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J'accepte la députation, mais à la coniition, etc

LR rOÈTE ROLCIIER. loo

claire, je crois devoir lui en fournir un moyen plus étendu, le voici, messieurs, dans tous ses déveloiiponieuts.

Mon opinion pur l.v grandk fête civique.

Les vrais amis de la liberté et de la constilulion se demandi'nt, avec eiïroi, f]uel peut être le Init politiijue ou moral de la fête (jui se prépare.

En morale, on doit vouloir, surtout à l'époque d'une régénération, que l'amour de l'argent ne prenne point la place de l'amour du devoir; que le peuple ne se familiarise pas avec l'espoir du pillage; que l'idée de la veitu et de l'héroïsme ne se dénature pas dans l'opinion populaire, et que, nuMiie en honorant des actions vertueuses, les honneurs ne soient pas hors de toute proportion avec le mérite.

Or, comment se promettre que ce vil amour de l'argent disparaisse, lorsqu'on va couronner des hommes, malheureusement fiuneux par ces mots consacrés dans l'histoire de la Révolution : « Irions ne soinmea pas Français, nous sommes Suisses, il nous faut de l'argent. »

Que cet horrible espoir du pillage cesse d'agiter les brigands, dont les troubles de la Révolution ont soulevé la foule, comme en un temps orageux on voit monter la vase à la surface des eaux ; lorsque cette même foule, (|ui, de toutes les parties du royaume, est accourue dans Paris et s'y presse, entendra chanter des hymnes de reconnaissance à la louange de ceux (lui ont pillé soixante mille livres dans la caisse d'un régiment.

Que Cette noble idée de la vertu conserve son caractère pur dans des esprits pour lesquels la réflexion exisle peu, parce (jue des travaux pénibles et journaliers les livrent sans défense à l'empire des objets extérieurs, lorsqu'on aura décerné au vol et au meurtre les couronnes dues à la seule vertu.

Que cette juste proportion entre les honneurs et le mérite commence enlin à régner parmi nous, lorsque, même en supposant des services de la part des soldais de Chàteauvieux, ils auront obtenu une récompense supérieure, peut-être, à

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celle que devrait la patrie à Tiirenne, à Gatinat, à Maurice, si tous les trois, rappelés à la vie, avaient sur nos frontières foudroyé la ligue de nos ennemis.

En politique , on doit vouloir qnoAa. discipline militaire se rétablisse ; que Yunioji fraternelle des gardes nationales et des troupes de ligne se consolide, que la bonne intelligence entre la nation française et le corps helvétique se perpétue, et que l'obéissance à la loi s'étend^^. et se fortifie.

Or, comment espérer cette discipline, quand l'armée saura que des rebelles ont été transformés en triomphateurs ; cette union, quand on verra honorer, comme des héros patriotes, les soldats de ligne qui ont fait couler le sang du frère de notre brave Gouvion, le sang de ce jeune Desilles que la France entière a pleuré, le sang de tant d'intrépides gardes nationales de Metz? cette bonne intelligence, quand la nation helvétique pourra nous reprocher, non pas d'avoir couvert de la grâce de l'amnistie ceux que ses lois militaires avaient condamnés, mais d'avoir, au mépris de sa souveraineté, fait passer le crime des gémonies au Capitole? enfin celle obéissance, quand on se rappellera (et quoi bon citoyen n'en garde pas le douloureux souvenir?) que la lecture de deux lois devint un signa] aux excès de la rébellion, de la part de ceux qui, flétris, par les représentants de la nation, en 1790, du nom de traîtres au premier chef, seraient, en 1792, et pour les mêmes faits, proclamés martyrs de la liberté?

Voilà des considérations qui intéressent l'universalité des citoyens, mais on peut en présenter d'autres qui sont particulières à tous les individus inscrits, au mois de juillet dernier, dans la garde nationale parisienne.

Cette armée, gardienne infatigable de la liberté publique et de la liberté individuelle ; cette armée, que les magistrats ont trouvée toujours à son poste, toutes les fois qu'ils ont dû marcher à la défense des propriétés, au rétablissement de Tordre, au maintien de la paix, eh bien! cette armée, on voulait la déshonorer!

