‹ Pénicilline et phlébiteChapitre 23 sur 27 · MAT THE · texte numérisé non relu

MAT THE

Sulfamides et pénicilline.

Un fait semble ici devoir être. signalé : c’est la remarque faite par les cliniciens, il y a quelques années, au sujet des médicaments sulfamidés. Une analogie profonde ‘dans les actions de ces deux produits chimiques — entre l’ancien et le nouveau — est frappante. :

Comme pour la pénicilline, divers auteurs ont montré lPaugmentation du nombre des phlébites depuis l’instauration systématique de la sulfamidothérapie au début des manifestations de la fièvre puerpérale. C'est le Docteur Lacomme qui, dams divers articles parus dans la Revue de gynécalogie el d’obstétrique de Paris, a insisté sur ce désavantage des sulfamides : « Dans notre travail de 1936, rapporte l’auteur, nous avions mentionné l'augmentation paradoxale du nombre des phlébites. Nous en comptons maintenant 84 au lieu de 65 pour 10.000 femmes hospitalisées, septicémiques. Cette différence semble s’accuser chaque année... Ainsi, dans la maternité, où aucuat essai de prévention n’a eu lieu, les complications veineuses ont été dans une proportion très voisine de celle de la Clinique Baudelocque — de 5,2 %o. Dans les services où les malades sont soumis à l’action sulfamidée, le “taux est de 7,10 %o. »

Mais, cette: aueneniason se dessinail avant même la sullamidothérapie. Elle n'a fait que s'accroître avec elle. La production des phlébites n’est donc pas la conséquence obli-

gatoire de ce traitement nouveau. L'accumulation des phlébites à certaines périodes est un phénomène ordinaire et bien connu. Cette même idée se trouve dans plusieurs ouvrages étrangers : ceux de Hœplin (Bâle), de Ake Nehelblarl (Stockholm) et dés Vignes, par exemple.

Mais alors, ne sommes-nous pas dans la même situation que ceux qui, au lieu d’ us a pénicilhne, utilisaient les sulfamides ?

En fait, nous pouvons dire : depuis 1931, le nombre des

CESR

phlébites, au cours des septicémies, a progressivement augmenté: avec la sulfamidothérapie, la courbe ascendante a marqué un palier important. La pénicillothérapie lui en fait eravir un Second. |

Un tel graphique ne pourrait paraître que l'illustration d’une statistique banale; en fait il soulève divers problèmes. Nous allons examiner ceux qui ont retenu notre attention.

Temps d'apparition des phlébites. — Généralités.

L'infection est de plus en plus jugulée. Le génie éprdémique semble moins féroce, le microbe moins virulent. Le médicament est avant tout anti-infectieux, bactériostatique. Mais alors, quel rôle attribuer à l'élément infectieux dans la formation de la phlébite ? La pathogénie classiquement admise se trouve-t-elle, de là, ébranlée ? Ducuing à Toulouse, Leriche à Paris, avaient déjà depuis quelque temps repris les idées anciennes : « il faut en rabattre du rôle exclusif de l'infection dans la production des phlébites ». Mais laissons Jà la polémique sur un sujet discuté et iobscur. Ce qui nous choque, en tant que clinicien, c'est de voir qu'un phé nomène rapporté à l'infection devient de plus en plus fréquent alors que les causes infectieuses se réduisent.

Phlébite et pronostic de l'infection septicémique.

Depuis longtemps on avait remarqué que l'apparition de la phlébite chez un grand infecté était une complication heureuse, permettant de rassurer le malade. La jeune accouchée, atteinte de fièvre puerpérale et faisant une phlébite à sa jambe, pouvait croire, dans un àvenir plus ou moins lointain, et très souvent, à Sa guérison..Nous avons cherché, dans le service de M. le Professeur Rivière, les femmes qui, hospilalisées de 1927 à 1941, ont 616 soignées pour septicémie :

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