‹ Pendant le terreurChapitre 41 sur 84 · Inédit · texte numérisé non relu

Inédit

à rêver sur la fragilité des choses humaines, au milieu des monuments en débris de l'antique Asie. Ces détails la disent mère d'un enfant qu'elle élevait dans ces mémorables déserts. L'artiste s'est vite emparé de ce sujet. Il Ta consacré dans un dessin colorié qu'il avait, je crois, manqué d'abord. La sainte était assise sur un débris de colonne, devant un tombeau ; une urne, un sarcophage renversés. Près d'elle était son fils, mais détaché df sa mère, et faisant une seconde action dans le tableau.

J'ai modestement observé à l'artiste ce que je sentais. « J'ai voulu peindre la sainte, m'a-t-il dit, et non la mère. — Mais s'il était possible d'associer l'une à l'autre, ai-je répondu. — Eh! comment? — Je placerais l'enfant grandelet, près de sa mère qui lui montrerait les preuves de la fragilité des choses, et peut-être, qu'avec un tombeau dune jeune fille que je placerais là, je produirais un sentiment aussi mélancolique que celui qu'inspire le in Arcadia ego. du Poussin. » Robert m'a entendu, et ses crayons ont réalisé ma pensée, en l'embellissant.

11 a placé devant les deux personnages, le tombeau d'une jeune 1111e, avec des vers mutilés et dont il ne reste que ces mots entiers :

. . . Rose, elle a vécu ce que vivent les roses, L'espace d'un matin.

Dans un autre dessin c'est la Révolution qui est gloriliée par ces deux hommes qui souflVent en ce moment pour elle.

Une mère, coifl'ée du bonnet phrygien, montre un tombeau à ses deux enfants, dont l'un est armé d'une pique et l'autre d'un sabre. Elle leur enseigne ce qu'ils doivent à la Patrie et à la Nature.

Robert, dit Roucher' , a fait ce dessina la mémoire du jeune Barra, mort il y a quelque temps dans la Vendée. Ce jeune

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