rouciier fut désigné pour y représenter ses concitoyens et qu'il fit cette belle réponse : « J'accepte la dépu/aiion, mais à la condition que le buste du généreux Desilles sera porté en triomphe par les soldats de Châteauvicux, afin que tout Paris étonné contemple l'assassiné au milieu de sps assassins. »

La parole de Houclier, qui trouva des admirateurs dans le Journal de Paris et jusqu'à la tribune de l'Assemblée législative ', souleva, de la part des jacobins, une colère indescriptible. Une lettre de Houclier au Journal de Paris

1. Chéron, député de Seine et-Oise, écrivait, le 9 avril, au Journal de Paris pour vanter la belle pnrole du poète; le journal y ajoutait ces réflexions : « Si nos représentants devaient consentir à recevoir dans leur sein dos rebelles à qui ils ont fait grâce, que, du moins, le vœu du patriote Rourhor soit rempli et qu'une voix s'élève pour faire placer sur le bureau le buste de Dosilies, en face de ses meurtriers. » A la séance du 9 avril, présidée par Dorizy, avant le vote pour l'admission à la barre des Suisses révoltés, un membre, Robecour, reprenant l'idée de Boucher, demanda » par amendement à la motion d'admettre les Suisses, que le buste de Desilles soit descendu des Archives et placé sur le bureau vis-à-vis d'eux ».

L'admission et les honneurs furent volés, est-il besoin de le dire, sans que l'Assemblée législative eût le courage de se rallier à l'idée de Boucher.

LE rOKTt: ROUCIIF. R. 151

devait raiigmenter encore ; le lendemain il écrivait à celte feuille :

Cette réponse mérituit pou d'cfrc répétée. Elle appartient à tous les gens de bien. Ils peuvent la revendiriuor, car il n'en est pas un seul qui ne Tait dans le cœur.

Les jacobins, piqués au vif, se servirent de la plume d'un certain Méhée de la Touche pour attaquer Roucher jusqu:^ dans son honorabilité.

Le triste adversaire qu'on opposait au poète ' adressa aux auteurs des Atviales patriotiques la lettre suivante :

Quiconque connaît M. Rouclier a diY sentir que la fête que nous préparons aux soldats de ChAtcauvieux lui déplairait à raison du bien public qu'elle peut produire. Quiconque connaît le patiiotismc de la section de Sainte-Geneviève a bien présumé quil n'était pas possible qu'elle eût choisi pour la représenter dans une tête civii|ue un homme qui pue d'ari^tocratie et qui bâille depuis deux ans après une ( ontre-révolution. Il faut, pour comprendre quelque chose au bruit que le sieur Roucher a fait pour cette affaire, savoir (pie, daus le nombre des comuussaires à choisir, un plaisant proposa de le nonimer,ce qui fit beaucoup rire tous les autres. C'est en faveur do la plaisanterie qu'on s'était permise à son égard que l'assemblée lui a pardonné le propos qu'il a tenu, propos trop bête pour être insolent, mais qui, dans une autre occasion, lui aurait vraisemblablement attiré quelque désagrément.

Signé : Méhée de l.\. Touche.

L'un fies rommiasaires pour la fêle de Chdleauvieux.

1. 11 fut convaincu plus lard de fabrication de fausses pièces et de vol au moment des massacres de Septembre. [Mihnoires de Sénart.)

L'auteur de cette lettre ajoutait un post-scripturu que Boucher lui-même \a nous donner tout à 1 heure. Roucher fit aussitôt cette énergique réponse * :

Messieurs, un quidam qui signe Méhée de la Touche, vient, dans les Annales patriotiques et littéraires, n" 97, page 4, colonne P^, d'insérer contre moi, au sujet de la grande fête civique ,\xvi.ç. lettre que tous ceux qui se connaissent en décence pourraient bien avoir trouvée écrite en style de laquais.

Mais je ne me plains pas de ce style ; c'est sans doute la propriété du quidam, et il ne faut troubler personne dans sa propriété.

Je ne me plains pas davantage du fond des choses. On me dénonce comme un homme sans patriotisme, comme un homme qui, depuis deux ans, bâille après la contre-révolution ; en un mot, comme un aristocrate. Permis à tous les Mé^ée des jacobins, du club central, des sociétés fraternelles, de s'élever, à force de génie, jusqu'à l'invention de cette injure; d ailleurs, le ciel n'a pas mis pour rien au cœur de l'homme sensé et de l'honnête homme la pitié pour les sots et le mépris pour les fripons. Mais, au bas de cette lettre, on lit la note suivante, dont je suis encore le sujet:

« Cet ex-président du club de la Sainte-Chapelle -dit à l'assemblée qui venait d'approuver la l'ètc et de nommer vingt-quatre commissaires, qu'il se croirait déshonoré s'il se joignait à eux. Déshonoré! et où eu sommes-nous donc, M. l'ox-présideut?... Nous savons qu'il y a, de par le monde, une madame de Bussy et une certaine caisse financière qui, de pleine, un jour, se trouva vide... »

Voilà, messieurs la calomnie, avec ses caractères les plus

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