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Aux auteurs du Journal de Pai-is, 1 avril

2. Note de liouc/ier : Je tiendrai toujours à grand honneur d'avoir été et d'être encore le président d'une société composée de l'élite de l'assemblée électorale, en lumières, en civisme, et surtout en probité.

hideux. Ceux dont je suis connu personnellement par un long commerce doivent être bien sûrs que je n'imiterai point certain journaliste (Carra), certain législateur même (Brissot), qui, accusés l'un de vol, par la voie des papiers publics, l'autre de manutention inlidèle, par affiches au coin des rues, après un premier cri jeté par décence, se sont endormis au bruit de l'infamie qu'on a fait pleuvoir sur eux. Je ne me sens point leur inconcevable patriotisme pour m'endormir de leur sommeil; et si ces messieurs ont trouvé un doux oreiller dans leur diffamation, celle dont on m'a fait l'objet n'est pour moi qu'un brasier ardent. Le jour même, j'ai porté plainte pour connaître le lâche auteur de cette note.

On dit, mais je ne puis le croire, que c'est le libraire Buisson lui-même. Puisse-t-on m'avoir dit faux ! Mais quel que soit celui qui s'est fait de la liberté de la presse un poignard pour assassiner l'honneur d'autrui, je lui déclare, et j'en prends un engagement public, auquel je uc manquerai pas, je lui déclare que je le poursuivrai jusqu'à jugement définitif.

11 est temps qu'un homme probe, outragé, obtienne une justice qui, par un juste elTroi, purge enlin la société de ce qu'elle a de plus impur, des libellistes, de leurs fauteurs, complices et adhérents.

Roucher tint parole, et l'on verra plus loin les deux rétractations qu'il obtint de son adversaire. Mais à l'attaque de Méhée de la Touche, en succéda une autre de Gollot-d'Herbois, qui provoqua la lettre suivante :

Aux auteurs du Journal de Paris, 12 avril 1792.

Messieurs, je n'ai dit qu'un mot sur les Suisses de Châteauvieux, et, à l'instant, une horde de prétendus patriotes m'a assailli d'injures sans esprit et de calomnies sans vraisemblance.

Le plus insensé d'entre eux a paru le dernier ; c'est Collot d'Herbois; ce personnage de roman comique qui, des tréleaux

de Polichinelle, va sauter sur un char de victoire, lui, dont, jusqu'à ces derniers jours, j'ignorais totalement l'isxislence, et au nom duquel, par conséquent, je ne pouvais attacher ni estiuie ni mépris, s'est élancé vers moi comme pour me frapper de la rame que ses Suisses lui ont apportée des galères.

Ces nobles armes ne pouvaient m'attcindre ; mes écrits qui, sans doute, n'étaient pas faits pour l'auteur du Bon Angevin ' puisque j'y professais déjà tous les principes d'un homme libre, lorsqu'il y avait quelque chose de mieux que de l'insolence à prêcher la liberté ; la tendre amitié de quelques grands hommes qui étaient aussi de grands citoyens et auxquels le public payait le tribut de sa vénération, comme ils m'accordaient leur estime, quand Collot d'IIerbois s'agitait dans la fange des théâtres de province ; enfin quarante-sept années d'une vie laborieuse et pure, que n'a point tachée l'ombre même de l'intrigue et de la flatterie, dans un temps où plus d'un écrivain, se disant philosophe, flattait ou intriguait, me placent à un point où n'anivent pas les tiaits de tous les Collot ju'ésents et à venir; aussi, dût leur patriotisme d'une si neuve espèce me désigner aux coups des brigands, il y a, ainsi que disait le président Mole aux jacobins de la Ligue, i7j/ a loin du poignard du scélérat au cœur de l'homme de bien.

Cependant, cet effréné qui, dans une afiiche, a poussé le délire aussi loiu (jue le mensonge, me promet de me traduire, au retour de son triomphe, et à la descente de son char de victoire, devant les tribunaux, comme calomniateur de ses clients. Or, comme le mot, que vous avez iuiprimé -, pourrait bien ne pas lui suflire pour l'autoriser à ra'iuteuter une action judi-

1. Noie de Rouc/ier : C'est le titre d'une petite pièce de tliéàlre de la faron de Collot d'IIerbois, histrion de son métier, à Angers, en 1775. A cette cpjque, l'Anjou faisait partie de l'apanage de Monsieur, et Collot, à qui rien ne disait alors qu'il i)ourrait y avoir, un jour, des patriotes eu Trance, usait sa vie ii parler, k penser, à écrire comme un esclave, qui, pour être aperni du frère de son mailre, se prosterne devant lui et rampe.

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