IncSiit
11 veut surveiller tous les progrès de sa fille ; les lettres d'Eulalie peuvent le satisfaire sur presque tous les points. Cependant, il voudrait savoir où en est son dessin et il en demande un pour orner sa cellule. Eulalie s'excuse de ne pas avoir encore répondu au désir de son père et elle en donne les raisons :
Dans tout ceci, mon amour-propre est bien coupable. Il m'a présenté M. Robert * en épouvantail. La sotte chose, quand j'y rétlécliis, que cet amour-propre! 11 est la cause de bien des sotlises, témoin celle-ci.
Houcher voulait faire de sa lille non pas une femme savante , mais une femme instruite, sensée, doucement sérieuse, « capable d'entrer dans les goûts ou dans les études d'un mari ou d'un père ; qui, sans quitter son aiguille, put s'arrêter un instant, comprendre toutes les pensées et donner un avis naturel - ».
Aux objections de la famille qui disait : « A quoi cela niène-t-il une femme ? » Il répondait :
Laissez la croître, se développer complètement au terme de sa vingtième année et vous nous jugerez alors tous les deux.
Et une autre fois :
Oui, tu arriveras, j'en suis sur, au bien pour lequel tu es née et que je voyais, moi, bien plus i)rochain que d'autres ne le jugeaii-nt ! Qu'on vionm; me dire à présent ce qu'on m'opposait quelquefois : mais vous la gâtez ; mais vous ne forez que fortilicr les défauts qui' met en nous la nature; et [luis cent autres
1. Le peintre Hubert Robert qui, comme nous le verrons tout à i'Iieure, fut un compagnon bien précieux pour Houcher à Sainte-Pélagie et à Saint-Lazare.