Des honmes qui peut-être furent les premiers moteurs

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d'une insurroclion contre b monarchie coDstitutionnelle en faveur de la république; des hommes qui, le lo juillet dernier, attroupés en fureur autour du sanctuaire des lois, menacèrent de dissoudre le corps constituant; des hommes qui, le matin du 17 suivant, pour donner le signal d'une nouvelle révolution, avaient fait égorger deux citoyens au pied de ce même autel où la France entière s'était liée par la religion du serment à la défense de la constitution ; des hommes enfin, qui, le soir de ce même jour, provoquèrent les soldats de la patrie, marchant pour la sauver, sous l'étendard de la loi ; ces mêmes hommes veulent une espèce de sacrifice qui expie l'effusion d'un sang coupable que demandait le salut de l'empire.

La garde nationale arrivait avec des sentiments de paix, et des furieux lui déclarent la guerre en la faisant à la constitution ! Il fallait bien que force demeurât à la loi. Si du sang a été versé, ce n'est point le crime de la garde nationale : le crime tout entier est celui des factieux effrénés qui provoquèrent la vindicte publique.

Et pour cet acte, rigoureux sans doute, mais juste, mais nécessaire, on verserait l'opprobre sur les fidèles gardes nationaux de Paris, tandis que des rebelles, infracteurs de toutes les lois, seraient portés aux honneurs du triomphe ! Quel contraste! le génie de la guerre civile l'a-t-il imaginé?

Maintenant, voilà Collot d'Herbois mieux armé contre moi par moi-même ; il a dit qu'il voulait me poursuivre eu justice, et moi aussi je réponds : Collot d'Herbois a menti'. Je soutiens qu'il ne le veut pas, et quand mênic il réaliserait aujourd'hui sa menace, il n'en serait pas moins vrai qu'à l'instant où il la faisait Collot d'Herbois mkntait.

Toutefois, jf lui fais observer que tant de démentis à lui donnés publiquement ne doivent pas l'empêcher de conduire son char, c'est-à-dire de mener san fiacre.

1. Le 10 avril, deux jours avant, Ctiénier avait déjà dit dans le Journal de Paris : « M. Collot d'Herbois en a menti. » C'est, sans doute, à cette parole de son ami que Boucher fait allusion.

InH PENDANT LA TERREUR.

Une pareille lettre était faite pour porter à son paroxysme la colère du farouche jacobin. Il se promit d'en tirer venge:ince.

André Ghénier ne voulut pas laisser son courageux ami seul sur la brèche, et il revint à la charge contre celui qui venait d'être si bien ridiculisé. Roucher avait traité son adversaire d'« histrion », de « personnage de roman comique », André l'appellera « un farceur, un bouffon qui n'aura fait que changer de tréteaux pour nous proposer de décerner le triomphe à ces fujards meurtriers' ».

Maintenant qu'il en a fini avec Gollot d'Herbois, Roucher se retourne contre le calomniateur des Annales patriotiques. II oblige Méhée de la Touche à se rétracter deux fois de suite, et, le 8 avril, il fait connaître aux lecteurs du Journal de Paris les plaies excuses de son adversaire :

Messieurs, il y a longtemps que jo ne dt^nande aux bous citoyt'ns que d'avoir le courage de leur vertu. Ces factieux, ces calomniateurs, ces brigands qui nous agitent, nous diffament et nous égoigent, ne sont forts (lue de notre faiblesse; mais essayons de leur faire tète, et l'audace à l'instant ne sera plus que de la làclielé.

Je vous envoie uuo double rétractation que los auteurs dos Annales patriotiques se sont empressés de publier à mon sujet ; rien n'égale leur légèreté à diffamer que leur promptitude à s(! démentir.

Rctraclalion insérée daiis les .\nnales patriotiques, «' 98, page 4, colonne 2^

Ce n'est pas sans la plus grande surprise que dans le numéro d'iiier (97), page 432, au bas de la note qui termine la première colonne, nous avons aperçu une faute typographique qui

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