Roucher avait écrit sur le vase
Vous qui de votre ami visitez la retraite. Respectez-moi ; Je suis un prt^scnt de Minette.
1,1^ l'OKïi; HOU cm; 11. '■2U'.\
Racine a si iiourt'U.siMnont répandus dans li's clniHirs d'i^slinir et d'Athalie, mais surtout dans ceux d'Esther. Lis-les, ces chœurs, ma chère fille, pour Ii^s comparer à l'ouvra^'e de Chénier, et tu sentiras rénornie différence qno donne au talent un cœur sensible ou froid, uni' iinaf^ination ])assionnée ou filacéi; de pliiloso])lue. Tu cluTchiTais vu vain d:ins l'IiyniU!' un- strophe (pii approche, même de loin, d»- ci' cuMpli'l cluinlt' |iar uw Israélite, de ton à^o sans diiuti' :
Uélas! si jeune encore, Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur ? Ma vie à peine a commencé d'éclort', Je tomberai, comme une fleur,
Qui n'a vu qu'une aurore.
Dans le poème séculaire qu'Horace fut ciiargé de composer pour Rome, sous l'empire d'Aupuste, et qui fut chanté dans cette grande fête nationale, ([uel délicieux mélange de tous les tons, de tous les sentiments 1 L'honmie religieux admire et savoure! 0 dieux, dit-il, donnez des mœurs à radulescence : donnez le repos à la vieillesse. Ce seul trait vaut mieux niillc fois que tous les cent vers du poète moderne.
Et ailleurs, s'adressant au soh'il : 0 toi, qui, toujours divers et toujours le même, nous rends et nous ôtrs la lumière tour à tour, 6 Sideil, dans ton immense carrivre jiuisses-(u ne rien voir de plus grand que Rome! Que voilà bien li' cri d'une iime pleine d'amour pour sa patrie ! Conumnl nese Irouve-t-il rien de seml)lahle dans les vers de notre poêle législateur '? Ah ! si j'eusse été lihie, c'est-à-ilire en possession di; mes facultés, qui sont toutes compriméi's par la di'ti'ntion. j'eusse essayé de in'élevt'r jusqu'à la grandeur di' ci'tt'' fèti' célébrée jiar vingtquatre millions d'hommes répandus sur un fsjjace de vingt-quatre mille lieues carrées, le même jour, fi la même heure. Oui, moi à qui n'est pas démontrée l'existence d'un l)i:'U, mais (pii
\. A partir de cet eiiilruit, lii li'Urr ilc Ituiiclioi' n'a pas été imbliée dans les Consolations.
294 PENDAXT LA TERREUR.
sens tout ce qu'a de bon et de beau cette idée d'un Dieu créateur, conservateur et rémunérateur, je parie bien que j'aurais trouvé dans mon imagination échauffée, attendrie par mon cœur, quelques accents dignes de la solennité. Mais, comme disaient les Juifs caj)tifs à Babylone, quand on leur demandait de chanter ([uelques-uns des canti(iues de Sion : Eh ! pouvons-nous chanter sur une terre étrangère? C'en est assez sur ce sujet. 11 m'a ramené, malgré moi, à des sentiments pénibles. Parlons botanique...
TI y revenait cependant dans une lettre du 22, à six heures trois quarts du matin ' :
Mes anges '^ ont donc pris leur vol vers le champ de la réunion ! Ils ont assisté à la fête de rÉtcrnel ! Toi, mon cher Gabriel, tu me parleras sans doute de cette solennité. Le spectacle élait-il digne de son objet ? Y avait-il de la dignité, de la noblesse, de l'imposant ? Y respirait-on un air religieux? C'est là le grand caractère que la raison et le goût sont en droil de demander. Avez-vous pensé, mes chères et célestes substances, que c'était la première fois dans l'histoire des honnnes qu'une grande nation ofl'rait à l'être invisible un hommage dégagé de toute superstition sacerdotale ? Moi, privé de la liberté d'assister comme témoin à cette adoration épurée, je me suis toute la joui née enfoncé dans cette penséf ])hilosophique et j'ai désiré que les ordonnatems de la fête en eussent fait la règle de leurs dessins...
Raphaël a-t-il jugé la ]iartie musicale digne de la journée ? Si Gossec en a été le compositeur, vous aurez entendu des sons faits pour éveiller des sentiments religieux. Cet artiste possède éiuini'iiiincul li' talent d'ouvrir le cii'l sur la terre.
Eulalie, dans une lettre qui est restée inédite, satisfait la curiosité de son père :