CONCLUS
Pouvais-je, au début et à la lin de ce livre, emprunter une autre \oix que celle de la Poésie, dont le culte fervent a rempli l'existence de celui qui disait : « Les plus belles pensées de l'esprit humain sont en vers » ?
N'est-ce pas la Muse qui, assise au berceau de l'enfant, exaltant sa jeunesse, soutenant sa virilité, l'assistant jusqu'à l'écbafaud, a été l'inspiratrice constante de son génie?
Et si la postérité, ratifiant le jugement de ses contemporains, continue à l'appeler le poète Boucher, c'est que la réunion de ces deux mots peut seule faire comprendre l'unité morale du personnage.
Cependant, il ne faudrait pas oublier qu'aux jours de la tourmente, le poète, plus sage qu'Arcbimède, interrompit son rêve et suspendit sa lyre, en attendant des jours meilleurs. Avec son amour du bien public, Roucher ne pouvait pas se tenir à l'écart des ailaires de la cité. 11 devint le polémiste que l'on sait et si, en dépit des haines de La Harpe ou des jalousies de quelques-uns de ses contemporains, il est resté un écrivain estimable et connu, s'il occupe
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une place 1res lionorable dans Ihistoire des lettres françaises, il faut aussi se souvenir de son courage, de ses luttes contre les préjugés et contre la tyrannie, de sa captivité et de sa mort.
Roucher se présente à la postérité avec la double auréole de la Poésie et du Martyre.